Al-Ahram Hebdo, Economie | Le mazout et le bitume moins aidés
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 7 au 13 janvier 2008, numéro 696

 

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Economie

Subventions . Le gouvernement a diminué son soutien au prix de vente du mazout et du bitume, deux produits entrant dans l’industrie de la construction. La décision s’inscrit dans un plan plus global. Explications.

Le mazout et le bitume moins aidés

Après l’essence, le gasoil et le gaz naturel en 2006 et 2007, le tour du mazout et du bitume est venu. La première décision économique du gouvernement en 2008 est en effet de diminuer les subventions allouées à ces deux produits. Du coup, leur prix a augmenté de 100 % : la tonne de chacune de ces deux matières est passée de 500 à 1 000 L.E. Une source du ministère du Pétrole ayant requis l’anonymat a révélé au quotidien Al-Masri Al-Yom qu’il s’agit là probablement d’une première étape d’un plan visant à augmenter le prix d’autres produits pétroliers entre avril et juillet prochains. Selon cette source, les produits candidats à la hausse sont le gasoil et l’essence 90, 92 et 95 octane. Autant de mesures qui pourraient bien se traduire par une nouvelle vague d’inflation.

Déjà cette hausse des prix du mazout et du bitume a eu un effet considérable sur le coût de production des matières de construction, qui à leur tour sont vendues jusqu’à 30 % plus cher. Le mazout est en effet incontournable pour la production de briques et représente près de 50 % du coût de production. De son côté, le bitume entre dans la production d’isolants thermiques et hydrauliques ainsi que dans les travaux de goudronnage. « De nombreux entrepreneurs ont cessé leurs travaux de construction en attendant de voir comment les clients allaient réagir à la hausse des prix et s’ils sont prêts à payer la différence, car il s’agit d’une augmentation considérable », annonce Aymane Abdel-Hakim, entrepreneur. Le secteur de l’immobilier sera le plus affecté par cette hausse des prix de l’énergie, étant donné qu’elle coïncide avec une hausse des prix du fer à béton (voir p 15). Les prix de l’immobilier risquent alors d’enregistrer une hausse importante, même s’il est encore trop tôt de savoir dans quelle mesure. Cependant, le boom actuel de l’immobilier n’est pas menacé. « La demande sur l’immobilier est liée aux classes les plus aisées. Les gens qui achètent des maisons et des villas dans les nouvelles résidences privées sont les mêmes qui achètent des biens immobiliers sur la Côte-Nord, sans compter les Arabes du Golfe », estime une analyste dans une grande institution internationale qui a requis l’anonymat. En réalité, c’est surtout le pouvoir d’achat des couches inférieures de la classe moyenne qui est concerné : elles pourront être affectées par une hausse probable du prix de l’électricité vu que 30 % de la consommation nationale de mazout, soit environ 3 millions de tonnes, est utilisée dans le secteur de l’électricité. A la publication de cet article, il était impossible de dire si la hausse des prix serait appliquée au secteur de l’électricité ainsi qu’aux boulangeries, car la décision a été prise selon un accord entre le ministre des Finances, celui du Pétrole et celui de l’Industrie et du Commerce, que le premier ministre a approuvé. Sans que le ministre de l’Electricité ait été informé.

A vrai dire, la décision de réduire ces subventions s’inscrit dans un plan plus global, annoncé à l’été 2007, et à l’issue duquel le gouvernement souhaiterait voir ces subventions complètement supprimées. Celles-ci représentent aujourd’hui 55,7 milliards de L.E., soit le 1/5 des dépenses publiques. Les deux tiers de cette somme sont allouées à l’énergie. Or, les prix de plusieurs produits n’ont pas évolué depuis de nombreuses années, alors que sur le marché international, ils sont en hausse continue. Une situation qui incite des économistes à se prononcer en faveur d’une hausse des prix de l’énergie. « Il n’est pas logique que le litre d’essence soit vendu au même prix qu’une grande bouteille d’eau minérale », déplore la source qui a requis l’anonymat. Cependant, les avis diffèrent sur la méthode adoptée par le gouvernement pour arriver à ses fins. « Une hausse si importante est susceptible de déstabiliser le système de fixation des prix, alors qu’une hausse graduelle aurait permis au marché d’agir sur un mode plus approprié », estime Samir Radwane, membre du conseil d’administration de l’Organisme d’investissement. Un régulateur pourrait par exemple empêcher commerçants et producteurs en position de monopole de contrôler le marché à leur gré.

Marwa Hussein

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