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 Semaine du 1 au 7 Octobre 2008, numéro 734

 

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Iran. La nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’Onu, qui ne renferme pas de nouvelles sanctions, prouve la bonne volonté de la communauté internationale de poursuivre l’option diplomatique avec le régime.

La diplomatie comme option

Réalisant que le langage des menaces et des sanctions demeurerait sans lendemain avec un régime iranien têtu, la communauté internationale a opté cette semaine pour la diplomatie. Après avoir adopté quatre résolutions, dont trois assorties de sanctions, exigeant de l’Iran qu’il suspende son programme d’enrichissement d’uranium, le Conseil de sécurité de l’Onu a adopté, samedi, à l’unanimité de ses quinze membres une résolution exhortant l’Iran à cesser ses activités nucléaires sensibles mais « sans lui imposer de nouvelles sanctions ». La résolution numérotée 1 835 se contente de rappeler la validité des précédentes résolutions du Conseil et réitère l’exigence que l’Iran remplisse « pleinement et sans retard » les obligations qui en découlent. Le Conseil de sécurité rappelle également l’engagement pris en mars par les six grandes puissances qui se sont chargées du dossier, de poursuivre une « double stratégie » composée de sanctions et de mesures incitatives, face au problème nucléaire iranien. Enfin, le Conseil réaffirme son attachement à « une prompte résolution négociée du problème dans ce contexte et salue la poursuite des efforts à cet égard ». Selon les experts, cette résolution est le fruit d’une réunion-surprise vendredi matin des ministres des Affaires étrangères des Six — Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie — qui entendaient « rassurer le reste du monde sur la poursuite de l’option diplomatique, et non militaire, face à l’Iran ». Selon l’ambassadeur français à l’Onu, cette résolution est importante car elle traduit l’unité des Six. « Il y a un texte, il démontre qu’il y a unanimité au sein des Six même si ce texte ne comporte pas de sanctions », a-t-il dit.

Optant toujours pour la diplomatie considérée comme l’unique bouée de sauvetage pour toute la région, le directeur général de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), Mohamad Al-Baradei, a appelé les Etats-Unis à négocier directement avec l’Iran sur le nucléaire. Le chef de l’AIEA a écarté toute option militaire pour contraindre Téhéran, tout en jugeant que « les sanctions seules ne résolvent aucun problème ». Selon lui, le recours à la force armée contre le régime iranien aboutirait à ce que tout l’Iran, y compris l’opposition, fasse bloc derrière le gouvernement et son programme nucléaire. Et, encore pire : cela fournirait à l’Iran un prétexte pour accélérer la fabrication d’armes nucléaires. « La seule option que je vois, ce sont des négociations », a martelé M. Al-Baradei. Et d’ajouter : « Quand on croit à la diplomatie, il faut parler avec ses ennemis, pas avec ses amis ».

Dans un nouveau rapport publié la semaine dernière, l’Agence internationale de l’énergie atomique a dénoncé le refus de l’Iran de cesser ses activités d’enrichissement d’uranium et l’absence de progrès dans les discussions avec Téhéran sur la véritable nature de son programme nucléaire. Sur la base de ce rapport, les Occidentaux, surtout les Etats-Unis, auraient souhaité alourdir les sanctions déjà en vigueur, mais la Russie leur a fait savoir qu’elle y était opposée. « Nous estimons que ce n’est pas le moment, que davantage de discussions sont nécessaires avec les Iraniens, qu’il y a encore de la place pour la diplomatie », avait déclaré vendredi l’ambassadeur de Russie à l’Onu, Vitaly Tchourkine.

Selon des diplomates européens, un blocage des négociations jusqu’à la fin du mandat du président américain George W. Bush, fin janvier, pourrait bien inciter Israël à intervenir militairement en Iran pour en finir avec ce régime qui ne pense qu’à rayer Israël de la carte. Malgré tous les risques et toutes les mesures incitatives, l’attitude iranienne demeure pour toujours défiante. Samedi, le négociateur iranien sur le nucléaire, Saïd Jalili, a déclaré que le projet de résolution proposé au Conseil de sécurité ne résoudrait « aucun des problèmes » concernant le programme nucléaire de Téhéran. « Ce n’est pas une approche constructive et elle ne résoudra aucun des problèmes », a estimé M. Jalili.

Maha Al-Cherbini

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