Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 1 au 7 Octobre 2008, numéro 734

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla
 

Wahid Abdel-Méguid
 


Edito

Réhabilitation

Réintégrée dans le concert des nations et membre du Conseil de sécurité de l’Onu pour la période 2008-2009, la Libye est devenue un partenaire incontournable de la communauté internationale pour son influence en Afrique mais aussi pour ses réserves énergétiques.

Naguère considéré comme un « parrain » du terrorisme international, le numéro un libyen Mouammar Kadhafi est désormais perçu comme un acteur possible de la résolution des conflits en Afrique, où son pays a effectué des investissements massifs. La Libye, qui partage notamment des frontières avec le Soudan, le Tchad et le Niger, est ainsi plusieurs fois parvenue à convaincre des rebelles du Darfour et le gouvernement du Khartoum à s’asseoir autour de la table des négociations. Jouissant d’une influence considérable auprès de certains dirigeants africains, de certaines tribus ou factions rebelles du continent, le colonel Kadhafi, chantre du panafricanisme, tente surtout d’éviter toute présence de forces occidentales près de ses frontières. En recevant, le 5 septembre, la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, il a réaffirmé son opposition à l’établissement d’un commandement militaire américain en Afrique (Africom). Avec sa visite historique à Tripoli, Mme Rice a confirmé le nouveau statut de Mouammar Kadhafi, progressivement devenu un dirigeant fréquentable après être sorti de son isolement international en annonçant en 2003 son renoncement aux armes de destruction massive.

D’autres pays comme la France, la Grande-Bretagne ou l’Italie avaient déjà renoué des liens officiels avec Tripoli, avec en prime de juteux contrats, dont un accord en matière de nucléaire civil pour Paris. La Commission européenne a entamé de son côté, début septembre, ses discussions avec Tripoli dans la perspective d’un accord de partenariat annoncé après le dénouement, en juillet 2007, de l’affaire des soignants bulgares.

Cette percée diplomatique, Tripoli la doit surtout à son or noir, toujours au centre de ses discussions avec l’Occident. Cette ruée des Occidentaux n’est pas étrangère à leur volonté de contrecarrer les tentatives de la Russie et de la Chine de renforcer leur influence sur le marché mondial de l’énergie. Mais pour les Européens, l’importance stratégique de la Libye ne tient pas uniquement à la richesse de ses sous-sols. Elle relève aussi de sa position géographique. Tripoli, espèrent-ils, doit jouer un rôle pour contenir les flux de clandestins vers l’Europe. Pour les Libyens, l’immigration est un levier. Si Rome s’est récemment pliée aux exigences de la Libye en acceptant de la dédommager pour l’époque coloniale, c’était surtout pour obtenir de Tripoli une meilleure coopération dans la lutte contre l’immigration clandestine.

 




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