Les candidats démocrates
La course à la Maison Blanche a commencé en vue d’élire le
44e président des Etats-Unis.
Démocrates ou Républicains, le Proche-Orient occupe une
partie des campagnes des candidats.
Barack
Obama, 46 ans, sénateur de l’Etat
de l’Illinois, a remporté largement les premiers caucus de
l’Iowa en obtenant 38 % des voix. Il est considéré comme
celui qui est le plus en rupture avec Bush sur l’Iraq. Il
promet, une fois élu, d’être « le président qui mettra fin à
la guerre en Iraq » et « qui ramènera nos soldats à la
maison ». Mais ses mots ne laissent pas beaucoup rêver, il
parle d’un déplacement des efforts de l’Iraq vers
l’Afghanistan avec le déploiement de deux brigades
supplémentaires dans ce pays. Il se dit aussi prêt à
attaquer des cibles d’Al-Qaëda
au Pakistan.
En revanche, Obama se dit prêt à
engager le dialogue avec l’Iran et la Syrie. C’est pourtant,
un pro-israélien. Pour lui,
Israël est « notre plus grand allié dans la région et la
seule démocratie établie, et nous devons préserver notre
engagement total à l’égard de sa sécurité ». Quant au Hamas,
il veut continuer à « l’isoler », alors que le Hezbollah «
menace le mouvement naissant vers la démocratie ».
John
Edwards, 54 ans, ex-sénateur de la Caroline du Nord. Il est
le deuxième dans la liste des favoris démocrates.
Edwards était parmi ceux qui ont voté pour la guerre en
Iraq, en 2002. Mais pour réparer « la plus grande erreur
stratégique de l’histoire des Etats-Unis », il souhaite
fonder une nouvelle politique étrangère , en commençant avec
un retrait immédiat de 40 000 à 50 000 militaires d’Iraq
puis « un retrait total des troupes d’ici neuf à dix mois ».
Pour lui, la présence américaine en Iraq intensifie le
terrorisme et serait responsable en partie du clash des
civilisations. Edwards propose un changement radical
d’attitude vis-à-vis de l’Iran avec qui il prône
l’ouverture de pourparlers sans
pour autant « se priver de la moindre option ». Il suggère
également une politique d’isolement du président
Ahmadinejad, vis-à-vis des
forces modérées de son pays.
Hillary
Clinton, 60 ans, ancienne première dame et
sénatrice de l’Etat de New York.
Elle est arrivée troisième, lors des caucus de l’Iowa. Elle
fait preuve d’une grande fermeté, et parfois qualifiée de
plus conservatrice que Bush lui-même sur le Proche-Orient.
Elle fait partie de ceux qui ont défendu les opérations
militaires en Afghanistan et en Iraq et a été la dernière
des principaux candidats démocrates à modifier sa position
concernant l’Iraq. Elle se dit aujourd’hui favorable à
mettre fin à la guerre, mais n’envisage pas de retrait
total. C’est la candidate qui dit tout et son contraire. Une
fois, elle parle d’une « politique vigoureuse » pour l’Iran
et une autre fois elle dit favorable pour « un dialogue des
Etats-Unis avec l’Iran, la Syrie, le Hamas et le Hezbollah
». Elle est la candidate la plus proche du lobby israélien :
« nous soutiendrons, nourrirons et développerons le
partenariat vital d’Israël (...). Tant que le Hamas ne
renonce pas à la violence et au terrorisme, tant qu’il garde
sa position prônant la destruction d’Israël, je ne crois pas
que les Etats-Unis devraient les reconnaître, ni aucune
autre nation du monde ». C’est elle qui s’est prononcée un
jour en faveur d’un transfert de l’ambassade israélienne de
Tel-Aviv à Jérusalem .
Les Républicains
Mike
Huckabee, 52 ans, ancien
gouverneur de l’Arkansas, Huckabee
est arrivé en tête dans l’Iowa chez les Républicains. Ancien
pasteur baptiste, il a toujours été un fervent défenseur de
la guerre contre l’Iraq. Pour lui, « plus qu’une question
militaire, c’est une question d’honneur ». Il pense que les
Américains doivent rester et « finir leur boulot ». Il
souhaite renforcer le nombre de militaires engagés au
Proche-Orient. Selon lui, il faut frapper « plus fort » et «
plus intelligemment », en mettant en œuvre toutes les
capacités économiques, diplomatiques et militaires dont
disposent les Etats-Unis, dans la guerre contre le
terrorisme. Pour lui, aucune distinction ne doit être
établie entre les chiites et les sunnites, car «
l’extrémisme musulman sous toutes ses formes » constitue une
menace pour les Etats-Unis.
Mitt
Romney, 60 ans, ex-gouverneur de l’Etat du Massachusetts. Il
a été le vainqueur des caucus organisés dans l’Etat
américain du Wyoming pour le camp républicain. Supporter de
la première heure de la politique américaine en Iraq, Romney
est toujours opposé à tout retrait immédiat des troupes
américaines en Iraq. Il soutient en outre le renforcement
des troupes dans ce pays. Il soutient une ligne dure
concernant le programme nucléaire iranien et « les résultats
insuffisants de l’Onu sur le nucléaire iranien doivent être
renforcés avec des sanctions plus efficaces ».
Pour la guerre contre le terrorisme, elle « doit être
généralisée à l’islamisme radical ». Il soutient les mesures
de torture prises dans les prisons de Guantanamo et
Abou-Gharib.
Le processus de paix ne figure pas dans son programme. Il
était même contre la réunion d’Annapolis. « Lorsque j’étais
en Israël en janvier, et qu’à mon retour, les gens m’ont
interrogé sur les perspectives de paix, ma réaction était de
dire comment est-il possible d’avoir une conférence de paix
à ce stade, alors qu’il n’y a personne avec qui parler »? Il
a promis aussi d’œuvrer à « l’isolement de la Syrie, le
Hamas et le Hezbollah ».
Rudy
Giuliani, 63 ans, ancien maire
de New York. Giuliani est le
favori du camp républicain dans les sondages. Pour lui, le «
maintien des troupes américaines lui semble indispensable ».
Il se montre plus directement menaçant que le président Bush
sur l’Iran : « Les théocrates qui dirigent l’Iran doivent
comprendre que nous pouvons manier la carotte aussi bien que
le bâton, en minant le soutien populaire à leur régime, en
nuisant à l’économie iranienne, en affaiblissant l’armée
iranienne et, si tout le reste échouait, en détruisant son
infrastructure nucléaire ».
Pour lui, le combat contre « le fascisme de l’islamisme
radical est le premier grand challenge du XXIe siècle ».
Afin de gagner cette guerre, il souhaite diffuser la culture
américaine dans le monde musulman via des « entreprises
telles que Pepsi, Coca-Cola,
McDonald’s et Levi’s », qui ont
« aidé à gagner la guerre froide en pénétrant le marché
soviétique ».
Giuliani
s’oppose contre l’établissement d’un Etat palestinien, « Il
n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis d’aider à la
création d’un nouvel Etat qui soutiendra le terrorisme ».
S’il est élu, il entend faire entrer Israël à
l’Otan .
Aliaa
Al-Korachi