Football .
A 10 jours de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2008, la
sélection d’Egypte manifeste une certaine fragilité. Manque
de confiance, d’effectif et de forme, le sacre des Pharaons
de 2006 semble bien loin.
L’ombre d’un champion
L’Egypte
est-elle prête à défendre son titre au Ghana ? C’est la
question qui hante tous les observateurs égyptiens et des
millions de supporters à quelques jours seulement du coup
d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations 2008 qui se
déroulera du 20 janvier au 10 février au Ghana. « Personne
ne peut promettre la coupe, mais nous sommes les champions
en titre et grands favoris de cette année, et tout ce que
nous pouvons dire, c’est que nous serons un sérieux rival au
Ghana », répond Chawqi Gharib, l’entraîneur-adjoint des
Pharaons.
Des paroles qui cachent bien mal la vérité que l’Egypte
version 2008 est très différente de l’Egypte version 2006,
lorsque les Pharaons ont remporté la finale de la CAN sur
leur sol. L’effectif est pourtant presque le même, quelques
éléments de qualité ont même été ajoutés au groupe tels que
Hossam Ghali (Tottenham, Ang) et Mohamad Zidan (Hambourg,
All). Il y a deux ans sur leur territoire, les Pharaons
jouaient leur meilleur foot. Hassan Chéhata avait alors
composé un noyau basé sur les joueurs d’Ahli, en pleine
forme à l’époque, outre d’autres éléments locaux, à côté
bien sûr de notre légion évoluant en Europe. Les Rouges sont
abattus du fait de l’enchaînement des matchs à une allure
infernale depuis quatre saisons, et ils passent par une
période d’instabilité après la perte de la finale de la
Ligue d’Afrique des champions et l’élimination surprenante
de la Coupe d’Egypte il y a quelques jours. « Le staff
technique sait qu’ils sont à bout de souffle et que
techniquement, ils doivent être lassés. C’est pour ceci que
nous leur avons préparé un programme spécial afin de ne pas
les épuiser et pouvoir tirer le meilleur d’eux-mêmes lors de
la CAN 2008 », explique Gharib. Sans compter que Chéhata
sera privé bien sûr du milieu pivotant Mohamad Barakat,
meilleur joueur de la Ligue d’Afrique 2005, pour blessure et
de Mohamad Abdel-Wahab, décédé.
Quant aux joueurs évoluant de l’autre côté de la
Méditerranée, ils subissent en majorité une grande baisse de
niveau. A commencer par le défenseur Abdel-Zaher Al-Saqqa,
qui s’est excusé en raison de ses engagements avec son
nouveau club de Genclerbirligii (Turquie). Le milieu de
Tottenham (Ang), Hossam Ghali, n’a pas frôlé la pelouse
depuis sa dispute avec son entraîneur et sa mise à l’écart
par la direction de son équipe en juillet dernier. Zidan a
perdu sa place de titulaire avec Hambourg (All) et passe
maintenant la quasi-totalité de son temps sur le banc de
touche et parfois même il suit les matchs de la Bundesliga
sur le petit écran. De même pour Mohamad Chawqi, ancien
milieu d’Ahli, qui n’a disputé que deux matchs avec sa
nouvelle équipe de Middlesbrough (Ang) depuis le début de la
saison. Tandis que l’attaquant vedette des Pharaons et sa
plus grande figure sur le vieux continent, Ahmad Hossam dit
Mido, évoluant à Middlesbrough, ne pourra pas faire le
déplacement en raison de blessure. « Je souffre de douleurs
au bassin et je devrai reprendre l’action vers le 15
janvier. Je suis prêt à rejoindre l’équipe, mais la décision
revient au staff technique », avait dit Mido. Seul Ahmad
Hassan, le numéro 10 d’Anderlecht (Belgique) se maintient en
grande forme, même s’il n’a pas échappé à la malédiction,
car il manquera aux deux premières rencontres de la CAN pour
cause de sanction. « Je sais qu’une grande partie des
joueurs n’est pas dans la meilleure de sa forme et c’est
pour cela que nous avons insisté à avoir un mois avant la
CAN pour bien les préparer. De même, notre programme
comprend trois rencontres amicales pour mettre les dernières
retouches », explique Gharib.
Le premier match face à la Namibie n’a pas beaucoup rassuré
malgré la large victoire, 3-0, qui s’est réalisée à
domicile. « L’automatisme du groupe ne fonctionne pas encore
bien. La victoire a tardé et s’est réalisée à cause du
manque d’expérience des adversaires et de leurs erreurs
naïves. Il ne nous reste pas beaucoup de temps encore et le
staff technique doit perfectionner ses méthodes avec les
joueurs ». Taha Ismaïl, ancien sélectionneur des Pharaons,
ne cache pas son inquiétude. De même qu’il était clair que
le groupe dépend de quelques éléments qui possèdent des
solutions individuelles, notamment du meneur d’Ahli Mohamad
Abou-Treika et d’Ahmad Hassan qui ont montré à leurs
coéquipiers les chemins des buts après leur entrée sur le
terrain, alors que le score était resté vierge pendant plus
de 45 minutes. Le niveau laisse beaucoup à désirer d’autant
plus que les Pharaons n’auront pas le luxe de s’échauffer
lors de la compétition, vu que les choses sérieuses
commenceront dès le premier jour. Le match d’ouverture aura
lieu face au Cameroun de Samuel Eto’o, avant d’enchaîner
face à la Zambie qui a bousculé l’Afrique du Sud lors des
qualifications et terminé à la tête du groupe avant de
terminer face au Soudan, qui enregistre son grand retour
après 32 ans d’absence des phases finales de la CAN. Les
voisins du sud vivent une ère d’épanouissement et ont
confirmé leur retour en puissance après avoir corrigé les
Aigles de Carthage de la Tunisie lors du match final des
qualifications, 3-2 à Khartoum (ndlr : la Tunisie n’avait
encaissé aucun but lors des 5 matchs de qualification avant
d’en voir passer trois face au Soudan), pour finir en beauté
et passer devant eux.
Les Pharaons n’auront pas droit à l’erreur et devront
arriver à Kummasi le 20 janvier fin prêts .
Karim
Farouk