Al-Ahram Hebdo, Arts | La fête en fraîcheur
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 Semaine du 1 au 7 Octobre 2008, numéro 734

 

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Arts

Cinéma. Cinq nouveaux films sont programmés pour le petit Baïram, drames sociaux et comédies légères, sans négliger un certain effet de réel. 

La fête en fraîcheur 

Conquis par la fougue des feuilletons ou épuisé par les maladresses d’autres, le public est prêt au sortir du Ramadan à savourer à chaud un choix de films de fête, alternant doutes, devoirs et jouissances qui dirigent le monde.

L’événement sera le film Al-Zamahlawiya de Ahmad Faëq, où une instance égalise les différentes performances et virtuosités d’une pléiade de stars du football des deux équipes les plus prisées, Ahli et Zamalek, Mohamad Chawqi, Gamal Hamza, Amr Zaki et Khaled Bibo. Cela produit une œuvre dont le mouvement ascendant épouse le rythme des pulsions et de préférences qui partagent les supporters des deux équipes, campés par les comédiens Salah Abdallah, Ezzat Abou-Auf, Hala Fakher, Ahmad Azmi, Bochra ...

Dans une manière de reconsidérer la distance entre réel et fantasme, un autre film, Zay el-naharda (comme aujourd’hui), écrit et réalisé par Amr Salama, relate l’histoire d’une jeune fille (Basma) qui croit dans les signes et les manifestations du destin, guidant ses pas, et lui intimant certaines actions vis-à-vis de son frère (Asser Yassine) et son amant (Ahmad Al-Fichawi). Ce dernier, habitué à accompagner les premières expériences des jeunes réalisateurs, depuis le film Le Sixième sens de Ahmad Mekki, et 45 jours de Ahmad Yousri, atteint un degré de perfectionnement sous la direction de Amr Salama, en interprétant un modèle pour les pubs et un comédien transformant ses incompétences en prouesses pour séduire sa belle-aimée. Quant à Asser Yassine, classé selon les pronostics comme le meilleur espoir masculin du futur, il crée un environnement-brume, où il flotte dans les volutes du cannabis pour éviter les questions de responsabilité et les impératifs catégoriques du quotidien, d’où les problèmes dont il submerge sa sœur, qui essaye de le tirer de cet état d’inanité. Par un sens de la mise en scène, Amr Salama essaye de prouver que c’est le cinéma qui réinvente le grand espace où l’être déploie son énergie et les murs et grilles, où il se replie.

 

Métamorphose d’une chanteuse

Par ailleurs, deux comédies légères nous transportent dans les airs de fête : Chebh monharef (quasi délinquant) de Walid Mahmoud et Akher kalam (dernier propos) de Akram Farid. Dans le premier film, Ramez Galal apporte un coup de frais au rôle qu’il incarne d’un chanteur débutant dans une troupe dirigée par son oncle, un compositeur. Lors d’une tournée, il rencontre la femme de ses rêves et cherche par tous les moyens à l’épouser. Ramez Galal atteint une qualité proclamée en articulant régime comique et esprit d’aventure. C’est la seconde fois qu’il interprète le premier rôle, après le succès de sa prestation dans Ahlam al-fata al-taëch (les rêves d’un jeune frivole).

Quant à Dernier propos, il permet à la jeune chanteuse Madeleine Matar de faire éclore son talent, configurant la métamorphose d’une chanteuse de l’insouciance des débuts en une femme confrontée aux tourments et aux complications qui accompagnent son ascension dans le monde du spectacle. Initialement, la chanteuse Haïfaa Wahbi devrait interpréter ce rôle, mais elle a décliné l’offre du réalisateur après avoir vu un film français similaire. C’était alors à Madeleine Matar qu’est revenu le devoir de lever le défi de creuser sous la houlette de Akram Farid, dans un cadre comique, les questions : qu’est-ce qui accroche le public ? Comment se constitue une star de la chanson ? A travers un agencement de fragments de vie dans un microcosme défini.

On aura aussi l’occasion de voir Qobolat masrouqa (baisers volés) de Khaled Al-Hagar, qui confirme le retour de la figure du héros désireux de prendre la parole, mais pas encore certain d’avoir trouvé une classe, des interlocuteurs à qui s’adresser. C’est pourquoi, lieu dramatique, Baisers volés est moins un film qu’un laboratoire où l’on pratique une greffe de vie dans la fiction. Interprété par Yosra Al-Losi, Ahmad Azmi, Bassem Al-Samra, Randa Al-Béheiri et Mohamad Karim, le film dépeint la condition des jeunes d’aujourd’hui qui se débattent entre les vestiges du passé et les promesses vaines d’une nouvelle vie, où leurs rêves légitimes de bonheur et de sécurité semblent inaccessibles. Ils préfèrent sauter à l’eau que d’endosser le vide. Avec ce genre de films, le cinéma offre un décor, et davantage qu’une réalité, des fictions avec lesquelles on vit.

Amina Hassan

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