Can 2008 .
Après sa qualification pour les quarts de finale, le
technicien français de la Côte-d’Ivoire,
Gérard Gili,
nous fait revivre les performances des Eléphants, et
fait ses pronostics.
« Notre objectif est de devenir champions d’Afrique »
Al-Ahram
Hebdo : Le groupe B (Nigeria, Bénin et Mali) était annoncé
comme l’un des plus difficiles, vous vous êtes néanmoins
garanti une place en quarts de finale avant même de jouer le
troisième match contre le Mali …
Gérard Gili :
Au début, entrer dans une compétition est toujours
difficile. Le résultat du premier match est toujours très
important et donne une grande option, surtout dans une
compétition majeure comme la CAN, et permet d’aborder
sereinement les autres matchs. Notre premier match en CAN
était contre le Nigeria, un des grands favoris de l’épreuve.
Une équipe qui développe un football de qualité et de très
haut niveau. Nous nous sommes bien préparés pour le match et
nous étions bien concentrés. Avec toute ma considération
pour l’équipe nigériane, nous étions sûrs de pouvoir gagner
et ça a été. Nous avons réussi à confirmer notre victoire
face aux Super Eagles nigérians, que nous avions battus sur
le même score (1-0) à la dernière CAN en Egypte. Loin de
notre victoire, je salue l’esprit combatif des joueurs
nigérians comme je salue la performance de nos joueurs.
— Et le match face au Bénin …
—
Le match du Bénin était plus facile que celui du Nigeria,
parce que nos joueurs étaient sérieux, n’ont pas sous-estimé
leurs adversaires béninois et ne les ont pas pris à la
légère. Je leur ai expliqué avant le match que le Bénin est
une bonne équipe qui a de grandes qualités et une
organisation sans faille ; et que pour gagner ce match nous
devons jouer contre les Ecureuils béninois avec la même
détermination et le même engagement que contre les Aigles du
Nigeria, ils l’ont fait et nous avons gagné les 3 points qui
nous ont offert la qualification pour les quarts de finale.
— Quels sont vos pronostics pour les prochains tours ?
— Nous allons continuer à travailler car pour remporter la
coupe il faut gagner tous nos matchs à partir des quarts de
finale. Les Ivoiriens montent en puissance au fur et à
mesure des matchs. Ils devront donner le maximum pour gagner
cette compétition. Loin des pronostics, j’espère que tous
les Ivoiriens feront mieux que la dernière édition en 2006,
où nous étions finalistes. En 2008, notre objectif est de
devenir champions d’Afrique. Je souhaite que nous
continuions notre chevauchée victorieuse pour aller jusqu’au
bout de la compétition et mériter le titre de champions
d’Afrique. Le niveau de cette édition est élevé mais je
pense que les favoris sont le Ghana qui a de bons joueurs,
plus l’avantage de jouer à domicile, mais aussi le Cameroun,
l’Egypte et la Côte-d’Ivoire.
— Votre nomination à la tête du staff technique des
Eléphants est intervenue juste avant la CAN, cela vous
a-t-il posé problème ?
— Oui, c’est vrai. La Fédération ivoirienne de football m’a
appelé avant la CAN à la place de l’Allemand Ulli Stielike,
qui a dû partir suite à la maladie de son fils. Je
connaissais le groupe des joueurs et j’ai travaillé avec eux
depuis que j’étais adjoint d’Henri Michel. Nous avions
participé à la CAN 2006 et à la Coupe du monde en Allemagne.
A mon arrivée à la tête de l’équipe, j’ai mis un programme
de préparation correspondant au temps qui restait avant la
CAN.
— Mais après le départ d’Henri Michel, vous aviez refusé
d’être candidat à sa succession ...
— J’avais refusé pour me consacrer à la sélection olympique
ivoirienne et la qualifier pour les Jeux olympiques de Pékin
2008, ce que j’ai réussi à faire.
— Un mot sur la performance de la sélection égyptienne ...
— Comme je l’ai dit, les Pharaons sont parmi les grands
favoris de cette CAN. Ils possèdent une équipe puissante.
Leur entraîneur Hassan Chéhata est un bon technicien et
l’effectif comprend de bons joueurs comme Ahmad Hassan,
Zidan, Abou-Treika, Abd-Rabbo et d’autres. Ils ont aussi un
bon gardien, Al-Hadari, un portier capable de bien défendre
sa cage. Ils ont tout pour aller loin dans cette CAN.
— Vous étiez le sélectionneur de l’Egypte lors de la CAN
2000 qui s’était déroulée aussi au Ghana en co-organisation
avec le Nigeria et vous avez terminé 5e. D’après vous,
quelle est la différence entre votre travail avec la
sélection égyptienne au Nigeria-Ghana 2000 et la sélection
ivoirienne au Ghana 2008 ?
— Travailler avec l’Egypte était très difficile pour moi et
je crois qu’il est difficile aussi pour tous les entraîneurs
étrangers qui viennent travailler en Egypte, surtout avec
l’équipe nationale.
Les Ivoiriens sont plus proches de la France. Il y a
beaucoup d’Ivoiriens qui ont été formés dans les centres
techniques en France, puis ils ont évolué avec des clubs
français. De retour dans leur pays, ces Ivoiriens ont
transmis ce qu’ils ont appris de la France et ont transmis
le vrai professionnalisme à leur pays.
La Fédération ivoirienne et le football ivoirien ressemblent
beaucoup à ceux de la France. Ils sont bien organisés. Par
exemple la FIF (Fédération Ivoirienne de Football) a un DTN
(Direction Technique Nationale) qui aide l’entraîneur à bien
faire son travail en lui donnant toutes les informations
utiles concernant tous les joueurs. Je n’ai pas trouvé cela
du tout lorsque je travaillais avec l’équipe nationale
égyptienne.
Propos recueillis par
Amr Moheb