Palestine.
L’absence de percée dans les négociations
israélo-palestiniennes ainsi que les bouleversements
politiques en Israël rendent quasi impossible le respect de
l’échéance de fin 2008 pour parvenir à un accord.
L’issue reportée à sine die
Avec
le départ prochain du président américain George Bush et les
troubles politiques internes israéliens qui risquent
d’entraîner des élections anticipées, rien n’augure d’un
développement positif dans le processus de paix
israélo-palestinien dans les mois à venir. En effet,
l’accord de paix censé intervenir avec la fin de l’année
reste hypothétique à l’heure qu’il est. Il faudra
probablement attendre la formation du nouveau gouvernement
israélien dirigé par Tzipi Livni, récemment nommée premier
ministre, ou encore la tenue d’élections législatives
anticipées au cas où Livni ne parviendrait pas à trouver de
coalition pour son cabinet. Il faudra également attendre le
scrutin présidentiel américain de novembre prochain. Autant
d’obstacles qui éloignent tout espoir de respecter
l’échéance de fin 2008.
Cela dit, le Proche-Orient est actuellement au centre d’une
intense activité diplomatique à l’occasion de la tenue de
l’Assemblée générale de l’Onu cette semaine.
Le Conseil de sécurité, réuni vendredi dernier au niveau
ministériel à la demande du groupe arabe, a débattu de la
colonisation juive dans les territoires palestiniens,
principale pierre d’achoppement dans les négociations
israélo-palestiniennes relancées en novembre 2007 à
Annapolis, près de Washington, avec l’objectif d’aboutir en
2008. Le Quartette international pour le Proche-Orient a
ainsi appelé Israël et les Palestiniens à déployer « tous
les efforts nécessaires » pour conclure un accord en 2008 et
exprimé sa « profonde préoccupation » devant la poursuite de
la colonisation juive. « La poursuite de la colonisation
rend impossible la création d’un Etat palestinien viable »,
a également déclaré le chef de la diplomatie saoudienne, le
prince Saoud Al-Fayçal. Quant au secrétaire général de la
Ligue arabe, Amr Moussa, il a pour sa part affirmé lors du
débat, qui n’a pas été sanctionné d’un vote, que la
colonisation « a atteint un point susceptible de tuer tout
espoir d’un Etat palestinien viable ».
Plus concret, le président palestinien Mahmoud Abbass a
expliqué, cartes à l’appui, que les principaux blocs de
colonies « ne permettront pas la création d’un Etat
palestinien, puisqu’ils divisent la Cisjordanie en quatre
cantons ». « L’alternative à la paix, c’est de voir la
région plonger de nouveau dans le cycle meurtrier de la
violence », a-t-il averti. Le président palestinien a aussi
proclamé son rejet de tout accord partiel avec Israël sous
la pression du facteur temps. « Les règlements partiels ou
provisoires, qui omettent ou reportent certains dossiers
essentiels, ne sont pas viables et laissent intactes les
racines du conflit, anéantissant ainsi tout progrès accompli
sur le chemin de la paix », a-t-il précisé. Selon lui, «
tout règlement doit être complet et détaillé et comporter un
mécanisme d’application selon un calendrier convenu ».
Mission
difficile, voire impossible. On se retrouve ainsi au point
mort, pire encore, on se retrouve face à une dégradation de
la situation avec la question de la poursuite de la
colonisation.
Mais le
président palestinien a tenu à rappeler son engagement à
poursuivre les efforts de paix avec la personne qui
succédera à Ehud Olmert à la tête du gouvernement israélien,
mais il a estimé qu’un nouveau cycle de violences était
possible en cas d’échec du fragile processus de paix actuel.
Il
s’agit donc en ce moment de régler la question de la
colonisation principale, source de blocage. Ce sujet a aussi
été épinglé par le Quartette international sur le Proche-Orient,
réuni au niveau ministériel au siège de l’Onu. Ce groupement
— Etats-Unis, Union européenne, Russie, Onu — a appelé
l’Etat hébreu à « cesser toutes les activités de
colonisation, y compris celles liées à la croissance
naturelle, et à démanteler les avant-postes (colonies
sauvages) construites depuis mars 2001 ».
Malgré
ce tableau peu reluisant, la secrétaire d’Etat américaine
Condoleezza Rice s’est dit optimiste, déclarant que les
négociations de paix progressaient en dépit des remous
politiques en Israël et qu’un accord restait possible avant
la fin de l’année. Cette déclaration est intervenue au
lendemain d’une rencontre entre les présidents américain
George Bush, et palestinien Mahmoud Abbass. Une rencontre
dont l’objectif est de tenter de maintenir sur les rails le
processus de paix au Proche-Orient. M. Bush, qui a relancé
les discussions de paix il y a dix mois dans l’espoir de
parvenir à un accord avant son départ de la Maison Blanche,
en janvier, a dû réduire ses ambitions à la recherche d’un
cadre pour la création d’un Etat palestinien. « Il me reste
quatre mois à mon poste et j’espère que la vision sur
laquelle nous avons travaillé, vous et moi, pourra se
concrétiser », a dit Bush à Abbass. « Ma seule promesse est
que je continuerai à travailler dur pour que cela puisse
advenir ». Légère promesse pour une mission des plus
difficiles.
Abir
Taleb