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| Capitales arabes.
La décision de désigner Jérusalem comme capitale arabe de la
culture en 2009 a été prise lors de la réunion des ministres
arabes de la Culture en novembre 2006 en Oman, après le
refus du ministre iraqien de la Culture d’accueillir
l’événement pour des raisons de sécurité évidentes.
Jérusalem 2009 : un choix problématique
« C’est une décision largement improvisée à mon avis »,
déclare Najwan Darwich, jeune poète et journaliste
palestinien de Jérusalem. « Aucune étude préalable n’a été
menée, pas même une évaluation des défis que pose le choix
de cette ville si chère aux Arabes ». C’est l’ancien
ministre de la Culture, Atallah Abou Al-Sabah, qui est
considéré par le milieu culturel palestinien comme le
premier responsable à avoir engagé Jérusalem dans ce projet.
En août 2007, dix mois après la désignation de la ville par
la Ligue arabe, un comité préparatoire a été formé par
l’autorité politique palestinienne. Or, il ne cesse, depuis
sa création, de faire couler beaucoup d’encre, puisque le
poète Mahmoud Darwich a refusé de le présider, déclinant
l’invitation adressée par le président Mahmoud Abbass. «
C’est une décision qui me paraît tout à fait compréhensible
de la part d’un grand nom comme Darwich. Il a visiblement
été irrité par le niveau médiocre et le discours immature,
qui frise le folklorique, des membres du comité », explique
Najwan Darwich. De plus, Hanane Achrawi, ex-ministre de l’Education,
aurait également refusé de le présider.
Les 47 membres du comité sont décriés principalement parce
qu’ils n’appartiennent pas pour la plupart aux milieux
culturels palestiniens, d’autant plus que les Palestiniens
de 48 et de la diaspora n’ont pas été pris en compte lors de
la désignation de ce comité. Or, « les Palestiniens de 1948
sont les plus actifs dans la protection de Jérusalem
puisqu’ils ont encore la possibilité, contrairement aux
Palestiniens de Cisjordanie ou de Gaza, d’accéder à la ville
occupée », s’indigne Najwan, avant d’ajouter que «
contrairement aux recommandations des ministres arabes de la
Culture, leur homologue palestinien n’a pas été consulté
dans les décisions prises ». Ibrahim Abrach, actuel ministre
de la Culture, déclarait à ce sujet dans une émission
télévisée que « jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas eu de
rôle, mais espérons en avoir un, notamment dans la
coordination avec d’autres ministères. Cela fait partie de
nos droits, et je les réclamerai ».
Pour les intellectuels arabes, la question principale reste
celle de l’accès à Jérusalem sous occupation israélienne.
Sayed Bahrawi, écrivain égyptien, estime ainsi que « cette
décision inciterait à la normalisation, puisque les visas
viendront d’Israël. Les intellectuels égyptiens refuseront
de s’y rendre ». Même son de cloche chez Najwan, qui déclare
refuser que « cet événement se transforme en outil de
normalisation avec l’occupation ». Seule solution de son
point de vue : « célébrer l’événement dans toutes les villes
arabes en même temps, et qu’à Jérusalem, il fasse partie de
la lutte contre l’occupation, en prouvant que nous sommes
capables malgré tout de réaliser nos buts et d’animer à
Jérusalem une année culturelle digne de ce nom.
Je
suis
pessimiste,
mais je
l’espère tout de
même ».
Dina
Abdel-Aal |
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Alger 2007 : «
Overdose et gâchis »
Sur les 1 001 titres publiés à l’occasion de l’année 2007, «
l’écrasante majorité ne sont que des reproductions »,
d’après l’écrivain et journaliste Adlène Meddi. C’est la
critique qui revient le plus souvent dans les remarques des
intellectuels algériens sur le bilan d’Alger 2007. Et pour
cause : reconduit pour 2008, le projet des « 1 001 titres »
a été des plus médiatisés par les organisateurs de
l’événement. Projet-phare dans le domaine de l’édition,
consacrant, d’après les termes de Khalida Toumi, ministre de
la Culture, « la priorité donnée au livre », les « 1001
titres » sont en quelque sorte emblématiques des efforts et
des défaillances de cette année culturelle, ou, d’après
l’expression de Rachid Boudjedra, « du gâchis de 2007 ».
Nombre de traductions d’auteurs algériens francophones vers
l’arabe ont ainsi été accomplies dans la précipitation.
Ex-responsable des éditions Chehab, Abdallah Benadouda
explique ces « choix souvent contestables » par la
commission de sélection des manuscrits, qui au lieu d’être
constituée d’intellectuels neutres, fut, entre autres,
constituée d’éditeurs qui étaient, au final, « juge et
partie ».
Dans tous les domaines, la « quantité » semble avoir prévalu
sur la « qualité ». Côté arts, la ministre de la Culture met
en avant les « 32 festivals institutionnalisés », « les 18
semaines culturelles arabes », la participation « de toutes
les wilayas », ainsi que les nombreuses expositions
organisées sur les trésors de l’art islamique, l’art arabe
contemporain, Majnoun Leila, et enfin les festivals de
musique, où « près de 1 000 artistes et musiciens se sont
mobilisés ». Une « overdose », d’après l’expression du
journaliste Ameziane Ferhani dans une question adressée à
Toumi sur le manque de visibilité de ces initiatives,
soulignant que le problème semblerait avoir été que « l’on
consacre 99 % des efforts et moyens à faire et 1 % à faire
savoir ». En effet, malgré l’organisation d’une multitude de
« manifestations culturelles », de nombreux observateurs
notaient qu’elles étaient souvent boudées par le public
algérien. Ces manifestations se passaient « dans à peine
deux ou trois salles — exclusivement réquisitionnées par les
autorités à l’occasion de 2007 — pour une ville de quatre
millions d’habitants », explique Meddi. Qui rajoute que
seuls les « médias étatiques » ont fait de la communication
autour d’Alger 2007, et regrette « la désinvolture et la
légèreté dont ont fait preuve les organisateurs officiels ».
Un tableau assez négatif, donc, assombri encore par les
inquiétudes de nombre de journalistes sur le manque de
transparence dans la gestion du budget de l’événement — qui
déclarent attendre les déclarations finales de Toumi à ce
sujet fin janvier — et la censure de l’ouvrage de Mohamed
Benchicou, Les Geôles d’Alger, lors du salon du livre de
novembre 2007. Une note positive cependant : l’inauguration
du MAMA (Musée d’art moderne et contemporain) en décembre.
Ouvert gratuitement au public pour l’occasion, visité par
près de 1 000 visiteurs par jour depuis, le musée est
installé dans les ex-Galeries algériennes réhabilitées. Et
fait le bonheur des initiés comme des novices .
D. H.
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