Al-Ahram Hebdo, Opinion | La succession au Pakistan
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 Semaine du 7 au 13 janvier 2008, numéro 696

 

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Opinion
 

La succession au Pakistan

Salama A. Salama

Le parti du peuple pakistanais (PPP), que présidait Benazir Bhutto avant son assassinat, a connu une chute, comme il arrive avec les partis politiques dans le tiers-monde, qui en général sont voués au même sort à cause des erreurs fatales qu’ils commettent. Ce, après que son fils unique Bilawal Bhutto Zardari qui n’a pas encore eu ses 19 ans, a été appelé à succéder à sa mère à la tête du parti, sous la tutelle de son père Asif Ali Zardari. Ainsi, la démocratie au Pakistan est-elle au point mort et n’augure aucun espoir.

Nombreux sont ceux qui prévoyaient que la présidence du parti soit le lot d’un de ses leaders historiques, avec à leur tête l’adjoint de Bhutto, Makhdoum Amin Fahim, qui a mené l’activité du parti pendant les années d’exil de la présidente de la formation. Mais, il semble cependant que la succession politique dans le sous-continent indien, qui est entre les mains d’un nombre limité de grandes familles politiques, est la caractéristique dominante dans cette région du monde. La famille d’Indira Ghandi, par exemple, a pendant longtemps mené le parti du Congrès en Inde. Elle a payé cher le prix du monopole du pouvoir par des assassinats et des attentats dont elle a été continuellement la cible. Ce scénario sanglant n’a pris fin qu’avec l’émergence de nouveaux leaderships politiques du même parti, n’appartenant pas à la famille Ghandi et qui ont mené le jeu. La démocratie a alors pris un nouveau tournant plus stable et plus régulier permettant l’alternance du pouvoir avec les partis d’opposition, faisant ainsi de l’Inde la plus grande démocratie en Asie et dans le monde.

De telles expériences prouvent que les élites politiques au pouvoir dans le tiers-monde peuvent être la raison soit de l’enracinement de la démocratie, soit de son anéantissement. En général, ce genre de situations se solde par une défaite poignante, suite à laquelle le pouvoir militaire prend les rênes du pouvoir ou bien c’est le parti unique qui contrôle la situation, ou bien c’est le chaos et l’anarchie qui règnent. Si l’assassinat de Bhutto a entravé la démarche vers la démocratie à court terme, la succession du fils et du mari de Bhutto à la présidence du PPP pourrait mettre fin au rôle qu’assume cette formation et à son projet dont les piliers ont été instaurés par Zulficar Ali Bhutto, père de Benazir. Celui-ci avait parié sur le choix d’une démocratie à référence islamique qui a imprégné le Pakistan depuis bien longtemps.

Le choix qui a permis à Zardari de se trouver à la tête du parti, comme tuteur de son fils qui est toujours mineur, est dangereux parce qu’il rappelle aux esprits son parcours corrompu. Au cours des deux mandats de Bhutto, en tant que premier ministre, il était surnommé « M. 100 % » parce qu’il percevait des commissions en contrepartie des contrats signés pour des projets gouvernementaux. Ces agissements corrompus entravaient la transformation vers la démocratie, et faisaient prévaloir la dictature, la pauvreté et l’analphabétisme. Ce sont de telles circonstances qui ont d’emblée permis la prédominance des courants extrémistes et des écoles religieuses au Pakistan.

La crise qui s’est déclenchée à la suite de l’assassinat de Benazir Bhutto a engagé le pays dans une nouvelle phase avec l’approbation des partis pakistanais de disputer les élections à la nouvelle date fixée. Le monde et le Pakistan doivent se rendre compte que l’éclat qui entourait Bhutto n’avait pas pour objectif unique de préserver les valeurs de la démocratie, mais constituait surtout un conflit pour la survie à n’importe quel prix du mythe politique de la famille Bhutto. Même si cette survie revêtirait l’aspect d’une succession au pouvoir par un mineur qui n’a pas encore achevé ses études ou par un veuf rongé par la corruption. Il semble qu’il n’y a aucune différence entre l’homme et la femme dans la sacralisation du pouvoir l

 

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