Danse .
En coopération avec le duo de Piano Horus, la compagnie du
Ballet allemand de Mannheim présente Goldberg Variations.
Des scènes de danse sur des airs de Bach.
Bach aux airs zen
Des
mélodies apaisantes, douces, émanent du jeu de quatre mains
qui se croisent sur le piano. L’esprit se détend … Il s’agit
d’une œuvre pour clavecin à deux claviers sous le titre de
Goldberg Variations (les variations Goldberg) composée au
18e siècle par Johann Sebastian Bach, compositeur du Roi de
Pologne et Prince Electeur de Saxe, maître de Chapelle et
directeur de la musique à Leipzig. L’œuvre est basée sur une
aria, suivie de trente variations et d’un retour de l’aria.
En fait, les Variations Goldberg furent écrites vers 1741
pour distraire les nuits d’insomnie du comte Keyserling, et
être jouées par son claveciniste Johann Gottlieb Goldberg,
élève de Bach.
Touché et inspiré par ces compositions et son histoire, le
chorégraphe américain, résidant en Allemagne, également
directeur du Ballet du Théâtre national de Mannheim, Kevin
O’Day, les traduit en des scènes de danse portant le même
titre. Créé en 2004 avec la coopération de Dominique Dumais,
chorégraphe assistante, et accompagnée par le duo du Piano
Horus (un couple composé de l’Egyptien Ahmad Abou-Zahra et
sa femme norvégienne Nora Emödy), le spectacle, qui sera
donné au Caire et à Alexandrie, constitue une œuvre du
répertoire de la compagnie du Ballet Mannheim.
O’Day a réussi à donner la première de Goldberg Variations à
Mannheim ainsi que la première d’Igor Poems (poèmes d’Igor)
par le Ballet de Stuttgart dans une période de deux
semaines. Son énergie et sa créativité qui se transmettent
rapidement sur scène lui procurent le titre de Turbo Kevin.
Mais pour lui, il sait que son travail en tant que
chorégraphe fleurit toujours au Théâtre national de
Mannheim, dont l’objectif est de créer des œuvres de nos
jours qui s’adressent à un large public à travers un
répertoire assez varié. Le ballet de Mannheim cherche plutôt
l’originalité de la danse et rejette la chorégraphie limitée
à des formes communes. « Travailler dans ce théâtre m’a
donné la chance de réaliser une vision continue », explique
O’Day qui refuse, au niveau de son style, d’être classifié.
« Le climat de danse en Allemagne permet aux artistes de
prendre toujours des risques », souligne O’Day.
Dans les Variations Goldberg, ce fut l’occasion d’aller
encore plus loin et de puiser dans d’autres cultures et
mythes. « La musique de Johann Sebastian Bach semble être
définie par une intervention divine. Elle est pleine de
spiritualité et d’une transcendante énergie. Les Variations
Goldberg sont connues comme une œuvre écrite pour une
personne cherchant la paix et la tranquillité au moment où
il souffre d’insomnie. Une maladie pareille mène à
l’inquiétude et cela peut être guéri par la méditation et le
zen (le zen japonais est une forme de bouddhisme qui mène à
une méditation silencieuse ou une illumination intérieure).
Des parallèles à cette analogie peuvent exister dans
différentes cultures. C’est une contemplation de pureté, une
expression de l’idée de la perfection ».
C’est ainsi qu’O’Day introduit son spectacle dans lequel il
a cherché à refléter la simplicité de la musique du piano et
sa qualité. « Cette réflexion m’a donné l’idée d’un jardin
de zen. Son humanité et sa fatalité s’accordent alors avec
notre temps et espace ». Sur les planches, on ne trouve pas
de jardin original de zen. Mais une interprétation de la
musique de Bach à travers cette philosophie.
May
Sélim