Al-Ahram Hebdo, Opinion | Le fléau bureaucratique
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 7 au 13 janvier 2008, numéro 696

 

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Opinion
 

Le fléau bureaucratique

Morsi Attalla

Chaque fois qu’il est question de la réforme et de la modernisation de l’Etat, les regards se dirigent vers l’administration. En effet, la réforme de cet appareil se révèle être indispensable. Là, émerge immédiatement le mot « bureaucratie » qui est le synonyme naturel de toutes les complications dont souffre le public. Puis on a pris l’habitude de donner l’appellation « routine » à ce phénomène. La bureaucratie est apparue en même temps que l’Etat moderne et a été mentionnée pour la première fois en 1745 par l’économiste français Vincent de Gournay, qui fut parmi les premiers à préconiser la suppression des règlements et des monopoles et qui a lancé le célèbre slogan économique : « Laisser faire, laisser passer ».

Le mot bureaucratie est la description en bref d’un monde formé de tas de papiers et de documents, et où les procédures sont effectuées avec lenteur et nonchalance, et parfois même avec despotisme. C’est pour cela que les gens maudissent la bureaucratie et la routine et pleurent les jours d’avant l’Etat moderne. En effet, dans les anciennes sociétés fondées sur les dynasties et les tribus, il n’y avait aucune institution comparable à ce qu’on appelle aujourd’hui « bureau ». A cette époque, les gens exécutaient des ordres oraux et des traditions beaucoup plus qu’ils n’appliquaient des lois coutumières. Et les contacts entre les gens étaient directs.

C’est de là qu’on peut comprendre comment la bureau-cratie se propage de plus en plus avec l’augmentation du nombre d’institutions et du nombre de fonctionnaires. Et par conséquent, la quantité des procédures routinières compliquées augmente aussi.

L’opinion publique dans la plupart des pays, en particulier les pays en développement, pense qu’il y a des facteurs internes qui collaborent à la croissance du nombre de bureaux, que ce soit pour remédier aux problèmes de chômage ou sous prétexte d’augmenter le nombre de bureaux pour éviter les longues queues. Et paradoxalement, quand le nombre de bureaux augmente, le parcours des papiers devient plus long, et les procédures prennent encore plus de temps.

Cependant, pour être juste, il faut reconnaître qu’une grande partie de la bureaucratie revient au manque de clarté dans les statuts et dans les lois qui gèrent le fonctionnement des procédures administratives. Par exemple, quand un fonctionnaire reçoit des recommandations ou des nouvelles lois promulguées par une instance centrale, il se trouve entre 2 dangers : s’il applique à la lettre les nouvelles lois et recommandations, le travail peut être entravé et là il sera blâmé et accusé de rigidité et de formalité. Et s’il se montre un peu flexible, il peut être introduit en justice pour avoir pratiqué des pouvoirs supérieurs à ses prérogatives.

Il faut reconnaître que ces deux contradictions constituent l’une des plus importantes faces du fléau bureaucratique qui sévit dans l’appareil administratif en Egypte. Ceci revient au fait que les lois sont promulguées avec trop de rigidité de telle façon que l’administration a toujours raison et aussi pour éviter les infractions. Or, la complication des procédures administratives cause le mécontentement et la colère du public, qui à son tour tente par tous les moyens de contourner ces procédures, ce qui complique encore plus la situation ! .

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