Diplomatie.
Le président Moubarak a accueilli dimanche le sénateur
américain démocrate, Steven Israel, en visite en Egypte afin
d’apaiser la polémique entre Le Caire et Tel-Aviv sur la
contrebande d’armes à la frontière avec la bande de Gaza.
Dissiper les malentendus
«
Les relations entre l’Egypte et Israël sont très
importantes, je souhaite personnellement que ces relations
soient renforcées, car il n’y aura pas de paix et de
sécurité dans la région sans l’Egypte ». C’est en ces termes
que le sénateur américain démocrate Steven Israel, en charge
des relations égypto-américaines au Congrès, s’est exprimé
suite à sa rencontre dimanche à la station balnéaire de
Charm Al-Cheikh avec le président Hosni Moubarak. La visite
d'Israel est intervenue à quelques jours de la visite prévue
dans la région du président américain George Bush et au
moment où les relations entre Le Caire et Tel-Aviv
témoignent d’une certaine tension.
Tel-Aviv a en effet accusé l’Egypte la semaine dernière de
ne « pas faire assez » pour arrêter la contrebande d’armes à
la frontière avec la bande de Gaza. Ce que Le Caire a
démenti formellement. Et depuis quelques jours, les deux
pays se livrent à une véritable guerre de déclarations. Tout
avait commencé lorsque la ministre israélienne des Affaires
étrangères, Tzipi Livni, a qualifié de problématique
l’action des forces égyptiennes pour endiguer la contrebande
d’armes. Les propos de Mme Livni « sont rejetés sur le fond
comme sur la forme », a aussitôt répliqué Ahmad Aboul-Gheit,
ministre des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie
est monté à nouveau au créneau pour répondre aux accusations
israéliennes en affirmant que « l’Egypte luttera contre
toutes les violations que certains tentent de commettre sur
la frontière égypto-palestinienne, c’est-à-dire que nous
faisons face aux tunnels et à tout ce qui peut compliquer
les relations avec les Palestiniens et avec les Israéliens
». Le président Moubarak a haussé lui aussi le ton contre l’Etat
hébreu en priant Israël de se charger lui-même de sa
sécurité s’il n’était pas satisfait. D’autre part, le
Congrès américain a décidé le 19 décembre de geler 100
millions de dollars de l’aide fournie à l’Egypte jusqu’à ce
que la secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, puisse certifier
que l’Egypte lutte suffisamment contre la contrebande
d’armes.
Toutes ces évolutions ont créé un climat de tension et de
malaise entre Le Caire, Tel-Aviv et Washington. Or, avec la
visite du président Bush, il était indispensable de dissiper
les malentendus. « Les Américains ne veulent pas que la
tournée du président George Bush au Proche-Orient subisse un
échec avant même son début. Ils veulent apaiser la tension
avec Le Caire, pays incontournable dans la région », déclare
une source diplomatique qui a requis l’anonymat. Washington
souhaite par ailleurs améliorer son image devant l’opinion
publique en Egypte et les autres pays de la région. Selon
les analystes, l’Administration Bush n’est plus vue comme le
parrain d’un accord israélo-palestinien mais un intervenant
plutôt pro-israélien. C’est dans ce contexte que s’inscrit
la visite du sénateur américain. Steven Israel a déclaré sur
un ton optimiste : « Je crois qu’un accord
israélo-palestinien sera conclu cette année avec la
participation de Bush ».
Chérif Ahmed