Otages.
Omayma Al-Husseini,
conseillère médiatique au ministère du Tourisme et
porte-parole du ministère, estime que l’enlèvement
n’affectera pas les visites en Egypte, y compris les
safaris.
« Quel que soit le niveau de sécurité dans cette région, il
était impossible d’empêcher un crime pareil »
Al-Ahram
Hebdo : Comment évaluez-vous cet enlèvement d’un groupe de
touristes au sud de l’Egypte ?
Omayma Al-Husseini :
Il s’agit d’une opération d’enlèvement qui s’est produite le
19 septembre dernier aux confins désertiques du sud-ouest de
l’Egypte par un groupe de ravisseurs, dont la nationalité
n’a toujours pas été définie. Toutes les informations
disponibles sont que 19 otages ont été enlevés au cours d’un
safari en 4x4, dans la région d’Al-Gelf Al-Kébir connue pour
le tourisme d’aventure.
En ce qui concerne l’affaire de l’enlèvement, c’est sûrement
un accident singulier, le premier de son genre imposé à l’Egypte,
et d’une nature qu’on n’a jamais rencontrée auparavant.
C’est un crime fait par des bandits et qui n’a surtout
aucune relation avec le terrorisme. Je voudrais préciser par
cela que quel que soit le niveau de la sécurité dans cette
région désertique, il est impossible d’empêcher ce genre de
crime.
— Pensez-vous que cet incident pourrait influencer
négativement le tourisme égyptien ?
— En ce qui concerne la région de l’enlèvement située aux
confins de l’Egypte, près d’Al-Gelf Al-Kébir, il s’agit d’un
lieu très attirant pour les touristes qui s’intéressent au
tourisme d’aventure pour y faire du safari. Cet endroit
précisément reçoit un très grand nombre de touristes, bien
qu’il soit parmi les régions les plus chères du tourisme
égyptien, et l’enlèvement qui s’y est produit n’est qu’un
incident.
Je ne dis pas qu’il n’aura aucune influence, non, sans aucun
doute il y en aura surtout qu’il s’est produit sur les
frontières du côté égyptien. Mais cette influence sera
faible et à très court terme. Tout le monde sait très bien
que l’Egypte n’y est pour rien, c’est uniquement que son nom
a été lié à l’histoire de l’enlèvement. Je voudrais aussi
signaler que la preuve en est que depuis que cette affaire
d’enlèvement a eu lieu et jusqu’aujourd’hui, aucune des
réservations de voyage en Egypte, même pour les safaris et
le tourisme d’aventure, n’a été annulée. Bien au contraire,
les réservations se poursuivent et sont même très
nombreuses. Il ne faut donc surtout pas anticiper sur les
événements. Ce qui compte le plus aujourd’hui c’est la
sécurité des touristes enlevés et des Egyptiens qui les
accompagnent.
— Et quels sont les efforts du ministère du Tourisme afin de
mettre terme à cette crise et de retrouver les personnes
kidnappées ?
— Le ministère ne s’occupe uniquement que des efforts de
coordination. Sinon nous n’avons aucun autre genre
d’intervention. Ce n’est pas notre tâche, mais il y a
d’autres appareils de sécurité qui s’occupent des opérations
de recherches et des investigations pour retrouver les
personnes enlevées.
Cependant, le ministère coordonne avec les gouvernements des
autres pays, comme le Soudan, l’Allemagne, l’Italie et la
Roumanie sur le plan des échanges des informations. Tout ce
que nous pouvons dire maintenant est que la situation est
sûrement grave, et ce que nous cherchons à atteindre c’est
la sécurité du groupe touristique enlevé et des Egyptiens
qui les accompagnent.
Propos recueillis par Chaïmaa Abdel-Hamid