Al-Ahram Hebdo, Egypte | La fête malgré la cherté
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 1 au 7 Octobre 2008, numéro 734

 

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Egypte

Petit Baïram. Dépenses pour le Ramadan, la rentrée scolaire et enfin la fête. Les Egyptiens, abattus par un taux d’inflation de 25 %, ne savent plus où donner de la tête 

La fête malgré la cherté 

Les rues Talaat Harb, Emadeddine et Qasr Al-Nil sont les plus connues du centre-ville. On y trouve des magasins de prêt-à-porter de bonne qualité, mais aussi des pâtisseries. A l’approche du petit Baïram, ces magasins sont envahis par des clients prêts à débourser leur argent pour faire plaisir aux enfants et aux grands. Tout se vend et le mouvement ne s’arrête plus. Cette année, pourtant, rien n’indique que le Aïd est aux portes. Dans la rue Talaat Harb, quelques dizaines de personnes lèchent les vitrines. Rares sont celles qui se décident à faire quelques achats. « Je suis venue acheter des vêtements pour mes enfants. Mais il y aura un seul article pour chacun, pas plus. Le budget est déjà parti en fumée avec le mois du Ramadan et la rentrée scolaire. En plus, cette année, avec la hausse vertigineuse des prix, il n’est pas possible de faire autrement », explique une mère de deux enfants. Le Aïd est intervenu cette année en pleine rentrée scolaire, et cela a eu naturellement des répercussions. « Bien que le petit Baïram coïncide cette année avec la saison des soldes, le mouvement d’achat est très faible comparé aux années précédentes. L’année dernière, par exemple, nous ne fermions le magasin qu’à l’aube à cause de l’afflux des gens. Cette année, c’est complètement différent », se plaint Aymane, propriétaire d’un magasin de vêtements, qui a dû réduire les prix pour relancer les ventes.

L’année scolaire a commencé le 20 septembre, c’est-à-dire dix jours seulement avant le petit Baïram, ce qui a affecté le budget des familles déchirées entre les dépenses du Ramadan, de la rentrée scolaire et les préparatifs de la fête. Tout ceci s’ajoute à une mauvaise situation économique et une inflation galopante qui a atteint les 25 %. Les Egyptiens ont déserté les grands magasins du centre-ville pour se rabattre sur des marchés plus populaires comme Mouski, Attaba et Wékalet Al-Balah, connus au Caire pour leurs prix bon marché et la diversité de leurs marchandises qui attirent de plus en plus la classe moyenne incapable de faire face à la cherté de la vie. Dès qu’on s’engage dans le quartier Attaba, les rues sont bondées et la circulation est intense. Les trottoirs squattés par des vendeurs à la sauvette débordent de marchandises chinoises, et la chaussée est noire de monde. « Avec 100 L.E., je peux acheter deux ensembles à mes deux enfants, tandis que dans les magasins du centre-ville, un seul ensemble coûte plus de 200 L.E. », explique Ali, professeur et père de trois enfants. Mais si Ali et plusieurs autres ont trouvé refuge dans ses marchés populaires bon marché, d’autres citoyens n’ont même pas eu ce privilège. « Cette année, j’ai demandé à mes enfants de reprendre les fournitures de l’année passée : cartables, souliers et nouveaux vêtements … Je ne peux me permettre d’acheter des kahks car je ne suis qu’un simple employé », lance Ibrahim, employé et père de deux enfants.

Les kahks constituent l’un des attraits du petit Baïram. Ces petits gâteaux sucrés préparés à cette occasion sont très prisés. Leur prix a augmenté aussi. « Les prix ont augmenté d’environ 30 % par rapport à l’année passée à cause de la hausse des prix des matières utilisées dans la fabrication du kahk comme le sucre et la farine », affirme Tayssir, propriétaire d’une célèbre pâtisserie au centre-ville. Il explique que le volume des ventes a été affecté par cette hausse même si la plupart des familles refusent de passer la fête sans kahk. « Le kilo de kahk a dépassé les 50 L.E. Je ne peux acheter qu’un kilo, tandis que les années passées, je n’achetais pas moins de 5 kg pour toute ma famille et mes enfants mariés », indique Saber, employé à la retraite. Beaucoup de familles, à cause de cette hausse des prix, ont décidé de revenir à la tradition qui consiste à confectionner le kahk à la maison. « Je ne peux pas payer 50 L.E. pour un seul kilo de kahk. Le préparer à la maison revient deux fois moins cher », explique Ali, un jeune employé. La hausse des prix et le commencement de l’année scolaire n’ont pas donné aux familles l’occasion de fêter le Aïd comme il se doit.

Sabah Sabet

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Les préparatifs de l’Aïd  

Le gouvernement a pris une série de mesures pour le Aïd concernant les lieux de culte, les parcs d’attraction et les transports. Le ministère des Waqfs a choisi 3 000 places publiques dans tous les gouvernorats pour accueillir la prière du Aïd en renforçant les mesures de sécurité. Les parcs d’attraction seront ouverts au public durant les trois jours de l’Aïd et des consignes très strictes sont données aux visiteurs pour préserver la propreté de ces lieux. Le zoo, qui connaît une grande affluence pendant la fête, remettra des sacs aux visiteurs pour éviter que les déchets ne soient jetés anarchiquement. Les services de l’approvisionnement ont annoncé, de leur côté, que des campagnes d’inspection seront menées pendant le Aïd surtout dans les boulangeries et les poissonneries. Le gouvernorat du Caire a décidé d’annuler les congés dans les municipalités pendant la période de la fête. Une ligne verte, le 33 37 85 97, a été instaurée pour recevoir les plaintes des citoyens.

Sabah Sabet

 




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