Al-Ahram Hebdo, Enquête | Un appel au secteur privé
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 1 au 7 Octobre 2008, numéro 734

 

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Enquête

Assurance Santé. Un bras de fer est engagé contre le gouvernement au sujet de la réforme du système. Ses opposants estiment que la majorité des Egyptiens se retrouveront lésés et sont confortés par un verdict en leur faveur de La justice administrative.

Un appel au secteur privé

Pour transformer le système actuel de l’assurance santé, basé sur les hôpitaux publics, en un système où le secteur privé joue un plus grand rôle, le gouvernement a déjà introduit un projet de loi organisant le marché des sociétés privées de soins médicaux, qui fournissent une assurance médicale privée. Cela en plus de la loi sur l’assurance santé, plus récente, qui doit être débattue d’ici la fin de l’année. Dans ce cadre, l’Organisme de l’assurance médicale, qui gère 41 hôpitaux répartis dans tout le pays, a invité toutes les institutions médicales publiques et privées à présenter leurs services aux assurés. Ce projet de loi largement contesté devra pourtant être promulgué à l’Assemblée du peuple, grâce à la majorité parlementaire du PND. Selon des déclarations du ministre de la Santé, Hatem Al-Gabali, le budget de l’assurance médicale proviendra de l’Etat et des cotisations des bénéficiaires. Il sera déposé dans un fonds qui, à son tour, paiera aux institutions privées ou publiques les services médicaux qu’elles présentent.

En outre, le nouveau projet de loi stipule que les bénéficiaires des services de l’assurance médicale payent une partie des coûts des services, qui peuvent aller jusqu’au tiers dans certains cas. « Ceux qui ne paieront pas n’auront donc pas accès à ces services », souligne Abdel-Moneim Ebeid. Pour des services au-delà de ceux assurés aujourd’hui, les malades devront avoir recours au système d’assurance parallèle, c’est-à-dire au secteur privé. Selon le nouveau projet de loi sur les sociétés privées de soins médicaux, le ministère de l’Investissement sera chargé de surveiller la marche financière de ces sociétés, alors que celui de la Santé surveillera le côté technique. « En échange, ces sociétés feront partie du système d’assurance médicale et ne seront plus facultatives pour les employés du secteur privé », explique Mohamad Khalil, qui note d’ailleurs que ces sociétés présenteront un nombre de services, qui ne sont pas offerts par le système gouvernemental.

Ihab Aboul-Magd est président de la section des sociétés des soins médicaux auprès de l’Union des industries (le lobby du secteur privé). Il a participé au comité qui a formulé le projet de loi et nie toute relation entre les deux projets. Pour lui, celui sur les sociétés privées de soins médicaux organise simplement le travail des sociétés et contrôle la qualité des services offerts. « Nous ne sommes que complémentaire du système public. Nous assurons une haute qualité par des contrats avec des institutions médicales de renom », explique-t-il.

En somme, les malades sont classés en trois catégories. La première est celle des assurés du système public (la moitié de la population), plus ou moins satisfaits du service et du coût qu’ils payent. Une autre tranche, beaucoup plus étroite, est celle des employés des grandes firmes privées. La troisième, soit la tranche la plus démunie, a recours aux hôpitaux publics gratuits, mais insuffisants et présentant une qualité médiocre de services. Les remèdes présentés par le gouvernement mettront-ils fin à la torture de cette partie de la population ? Peu de chance.

Marwa Hussein

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