Al-Ahram Hebdo,Environnement | Une attente d’une seconde vie
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 1 au 7 Octobre 2008, numéro 734

 

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Environnement

Déchets Electroniques. Leur recyclage ne suscite qu’une préoccupation mineure en Egypte. Si le secteur privé se montre plus réceptif au problème, en particulier avec les téléphones portables, son action est encore très limitée.  

Une attente d’une seconde vie 

Comment se débarrasser proprement d’un ordinateur ? Sameh, dont le PC de 15 ans d’âge donnait des signes de fatigue, s’est rendu compte de la difficulté de cette question. Soucieux de la préservation de l’environnement, il a cherché à confier son appareil à la société qui le lui avait vendu, pour qu’il soit recyclé. « On ne reprend pas le vieux matériel informatique. N’insistez pas ! », s’est-il vu répondre. Déconcerté, Sameh a été au ministère de l’Environnement, où on l’a informé qu’il n’existait pas, en fait, en Egypte de décharge spécialisée dans ces objets électroniques. Après d’autres recherches toutes aussi infructueuses, il tombe enfin sur le site Internet de la société de téléphonie portable Mobinil, dont une page fait état de ses préoccupations en matière de recyclage d’appareils électroniques. Al-Ahram Hebdo a voulu se renseigner davantage et a contacté Wessam Abdou, spécialiste senior de la qualité de l’environnement dans cette entreprise. « En effet, nous avons entamé en 2008 notre projet de recyclage d’ordinateurs usés. La 1re phase vient de se terminer il y a quelques semaines et la 2e va bientôt commencer. Mais ce projet ne concerne uniquement que le personnel de Mobinil », déclare-t-il. Il s’arrête un instant et ajoute : « Puisqu’on achète énormément d’ordinateurs et que la durée de vie moyenne d’un ordinateur est de 2 à 6 ans, nous avons vu la nécessité de collecter les vieux ordinateurs de notre personnel (3 000 personnes) et de leurs familles. Cela est un service pour notre personnel. S’il était rendu au grand public, on deviendrait une société de recyclage et non plus de télécommunications ! ». Après la collecte, un personnel spécialisé fait le tri des appareils. « Puis on nettoie, teste, ajoute les composants matériels et logiciels nécessaires avant de donner ces appareils aux organismes de bienfaisance », ajoute Abdou. Une préoccupation qui semble répondre au constat que les ordinateurs, téléphones portables et téléviseurs contiennent un ensemble de substances toxiques (cadmium, mercure, plomb, etc.) ayant toutes des impacts extrêmement négatifs sur la santé humaine. « Le plomb provoque des dommages sur le système nerveux, sanguin, urinaire, endocrinien, et est néfaste au développement cérébral des enfants. Il s’accumule dans l’environnement avec des effets chroniques sur les plantes, les animaux et les micro-organismes », explique Chérif Eissa, directeur au service des affaires de la santé et de l’environnement chez Mobinil. De plus, selon le rapport « Ordinateurs et environnement », publié récemment aux Etats-Unis, donner une deuxième vie aux ordinateurs au lieu de les démanteler économiserait de 5 à 20 fois plus d’énergie.

 

Première prise de conscience

Mohamad Ismaïl, responsable des déchets dangereux au sein du département des déchets solides du ministère de l’Environnement, convient que les problèmes environnementaux liés aux déchets des ordinateurs sont énormes. Sous les auspices du ministère de l’Environnement, Mobinil et Fonebak, basée au Royaume-Uni et spécialiste du recyclage des piles des téléphones portables, ont donc signé un accord en juin 2005. « En 2007, on a envoyé 26 000 vieux portables à Fonebak. Ce qui représente 1 500 kg », expose Chérif Eissa. Il est vrai que le téléphone mobile est sans doute l’appareil électronique le plus vendu depuis le début du siècle. Mais également le moins recyclé. Selon une récente étude réalisée par Nokia, 3 % seulement des détenteurs de téléphones portables recyclent les appareils qu’ils n’utilisent plus. 44 % se contentent de les stocker au cas où. Les autres leur offrent une deuxième vie en les donnant à des proches ou en les revendant. 4 % seulement des gens les jettent à la poubelle.

Ce partenariat entre l’Egypte et l’Angleterre constitue donc une première prise de conscience. Mais reste que dans un pays de 80 millions d’habitants, une seule société agit pour réduire l’impact des composants électroniques sur l’environnement. Alors que la Chine, l’Inde, le Pakistan et le Nigeria envoient depuis longtemps leurs déchets électroniques à l’étranger pour recyclage. Un domaine d’activité qui ferait bien de se développer rapidement ici, avant qu’il ne soit vraiment trop tard pour les générations à venir ... .

Manar Attiya

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Le saviez-vous ? 

— L’informatique représente un quart de la consommation mondiale de mercure.

— En 2001, parmi les 816 millions d’habitants en Afrique, il était estimé que :

1 sur 4 possède une radio.

1 sur 13 possède une télé.

1 sur 35 possède un téléphone portable.

1 sur 130 possède un PC.

— Un ordinateur qui arrive en fin de vie, une fois ouvert, contient au moins 21 produits chimiques toxiques différents.

— Tous les ans, 220 millions de tonnes de vieux ordinateurs et de hardware sont jetés aux Etats-Unis qui créent plus de déchets informatiques que n’importe quel autre pays.

— 1 kg de piles alcalines mis en décharge pollue entre 10 et 30 m3 de terre et contamine l’eau de nappes souterraines. Une pile bouton au mercure pollue 1 m3 de terre pendant 50 ans.

— En 2002, les usagers de téléphones portables dans le monde devenaient plus nombreux que les abonnés à des lignes fixes.

— Même si les Etats-Unis comptent 199 millions d’utilisateurs de téléphones portables, ils ne font pas partie du top dix des pays ayant le plus fort pourcentage d’utilisateurs de cet appareil. 55 % de la population des Etats-Unis utilisent un téléphone portable.

— L’Egypte compte aujourd’hui le même nombre d’utilisateurs de téléphones fixes que de téléphones portables (9,7 millions).  

Source : Programme des Nations-Unies pour le développement.

 




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