Art Copte .
Deux ouvrages magnifiquement illustrés, publiés par
l’Université américaine du Caire, mettent en valeur les
thèmes et les origines de l’art copte.
Histoire d’une pérennité
L’AUC
Press a lancé récemment sur le marché deux ouvrages en
couleurs sur l’héritage artistique copte*. Le premier titre
est The Treasures of Coptic Art in the Coptic Museum and
Churches of Old Cairo (les trésors de l’art copte dans le
musée copte et les églises du Vieux-Caire). Il s’agit d’un
ouvrage illustré, en format large, qui se propose de faire
comprendre les caractéristiques des coptes d’Egypte ainsi
que celles de leurs productions à travers leurs multiples
facettes.
Les auteurs de ce premier ouvrage sont deux spécialistes de
l’histoire et de l’art copte : Gawdat Gabra et Marianne
Eaton-Krauss. D’ailleurs, Gabra n’est que le directeur du
musée copte. Quant à Eaton-Krauss, elle est une experte en
art et archéologie pharaonique et copte.
The
Treasures of Coptic Art in the Coptic Museum and Churches of
Old Cairo retrace l’évolution de l’art copte depuis ses
origines pharaoniques jusqu’à nos jours.
Il présente ainsi une sélection d’œuvres exécutées en bois,
en métal, en céramique ainsi que des manuscrits rares et
précieux. Les œuvres et les objets exposés dans le livre
proviennent tous du musée copte et des églises du
Vieux-Caire, comme l’indique le titre de l’ouvrage.
L’ensemble de la collection présentée couvre, en plus,
divers domaines de la vie quotidienne, comme la parure
féminine, les jeux et divertissements. L’évolution de la
langue et de l’écriture constituent un autre temps fort du
parcours du livre.
Dans l’introduction, il est sujet en effet de décrire les
divers aspects de la vie de la population copte dans son
milieu et dans son histoire, ainsi que les développements
qui ont lieu dans ce contexte. On trouve ensuite une
présentation détaillée de l’histoire du musée copte avec ses
plus importantes dates.
Un chapitre tout entier est consacré ensuite aux éléments
pharaoniques dans l’art et dans l’architecture. L’art copte
est en fait le successeur de 3 000 ans d’art égyptien
ancien. Cet art copte porte aussi la trace des civilisations
romaines et byzantines, à travers les vestiges des peintures
murales coptes. De plus, ces influences se trouvent
également dans les traditions et les coutumes. Certaines,
datant de l’Egypte pharaonique, ont survécu jusqu’à l’époque
copte, parfois même jusqu’à nos jours, comme la célébration
du quarantième jour après un décès, ou les fêtes
hebdomadaires qui ponctuent les premières semaines qui
suivent un décès. La fête de Cham Al-Nessim (fête du
printemps) est, elle aussi, une célébration déjà pratiquée
dans l’ancienne Egypte à l’occasion de l’arrivée du
printemps et de la saison des moissons ; elle s’est ensuite
confondue avec la Pâque copte, au cours de laquelle les
Egyptiens se délectent depuis des milliers d’années de
poisson salé, appelé le fessikh. La momie d’une femme copte,
à l’instar de celles de ses aïeules pharaoniques, porte sur
elle, faisant contraste avec sa nudité, tous ses bijoux et
ornements : boucles d’oreille et colliers ... L’art copte a
été influencé aussi par l’art islamique.
Les coptes du premier millénaire se sont rendus célèbres par
les tapisseries et les tissages dont ils maîtrisaient la
technique. L’artisanat du textile est connu par les
instruments eux-mêmes. Objets en bois permettant de filer le
lin et la laine, tissages réalisés sur le métier, production
enfin de vêtements et de grandes pièces d’ameublement.
Dans le cadre domestique, de nombreux objets ont leur place.
Tout un chapitre est consacré aux articles de la vie
quotidienne. Retrouvés dans un parfait état de conservation,
ces objets semblent, pour certains, presque contemporains.
Ainsi ce panier de vannerie, fabriqué il y a plus de quinze
siècles, ou bien cette verrerie, à peine plus récente, qui
ne déparerait pas un intérieur moderne. Le bois et le métal
sont aussi utilisés pour confectionner les objets
domestiques. Une grande variété de matériaux et de
techniques entre dans la fabrication des articles de
coquetterie. Miroirs, peignes, étuis à far, flacons, bijoux
et boites à pommade pouvaient combler les élégantes. Les
banquets et les jeux étaient encore à l’honneur dans l’art
copte. Les couleurs chaudes s’y fondent harmonieusement.
Guide au musée copte
Le second ouvrage, c’est The Illustrated Guide to the Coptic
Museum and Churches of Old Cairo (Le guide illustré au musée
copte et les églises du Vieux-Caire. Ce livre illustré de
taille de poche est écrit toujours par Gawdat Gabra et
Marianne Eaton-Krauss. Comme le livre précédent, ils
présentent au début de ce guide la même histoire en détail
du musée copte ainsi qu’une sorte de chronologie des plus
importantes dates de cette histoire. C’est Morcos Sémeika
pacha qui fonda le musée copte en 1910 en vue de rassembler
les différents matériaux indispensables à l’étude de
l’histoire du christianisme en Egypte. La plus grande
collection d’objets d’art coptes et la plus importante
collection d’art copte du monde se trouvent dans ce musée.
Les quelque 16 000 pièces qui s’y trouvent permettent de
retracer les événements historiques du christianisme en
Egypte.
Le musée lui-même est installé dans un beau bâtiment, édifié
dans un lieu historique : le quartier du Vieux-Caire et
l’enclos de la forteresse de Babylone. S’étalant sur deux
étages, c’est un véritable musée à ciel ouvert entouré de
monuments de tous genres. Le musée copte est décoré de
matériaux provenant d’anciennes maisons coptes.
Ce musée n’a cessé d’accroître le nombre de ses œuvres grâce
à des dons, des achats et le produit des fouilles, qui y
entre automatiquement. La trouvaille du site de Nagea Hamadi,
conservée dans la bibliothèque du musée, occupe une grande
importance dans ce guide. Editée en fac-similé sous l’égide
de l’Unesco, cette série de livres constitue une source de
recherches. Le récent guide du musée copte rassemble
quelques 200 illustrations de pièces du musée copte et des
églises. Cependant, il met en valeur les diverses influences
— pharaonique, gréco-romaine et islamique — qui ont nourri
l’art copte au cours des siècles.
De son titre, le guide illustre les objets du musée copte
ainsi que ceux des églises du Vieux-Caire. Ce sont donc les
mêmes objets présentés dans le premier titre. Il s’agit en
fait d’une répétition du premier livre, mais en taille de
poche si l’on ne compte pas l’introduction du premier sur
l’art copte !.
Amira
Samir