Al-Ahram Hebdo, Egypte | En bref
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 1 au 7 Octobre 2008, numéro 734

 

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Egypte

En bref 

Verdict
Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Al-Dostour, Ibrahim Eissa, a été condamné dimanche à deux mois de prison ferme en appel, pour avoir fait état de rumeurs à l’été 2007 sur la santé du président Hosni Moubarak. Eissa avait été condamné en première instance à six mois de prison ferme, alors qu’il encourait jusqu’à trois ans de prison pour « diffusion de fausse nouvelle de nature à mettre en péril l’intérêt général et la stabilité du pays ». « Ce jugement ouvre la porte de l’enfer pour la presse égyptienne et confirme l’hostilité du régime à la liberté d’opinion et d’expression », a déclaré Eissa, en réaction à sa condamnation, précisant avoir été en contact avec le président du Syndicat des journalistes, Makram Mohamad Ahmad, qui doit entreprendre une démarche auprès du procureur général pour surseoir à l’exécution de la sentence. Des avocats proches du Parti National Démocratique (PND, au pouvoir) avaient porté plainte contre Eissa pour avoir diffusé des informations erronées sur la santé du président, durant l’été 2007 dans les colonnes d’Al-Dostour.

« Ce jugement, qui concerne la liberté d’expression en Egypte, montre que toutes questions concernant le président Moubarak deviennent une affaire sacrée et intouchable », a commenté Ibrahim Eissa.

Sept journalistes ont été emprisonnés en Egypte pour des délits de presse depuis le début des années 2000. 

Fatwas et contre-fatwas
Une responsable religieuse égyptienne a appelé à l’arrêt des « fatwas » (avis religieux) ridicules après qu’un cheikh saoudien eut affirmé que Mickey était « un agent de Satan » et qu’il devait mourir.

Soad Salah, une prédicatrice qui anime des émissions bien suivies sur une chaîne satellitaire, a déclaré que la fatwa du cheikh saoudien « ternit l’image de l’islam ». « La fatwa doit se baser sur la connaissance, la logique et la raison. Oui, selon les préceptes de l’islam, les souris doivent être tuées. Mais il est illogique de traiter un personnage animé comme une souris vivante et vouloir la tuer », a-t-elle dit à la presse.

Le cheikh Mohamed Al-Mounajid, un prédicateur qui apparaît souvent à la télévision saoudienne, également ancien diplomate, avait déclaré la semaine dernière que les souris étaient « des agents de Satan » et devraient être exterminées. « La charia (loi islamique) requiert l’extermination de toutes les souris, y compris la célèbre souris animée », a-t-il dit en allusion à l’incontournable personnage créé par Walt Disney. Il a accusé Mickey de rendre les souris sympathiques aux gens. 

Cache d’armes dans le Sinaï
La police égyptienne a découvert dans le Sinaï une cache d’armes et d’explosifs destinés, selon elle, à être clandestinement acheminés vers la bande de Gaza, a annoncé un responsable des services de sécurité égyptiens. « La police a découvert une tonne de TNT, une importante quantité de grenades et d’obus de mortier dans la zone de Sadr Al-Hitan, dans le centre du Sinaï », a-t-il précisé. Il a ajouté que la découverte réalisée vers la fin de la semaine dernière résultait d’un tuyau obtenu auprès d’habitants de la région, mais qu’aucune arrestation n’avait été faite en lien avec cette cache d’armes.
 

Droits de l’homme
« La commission des droits de l’homme au Congrès américain consacrera l’une de ses séances à l’état de santé de l’opposant Aymane Nour », a déclaré l’épouse de ce dernier, Gamila Ismaïl.

« La plupart des députés que j’ai rencontrés ont montré un intérêt particulier à la question de la démocratie en Egypte », a ajouté Mme Ismaïl en visite actuellement aux Etats-Unis.

Aymane Nour, qui s’était porté candidat face au président Moubarak lors des élections présidentielles de 2005, a été condamné à 5 ans de prison pour « falsification de documents » relatifs à la création de son parti Al-Ghad. Après avoir épuisé tous les recours judiciaires, Nour s’est tourné vers les Etats-Unis pour faire pression sur l’Egypte en vue de sa libération.

Gamila s’est entretenue jeudi avec le président George Bush et la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice en marge des réunions de l’Assemblée générale des Nations-Unies. « Personne en Egypte ne demande à la future Administration américaine d’intervenir pour réaliser la démocratie, tout ce qu’on lui demande c’est d’arrêter de soutenir les régimes despotiques », a encore ajouté Mme Ismaïl dans son discours en présence du président Bush.

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