Nouveau rapport de forces
Avec un baril de brut qui a touché le plafond fatidique
des 100 dollars, les pays arabes du Golfe sont devenus
des acteurs majeurs de l’économie mondiale grâce à la
manne pétrolière qui leur a permis de financer des
méga-projets immobiliers et acquisitions de sociétés.
La flambée des cours du brut a rempli les coffres des
six membres du Conseil de coopération du Golfe (Bahreïn,
Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Emirats arabes
unis), qui fournissent le quart de la demande mondiale.
Cette manne a déclenché un boom économique majeur, à
coups de projets immobiliers plus imposants les uns que
les autres, alors que les avoirs à l’étranger des pays
du CCG, qui possède encore 40 % des réserves mondiales,
ne cessent de grossir. Entre 2002 et 2006, les pays du
Golfe, avec une population de 35 millions d’habitants,
ont gagné entre 1 200 et 1 500 milliards de dollars de
revenus, ce qui leur a permis de porter leurs avoirs à
l’étranger à plus de mille milliards de dollars, selon
des estimations internationales.
Poussé par le pétrole, le Produit Intérieur Brut (PIB)
des six pays, qui ont lancé le 1er janvier leur marché
commun, a augmenté d’environ 7 % par an ces dernières
années, et la tendance devrait se poursuivre. Le PIB du
CCG est passé de 406 milliards de dollars en 2003 à 712
milliards en 2006, selon le Fonds Monétaire
International (FMI), qui prévoit 790 milliards en 2007
et 883 milliards en 2008.
L’afflux de liquidités ne pouvant être absorbé dans la
région, les pays du Golfe se sont lancés dans des
investissements massifs à l’étranger et des achats à
grande échelle aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.
Du
coup, leur influence n’est plus désormais limitée à la
richesse pétrolière. Ils ont retenu les leçons du passé,
quand ils ont dilapidé l’argent du pétrole après les
deux chocs des années 1970 et 80. Cette fois, ils
investissent leurs bénéfices de façon prudente et
professionnelle. Ils pensent à l’avenir, en faisant du
retour sur investissement une source viable de revenus
quand les prix du pétrole baisseront. Jusqu’ici, ils ont
réussi dans leur démarche. Pour 2007, les retours sur
investissements devraient se situer entre 60 et 100
milliards de dollars, soit l’équivalent des revenus
pétroliers avant la flambée du brut en 2002. Et l’avenir
s’annonce radieux : les prix devraient rester haut
pendant les cinq prochaines années en raison d’une forte
demande mondiale.