Al-Ahram Hebdo,Monde |
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 1 au 7 Octobre 2008, numéro 734

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde

Corée du Nord. Après avoir affirmé sa volonté de se dénucléariser, la RDPC a surpris le monde en expulsant les inspecteurs de l’AIEA du complexe de Yongbyon déjà désactivé, et en décidant de le remettre en service. Un coup de tonnerre qui inquiète la communauté internationale.

Le volte-face de Pyongyang

Inapte jusqu’à présent à convaincre le régime iranien de stopper ses activités nucléaires, la communauté internationale a vu resurgir, cette semaine, une nouvelle crise nucléaire avec le revers imprévu affiché par le régime stalinien. Alors que la Corée du Nord avait affiché sa volonté de coopérer avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) depuis quelque temps, en fermant le complexe de Yongbyon considéré comme l’épine dorsale du programme nucléaire militaire nord-coréen. Pyongyang a expulsé, cette semaine, les inspecteurs de l’AIEA du site de retraitement de son complexe de Yongbyon, et indiqué vouloir y réintroduire des matériaux fissiles d’ici une semaine. Une attitude qui a sonné comme « un coup de tonnerre » de par le monde, car ce complexe abrite un réacteur de recherche d’une capacité de 5 mégawatts (MW) de modèle soviétique, deux autres d’une capacité plus élevée mais encore en construction, et un centre de retraitement du combustible dont il extrait du plutonium. La Corée du Nord s’était engagée, l’an dernier, à démanteler ce complexe dans le cadre d’un accord international, en échange d’un million de tonnes de pétrole. En signe de bonne volonté, les Nord-Coréens avaient désactivé le réacteur de Yongbyon et procédé, en juin dernier, à la démolition de sa tour de refroidissement. « Il n’y a plus de scellés, ni d’équipements de surveillance en place sur le site de retraitement », a reconnu cette semaine Melissa Fleming, porte-parole de l’AIEA.

Justifiant sa position, la Corée du Nord a affirmé, samedi, qu’elle devait sauvegarder sa dignité et sa souveraineté, évoquant les manœuvres effectuées récemment par les forces américaines et sud-coréennes, y voyant une sorte de répétition en vue d’une frappe nucléaire imminente. « Face à de telles menaces militaires et risque de la guerre, la RPDC (République Populaire Démocratique de Corée) renforce autant que possible ses capacités de défense pour sauvegarder la paix et la souveraineté nationale », a déclaré samedi Pak Kil-Yon, vice-ministre des Affaires étrangères. Pourtant, le diplomate a affirmé la volonté de son pays de déployer sincèrement tous les efforts nécessaires à la dénucléarisation de l’ensemble de la péninsule « par le dialogue et les négociations ».

Selon les experts, ce volte-face complet pourrait s’expliquer par la rigueur des conditions imposées par le « plan de vérification » des Etats-Unis, qui refusent jusqu’à présent de retirer Pyongyang de leur liste noire, malgré la tentative de ce pays de prouver sa bonne volonté en détruisant une partie de l’épine dorsale de son programme nucléaire en juin. Washington exige, au préalable, que Pyongyang accepte un mécanisme complet de vérification, avec inspections surprises des sites, accès à des échantillonnages de matériaux et d’équipements notamment. Cette réticence américaine, qui a fait achopper les discussions à six sur le programme nucléaire nord-coréen, a porté Pyongyang à menacer, depuis août, de remettre en service ce réacteur pour protester contre le refus de Washington de la retirer de sa liste des Etats soutenant le terrorisme. Un retrait de la liste noire américaine ouvrirait à la Corée du Nord l’accès aux prêts d’organismes internationaux et à l’aide américaine. Peut-être aussi, ce revers est-il une tentative de la part de la RDPC de suivre les traces de l’Iran, en poussant le défi jusqu’à l’extrême pour collecter le plus de gains possibles. « Le cas de la RDPC est complètement différent de celui de l’Iran. Pour la RDPC, la question nucléaire est un moyen de faire pression sur la communauté internationale pour collecter le plus de profits possibles en contrepartie d’un arrêt de ses activités nucléaires. C’est une sorte de chantage. N’oublions pas que la Corée du Nord est un pays pauvre et économiquement très faible. Il a donc toujours besoin d’aides internationales. Quant à l’Iran, c’est un pays beaucoup plus fort, plus riche. Son programme nucléaire est une affaire de dignité nationale, c’est pourquoi il n’a jamais cédé ni à la politique de la carotte ni à celle du bâton », analyse l’expert politique Mohamad Fayez Farahat.

Inquiétudes internationales

Face à ce volte-face imprévu, la communauté internationale a affirmé sa déception et son inquiétude. Surtout que ce revers aurait un impact très négatif sur les pourparlers des six (la Chine, les Etats-Unis, la Russie, la Corée du Sud, le Japon, la Corée du Nord) visant le démantèlement du programme nucléaire nord-coréen. Selon les experts, cette attitude nord-coréenne va pousser ces discussions « dans l’impasse ». « Nous nous trouvons dans une situation difficile et nous risquons de devoir tout recommencer depuis le début », a déclaré Yu Myung-hwan, ministre sud-coréen des Affaires étrangères.

Cherchant à obtenir un succès diplomatique avant le départ de George Bush, la Maison Blanche pourrait faire de nouvelles concessions pour faire reculer le régime nord-coréen, qui dans le cas contraire se trouverait renforcé devant le prochain président, affirment les analystes. La semaine prochaine, Christopher Hill, diplomate américain chargé des négociations avec Pyongyang, va se rendre en Corée du Sud et peut-être aussi en Corée du Nord pour tenter de sauver ces discussions internationales, alors que la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, vient d’estimer que « l’attitude de Pyongyang n’allait faire qu’isoler davantage les Nord-Coréens ».

Plus inquiète que jamais, la Corée du Sud qui voit toujours en sa voisine une grave menace pour la sécurité régionale a affirmé samedi : « Le fait que Pyongyang masse l’essentiel de ses forces terrestres près de la frontière montre qu’elle est prête à attaquer la Corée du Sud à tout moment », s’est inquiété le ministre sud-coréen de la Défense. Dans une tentative de calmer sa voisine, la RDPC a proposé l’organisation de discussions militaires sur les questions de défense, formulant ainsi sa première offre de dialogue inter-coréen depuis que Lee Myung-bak a été élu président de Corée du Sud en février. En effet, les relations entre Séoul et Pyongyang sont plus tendues depuis l’arrivée de Lee au pouvoir. Adoptant une ligne dure vis-à-vis du régime communiste, il a fortement réduit l’aide à la Corée du Nord en la conditionnant au désarmement nucléaire. Les habitants de Séoul et des villes sud-coréennes proches de la zone démilitarisée vivent depuis près d’un demi-siècle sous la menace des batteries nord-coréennes et de son armée, forte aujourd’hui de 1,2 million de soldats.

De toute façon, le revers affiché par la RDPC cette semaine vient ajouter aux maux d’une planète qui survit déjà sous le risque de la violence, des guerres et des risques nucléaires.

Maha Al-Cherbini

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.