En bref
Verdict
Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Al-Dostour, Ibrahim
Eissa, a été condamné dimanche à deux mois de prison ferme
en appel, pour avoir fait état de rumeurs à l’été 2007 sur
la santé du président Hosni Moubarak. Eissa avait été
condamné en première instance à six mois de prison ferme,
alors qu’il encourait jusqu’à trois ans de prison pour «
diffusion de fausse nouvelle de nature à mettre en péril
l’intérêt général et la stabilité du pays ». « Ce jugement
ouvre la porte de l’enfer pour la presse égyptienne et
confirme l’hostilité du régime à la liberté d’opinion et
d’expression », a déclaré Eissa, en réaction à sa
condamnation, précisant avoir été en contact avec le
président du Syndicat des journalistes, Makram Mohamad
Ahmad, qui doit entreprendre une démarche auprès du
procureur général pour surseoir à l’exécution de la
sentence. Des avocats proches du Parti National Démocratique
(PND, au pouvoir) avaient porté plainte contre Eissa pour
avoir diffusé des informations erronées sur la santé du
président, durant l’été 2007 dans les colonnes d’Al-Dostour.
« Ce jugement, qui concerne la liberté d’expression en
Egypte, montre que toutes questions concernant le président
Moubarak deviennent une affaire sacrée et intouchable », a
commenté Ibrahim Eissa.
Sept journalistes ont été emprisonnés en Egypte pour des
délits de presse depuis le début des années 2000.
Fatwas et contre-fatwas
Une responsable religieuse égyptienne a appelé à l’arrêt des
« fatwas » (avis religieux) ridicules après qu’un cheikh
saoudien eut affirmé que Mickey était « un agent de Satan »
et qu’il devait mourir.
Soad Salah, une prédicatrice qui anime des émissions bien
suivies sur une chaîne satellitaire, a déclaré que la fatwa
du cheikh saoudien « ternit l’image de l’islam ». « La fatwa
doit se baser sur la connaissance, la logique et la raison.
Oui, selon les préceptes de l’islam, les souris doivent être
tuées. Mais il est illogique de traiter un personnage animé
comme une souris vivante et vouloir la tuer », a-t-elle dit
à la presse.
Le
cheikh Mohamed Al-Mounajid, un prédicateur qui apparaît
souvent à la télévision saoudienne, également ancien
diplomate, avait déclaré la semaine dernière que les souris
étaient « des agents de Satan » et devraient être
exterminées. « La charia (loi islamique) requiert
l’extermination de toutes les souris, y compris la célèbre
souris animée », a-t-il dit en allusion à l’incontournable
personnage créé par Walt Disney. Il a accusé Mickey de
rendre les souris sympathiques aux gens.
Cache
d’armes dans le Sinaï
La police égyptienne a découvert dans le Sinaï une cache
d’armes et d’explosifs destinés, selon elle, à être
clandestinement acheminés vers la bande de Gaza, a annoncé
un responsable des services de sécurité égyptiens. « La
police a découvert une tonne de TNT, une importante quantité
de grenades et d’obus de mortier dans la zone de Sadr Al-Hitan,
dans le centre du Sinaï », a-t-il précisé. Il a ajouté que
la découverte réalisée vers la fin de la semaine dernière
résultait d’un tuyau obtenu auprès d’habitants de la région,
mais qu’aucune arrestation n’avait été faite en lien avec
cette cache d’armes.
Droits
de l’homme
« La commission des droits de l’homme au Congrès américain
consacrera l’une de ses séances à l’état de santé de
l’opposant Aymane Nour », a déclaré l’épouse de ce dernier,
Gamila Ismaïl.
« La
plupart des députés que j’ai rencontrés ont montré un
intérêt particulier à la question de la démocratie en Egypte
», a ajouté Mme Ismaïl en visite actuellement aux Etats-Unis.
Aymane
Nour, qui s’était porté candidat face au président Moubarak
lors des élections présidentielles de 2005, a été condamné à
5 ans de prison pour « falsification de documents » relatifs
à la création de son parti Al-Ghad. Après avoir épuisé tous
les recours judiciaires, Nour s’est tourné vers les
Etats-Unis pour faire pression sur l’Egypte en vue de sa
libération.
Gamila
s’est entretenue jeudi avec le président George Bush et la
secrétaire d’Etat Condoleezza Rice en marge des réunions de
l’Assemblée générale des Nations-Unies. « Personne en Egypte
ne demande à la future Administration américaine
d’intervenir pour réaliser la démocratie, tout ce qu’on lui
demande c’est d’arrêter de soutenir les régimes despotiques
», a encore ajouté Mme Ismaïl dans son discours en présence
du président Bush.