Assurance Santé.
Un bras de fer est engagé contre le gouvernement au sujet de
la réforme du système. Ses opposants estiment que la
majorité des Egyptiens se retrouveront lésés et sont
confortés par un verdict en leur faveur de La justice
administrative.
Un appel au secteur privé
Pour transformer le système actuel de l’assurance santé,
basé sur les hôpitaux publics, en un système où le secteur
privé joue un plus grand rôle, le gouvernement a déjà
introduit un projet de loi organisant le marché des sociétés
privées de soins médicaux, qui fournissent une assurance
médicale privée. Cela en plus de la loi sur l’assurance
santé, plus récente, qui doit être débattue d’ici la fin de
l’année. Dans ce cadre, l’Organisme de l’assurance médicale,
qui gère 41 hôpitaux répartis dans tout le pays, a invité
toutes les institutions médicales publiques et privées à
présenter leurs services aux assurés. Ce projet de loi
largement contesté devra pourtant être promulgué à
l’Assemblée du peuple, grâce à la majorité parlementaire du
PND. Selon des déclarations du ministre de la Santé, Hatem
Al-Gabali, le budget de l’assurance médicale proviendra de
l’Etat et des cotisations des bénéficiaires. Il sera déposé
dans un fonds qui, à son tour, paiera aux institutions
privées ou publiques les services médicaux qu’elles
présentent.
En outre, le nouveau projet de loi stipule que les
bénéficiaires des services de l’assurance médicale payent
une partie des coûts des services, qui peuvent aller
jusqu’au tiers dans certains cas. « Ceux qui ne paieront pas
n’auront donc pas accès à ces services », souligne
Abdel-Moneim Ebeid. Pour des services au-delà de ceux
assurés aujourd’hui, les malades devront avoir recours au
système d’assurance parallèle, c’est-à-dire au secteur
privé. Selon le nouveau projet de loi sur les sociétés
privées de soins médicaux, le ministère de l’Investissement
sera chargé de surveiller la marche financière de ces
sociétés, alors que celui de la Santé surveillera le côté
technique. « En échange, ces sociétés feront partie du
système d’assurance médicale et ne seront plus facultatives
pour les employés du secteur privé », explique Mohamad
Khalil, qui note d’ailleurs que ces sociétés présenteront un
nombre de services, qui ne sont pas offerts par
le système gouvernemental.
Ihab Aboul-Magd est président de la section des sociétés des
soins médicaux auprès de l’Union des industries (le lobby du
secteur privé). Il a participé au comité qui a formulé le
projet de loi et nie toute relation entre les deux projets.
Pour lui, celui sur les sociétés privées de soins médicaux
organise simplement le travail des sociétés et contrôle la
qualité des services offerts. « Nous ne sommes que
complémentaire du système public. Nous assurons une haute
qualité par des contrats avec des institutions médicales de
renom », explique-t-il.
En somme, les malades sont classés en trois catégories. La
première est celle des assurés du système public (la moitié
de la population), plus ou moins satisfaits du service et du
coût qu’ils payent. Une autre tranche, beaucoup plus
étroite, est celle des employés des grandes firmes privées.
La troisième, soit la tranche la plus démunie, a recours aux
hôpitaux publics gratuits, mais insuffisants et présentant
une qualité médiocre de services. Les remèdes présentés par
le gouvernement mettront-ils fin à la torture de cette
partie de la population ?
Peu
de chance.
Marwa
Hussein