Concert .
Sept pianos sur scène, cela nécessite un vrai travail
d’équipe. C’est l’aventure entreprise par Piano
Seven, une formation musicale
suisse qui a plus de 20 ans et qui se produit à l’Opéra du
Caire.
Septuor, noir et blanc
Sept
pianos sont disposés sur scène. Ils forment un cercle autour
du percussionniste. L’entente des solistes est
impressionnante. Et la richesse sonore est plutôt celle de
sept orchestres qui jouent en même temps. Dans cette
aventure hors du commun, les musiciens ont l’impression de
faire partie d’un tout, ayant chacun sa place à l’intérieur
d’une masse sonore. Du coup, ils mettent de côté leur ego et
se montrent prêts à répéter dix fois la même note.
Elle fut fondée en Suisse vers 1987. Les critiques ne
savaient pas trop sous quelle étiquette placer cette
formation musicale. Presque tous des jazzmen à l’origine,
les pianistes ne sont quand même pas tombés dans le panneau
de faire du jazz. Dès le départ, la musique était très
écrite « 90 pour cent écrit et 10 pour cent d’impro
», déclare dans la presse l’animateur du groupe, également
son imprésario, François Lindemann. Né à Lausanne en 1950,
ce dernier a été compositeur pour toutes les formations
qu’il a dirigées depuis plus de 25 ans. Il a notamment joué
avec Daniel Humair, Alvin
Queen et Erik
Truffaz.
Du jazz ? Du romantisme français nuancé de tango ? En fait,
le Piano Seven a toujours
cherché à faire de la musique pour piano du XXe siècle, un
siècle qui a connu Ravel, Stravinski
et les Beatles. Lindemann se sent proche des deux premiers ;
aux Beatles, il préfère Coltrane et Hendrix. Les
compositions s’inspirent en effet de divers langages et
styles musicaux, mais si parfois certains morceaux
rappellent le boléro ou les formules de Milhaud, l’écriture
bien structurée fait son petit bonhomme de chemin.
La première mouture de Piano Seven
s’appuyait sur les duos existants, les cinq autres musiciens
sur scène se contentaient d’accompagner. Ainsi, il a fallu
par la suite contourner les difficultés
au niveau de l’écriture. C’est-à-dire écrire parfois comme
pour un orchestre symphonique : deux musiciens jouent les
basses, deux des contre-chants, deux dans les médiums, un
dans les aigus. Dans d’autres cas, on peut faire jouer
chaque piano sur toute son étendue, et c’est plus difficile.
Au fur et à mesure, le groupe règle ses problèmes
acoustiques et affine son répertoire. Il a tracé une
trajectoire grandiose, des bistrots de Lausanne à la Grande
Muraille de Chine, avec à son actif 7 créations, 6 disques,
une vidéo et un DVD. Tous les trois ans, il propose une
nouvelle création, dont la toute dernière, un spectacle
comprenant 7 pianistes, un percussionniste et un trio de
cuivres.
A
ne pas rater.
Dalia
Chams