Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Sur la corde raide
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 Semaine du 7 au 13 janvier 2008, numéro 696

 

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Soudan. La tension est montée d’un cran avec le Tchad voisin, chacun des deux pays accusant l’autre de soutenir sa rébellion.

Sur la corde raide

Un nouvel épisode dans les relations soudano-tchadiennes qui témoignent d’un échange continuel d’accusations. Cette fois-ci ont craint que ces démêlées ne dégénèrent en conflit ouvert dans une zone déjà déstabilisée par les rebelles des deux parties. Dimanche, le Soudan s’est dit prêt à faire face à toute « agression » de l’armée tchadienne, au lendemain de menaces du président tchadien, Idriss Deby Itno, de pourchasser et de frapper les rebelles tchadiens « à l’intérieur du Soudan ».

La frontière commune connaît des bruits de bottes, selon l’armée soudanaise, qui a affirmé que l’aviation tchadienne avait encore bombardé l’ouest de la région soudanaise du Darfour, faisant trois morts et quatre blessés parmi les civils. « Trois avions de type Antonov ont bombardé aux premières heures de dimanche des positions au sud-ouest de Geneina (capitale de l’ouest du Darfour), tuant trois citoyens et blessant quatre », a déclaré le porte-parole des forces armées soudanaises, Othman Al-Aghbach. « Nous y voyons une agression contre le Soudan », a ajouté le porte-parole lundi. « Le gouvernement tchadien continue de menacer d’attaquer le Soudan en arguant qu’il abrite une opposition tchadienne (..), ce qui n’est pas vrai puisque notre gouvernement n’a aucun intérêt à le faire », a-t-il affirmé. Selon un autre quotidien soudanais, Al-Raï Al-Aam, la zone frontalière connaît une forte tension et l’armée tchadienne pointe les canons de son artillerie sur Geneina, située à quelque 30 km du Tchad.

La tension intervient sur fond d’une recrudescence des activités militaires, autour de Geneina, du groupe rebelle au Darfour, le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) que le Soudan accuse d’être directement soutenu par le Tchad.

Un commandant du JEM, Abdel-Aziz Al-Nour Asher a démenti un tel soutien et affirmé que ses hommes avaient touché dimanche un avion militaire soudanais, qui a ensuite effectué un atterrissage forcé à Geneina. Il a également affirmé que son mouvement continuait d’exercer une forte pression sur Geneina qu’il dit « encerclée » par ses hommes, ce que démentent les forces gouvernementales.

Le soutien présumé du Soudan aux rebelles tchadiens est à l’origine du coup de colère samedi du président tchadien qui a dénoncé un « plan de déstabilisation du Tchad » ourdi, selon lui, par Khartoum et n’a pas exclu une rupture des relations diplomatiques avec Khartoum.

« Il n’existe aucun mercenaire (nom donné aux rebelles par N’Djamena) sur le territoire tchadien et nous allons les détruire dans leur nid à l’intérieur du Soudan », a-t-il lancé. « Nos forces vont leur tomber dessus à l’intérieur du Soudan. Nous allons leur faire mordre la poussière à l’intérieur du Soudan ». Evoquant les rebelles qui lui sont hostiles et qui se sont alliés à la mi-décembre, il a ajouté : « Malheureusement, ces Tchadiens instrumentalisés n’ont rien compris (...). Qu’ils abandonnent les armes et regagnent leur pays, c’est ce que je leur recommande ».

Lors d’une manifestation samedi, des « motions de soutien » au président Deby lui ont demandé de rompre les relations avec le Soudan. « Le gouvernement examinera très prochainement (...) cette demande », a répondu le chef de l’Etat.

De violents combats ont opposé, du 26 novembre au 4 décembre, l’armée tchadienne aux principales rébellions dans l’Est du Tchad, faisant voler en éclats un accord de paix signé le 25 octobre à Syrte en Libye. Depuis, les rebelles affirment se réorganiser et certains d’entre eux reconnaissent que le gros de leurs troupes se trouve actuellement le long de la frontière qui sépare le Tchad du Soudan, côté soudanais. N’Djamena voit dans le soutien apporté, selon lui, par Khartoum aux rebelles une volonté d’empêcher le déploiement dans l’Est tchadien d’une force de l’Union européenne (Eufor) et au Darfour, dans l’ouest du Soudan, d’une importante mission de l’Union Africaine (UA) et de l’Onu.

Les autorités soudanaises, bien que n’ayant pas commenté la décision de l’envoi d’une force de l’UE au Tchad, voient d’un mauvais œil l’Eufor tout en disant collaborer avec l’Onu et l’UA, dont la force au Darfour peine à prendre forme .

R.  A. 

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