Un candidat égyptien largement appuyé
Mohamed Salmawy
Il
semble important de présenter des salutations au pays frère
le Maroc, qui a décidé de renoncer à la candidature au poste
de directeur général de l’Unesco. Une position qui est venue
confirmer l’unité de l’action arabe commune à un moment où
les divergences interarabes semblent être l’une des règles
qui régissent les relations panarabes face au monde.
Bien que convaincu que l’existence de plusieurs candidats
arabes à ce poste — et de candidats originaires de régions
géographiques multiples — ne soit pas un danger en soi, il
n’en demeure pas moins que le consensus arabe sur un seul
candidat confère à la candidature arabe plus de fiabilité.
Les chances seront ainsi plus grandes pour la candidature
arabe qui pourra l’emporter pour la première fois.
Le candidat arabe, quant à lui, avait déclaré à plusieurs
reprises à l’intérieur comme à l’étranger que le consensus
arabe autour d’un seul candidat permettrait d’obtenir
l’accord du reste des pays membres au conseil exécutif de
l’Unesco. L’Histoire gardera toujours en mémoire cette
initiative prise par le Maroc qui a certainement donné plus
de poids à la candidature arabe.
D’autre part, cette initiative démontre effectivement que la
campagne électorale lancée par le candidat égyptien a eu son
impact sur la scène mondiale, amenant le Maroc à réaliser
que son retrait pourrait éventuellement ouvrir la voie
devant un candidat arabe fort capable de l’emporter et non
pas un candidat faible n’ayant aucune chance de réussir.
Farouk
Hosni s’est imposé en force, depuis que l’Egypte a proposé
sa candidature à l’Unesco en ce début d’année. Et ce, à
travers ses propositions de travail, sa vision des choses et
ses projets d’avenir présentés sur l’activité de l’Unesco.
D’ailleurs, les médias étrangers, avant même les médias
arabes, lui ont consacré de larges espaces à travers
lesquels il s’est exprimé plus que n’importe quel autre
candidat sur sa vision de la culture de manière générale.
Ils ont débattu de ses réalisations en tant que ministre de
la Culture dans l’un des pays les plus riches en matière de
culture, de patrimoine et d’arts et de ses aspirations
concernant le patrimoine culturel mondial en cas de sa
réussite à la tête de l’Unesco.
Farouk Hosni est sans doute le seul candidat a avoir pris
l’initiative de former une équipe de travail sous forme de
bureaux techniques ayant pour tâche d’organiser sa campagne
électorale sous tous ses aspects. Citons à titre d’exemple
le côté relatif à formuler les propositions et les visions
du candidat sous la forme d’un programme complet traitant
tous les domaines d’activités de l’Unesco, à savoir la
culture, les sciences, les communications et l’éducation.
Ces bureaux suivent également les efforts politiques et
diplomatiques visant à renforcer la position du candidat
égyptien. Ceci sans oublier les aspects concernant les
relations publiques et les médias.
Il reste que le facteur décisif dans cette course est sans
aucun doute le candidat égyptien lui-même. En effet, le
candidat égyptien jouit de nombreux atouts innés, dont cette
présence et ce charisme qui le caractérisent, jouant un rôle
décisif sur ses interlocuteurs. Des éléments décisifs et
irremplaçables pour cette campagne qui n’aurait pas réussi
autant en leur absence.
Le candidat égyptien a joui ces derniers mois d’un large
appui international, allant des pays arabes frères jusqu’aux
pays d’Amérique Latine, en passant par les pays européens,
bien avant que les candidatures n’aient pris leur statut
officiel. Surtout que de nombreux pays ne se prononcent pas
avant d’avoir présenté leurs candidatures officielles.
Pourtant, certains pays comme la France, l’Italie, la Grèce
et l’Espagne ont formulé leur soutien au candidat égyptien,
en annonçant officiellement leur appui avant que la liste
officielle des candidatures n’ait été annoncée.
Il faudrait ajouter de même les efforts déployés par les
différents organismes de l’Etat pour soutenir le candidat
qui incarne l’Egypte dans cette course. Citons, en tête de
liste, le ministère égyptien des Affaires étrangères, qui
déploie un effort à la hauteur de la longue histoire et de
l’authenticité de la diplomatie égyptienne et reflétant la
sincérité des intentions de ses responsables à ce sujet.
L’initiative du Maroc nous a amenés à dire que ce pays frère
a été l’un des facteurs ayant soutenu la candidature arabe.
Lorsque les Arabes remporteront pour la première fois ce
poste prestigieux, le monde entier clamera à coup sûr que la
raison est le consensus des Arabes autour d’un seul candidat
alors que nous insisterons sur le fait que le Maroc a permis
aux Arabes de remporter cette victoire.