Otages.
Un safari à Al-Gelf Al-Kébir fascine beaucoup les touristes.
La situation sera-t-elle la même, surtout après l’enlèvement
d’un groupe de touristes dans cette région ?
Une aventure qui continue de captiver
A
1 200 kilomètres du Caire se situe la région de Karkour Talh
qui fait partie du désert d’Al-Gelf Al-Kébir sur la
frontière sud-ouest de l’Egypte. Cette région a été la scène
d’un enlèvement, un des premiers du genre en Egypte. Plus de
25 000 touristes se rendent chaque année dans cette région
pour faire des safaris d’une durée moyenne de deux semaines.
Cette région, connue sous le nom de la vallée d’Al-Gelf
Al-Kébir, est une réserve naturelle immense de 48,5 000 m2
qui se distingue par des trésors et des beautés diverses. En
fait, les cavernes répandues dans les montagnes de la région
contiennent des gravures et des traces de l’époque
préhistorique ainsi que de l’homme primitif. La caverne d’Al-Mestékawi
est autant célèbre qu’importante, puisqu’elle comprend entre
ses murs plus de 2 000 gravures qui racontent beaucoup sur
cette époque. Les dunes de sable doré forment avec les
collines et les montagnes un site pittoresque qui fascine le
visiteur de la région qui se détache de son présent et vit
dans le passé lointain entre les animaux et les plantes
rares répandus, et à côté des plus anciens rochers
découverts sur le globe terrestre. Les rochers volcaniques
et les cratères des anciens volcans sont l’apogée. On est
fasciné par 14 montagnes volcaniques inertes, comme celles
de Babane et Nezar, qui sont un autre atout d’Al-Gelf
Al-Kébir. La région d’Al-Silica, dont l’âge est de plus de
28 millions d’années, attire l’attention des touristes avec
les roches en Silicate (en verre) et les restes des
météorites millénaires pétrifiés répandus partout.
Pour aller en safari à Al-Gelf Al-Kébir, il faut avoir
recours à une agence de voyage spécialisée dans
l’organisation de tel voyage. « C’est l’agence qui s’occupe
d’apporter les permis de sécurité nécessaires des
renseignements militaires, puisque cette région est une
région frontalière qui est soumise aux forces armées et non
pas à la police. A leur sortie de la dernière oasis
égyptienne qui est celle d’Al-Dakhla, le groupe de touristes
est accompagné d’un officier qui fait partie des
garde-frontières pour assurer leur sécurité », explique un
employé d’une agence de voyage qui a requis l’anonymat. Il
ajoute qu’il est allé en safari dans cette région en 2005.
Il a beaucoup aimé le site, mais il a été surpris à cause de
l’inexistence de barrières sur les frontières
égypto-soudanaises. « Seule une pancarte avec deux flèches,
à droite c’est l’Egypte et à gauche c’est le Soudan, indique
le trajet », s’exclame le voyagiste.
« Le safari est un genre de tourisme d’aventure qui attire
de plus en plus les touristes ces jours-ci. Ils savent bien
les risques qu’ils peuvent affronter, mais leur passion
gagne », explique Mahmoud Al-Qaïssouni, conseiller du
ministre du Tourisme pour le tourisme écologique. Al-Gelf
Al-Kébir n’est pas la seule région de safari en Egypte, mais
tous les déserts qu’ils soient orientaux, occidentaux ou
même celui du Sinaï accueillent des touristes aventureux qui
décident de découvrir ces immensités dont la couleur
n’existe pas du tout dans leurs pays. « Mais il y a des
régions plus sûres que préfèrent les agences de voyage et se
distinguant par les trésors naturels comme le Désert blanc
sur les frontières avec la Libye, la grande et la petite
vallée et les puits romains qui sont à proximité de l’oasis
de Farafra », explique Al-Qaïssouni. L’escalade des
montagnes est un autre type de tourisme d’aventure à grand
risque qui commence à se répandre en Egypte, surtout dans
les hautes montagnes de plus de 1 000 mètres de hauteur,
surtout à Al-Gelf Al-Kébir ou au Sinaï.
Une influence limitée
« C’est un accident occasionnel qui se passe pour la
première fois en Egypte et qui pourrait bien avoir lieu
n’importe où dans le monde ». C’est ainsi que Fathi Nour,
président de la Chambre des hôtels et conseiller du ministre
du Tourisme, qualifie l’enlèvement des touristes. Il ajoute
que c’est un crime et non pas un attentat terroriste, c’est
pour cela qu’il n’aura pas, selon lui, un effet négatif sur
l’affluence touristique en Egypte, estime-t-il. Cet incident
ne peut pas les pousser à changer de destination si
facilement, surtout que jusqu’à présent aucune annulation
n’a eu lieu de n’importe quelle nationalité. Pour sa part,
Seif Al-Ammari, membre de la Chambre des agences de voyage,
estime qu’on doit bien mettre en relief les vérités avec
transparence auprès des méga-tour-opérateurs et des groupes
touristiques, surtout occidentaux, et intensifier nos
programmes pour la promotion touristique de l’Egypte,
surtout que la saison commence et la plupart des contrats
sont signés au début du mois d’octobre, et les deux marchés
allemand et italien sont les premiers du tourisme égyptien.
« Mais la Chambre des agences de voyage n’a reçu aucune
annulation de contrat de la part des agences qui ont terminé
tôt leur contrat », souligne Al-Ammari.
A l’autre bout du fil, Moetaz Noureddine estime que le
tourisme égyptien va souffrir d’une façon temporaire de cet
accident, surtout qu’on s’attendait à une grande hausse dans
le nombre de touristes pendant la saison d’hiver. « Le
tourisme de safari va être le secteur le plus négativement
influencé par l’accident, et malheureusement c’est ce qu’on
appelle le tourisme Hi End (de haute gamme), puisque le coût
d’un voyage peut dépasser les 10 000 dollars par groupe »,
assure Noureddine.
Dalia
Farouk