Can 2008 .
La Confédération Africaine de Football (CAF) a ouvert une
enquête sur deux scandales de trucages de matchs mettant en
cause le Bénin et la Namibie. Une première en Coupe
d’Afrique.
Des ombres au tableau
C’est
le sélectionneur allemand du Bénin, Reinhard Fabisch, qui a
donné l’alarme. En effet, en révélant qu’il avait été
personnellement contacté et avait reçu une proposition de
perdre un match en contrepartie d’une somme d’argent, il
jette une ombre sur les festivités de la Coupe d’Afrique des
Nations (CAN). « Quelqu’un m’a appelé me disant qu’il était
un représentant d’une compagnie située à Singapour, et m’a
proposé de perdre le match face au Mali lors de la première
journée de la phase de poule. Il m’a proposé une somme de 20
000 dollars et m’a demandé de choisir deux joueurs pour
m’aider dans ma tâche en me proposant d’essayer de concéder
des penalties. J’ai bien sûr refusé et je l’ai menacé
d’appeler la police », raconte le technicien allemand.
Ironie du sort, le Bénin perd son match d’ouverture face au
Mali 1-0 à l’issue d’un penalty de Frédéric Kanoute.
Et ce ne fut qu’une semaine après que la Namibie eut révélé
un autre scandale. « Mes joueurs ont été contactés par une
personne qui leur a offert 30 000 dollars pour perdre le
dernier match face à la Guinée. Ils sont venus immédiatement
me le dire et j’en suis très fier », a déclaré le président
de la Fédération namibienne de football, John Muinjo. La
Confédération Africaine de Football (CAF), de son côté,
embarrassée par ces déclarations, a immédiatement décidé
d’agir. « Nous sommes très inquiets par ces déclarations et
deux enquêtes ont été ouvertes », a confirmé le porte-parole
de la CAF, Soulemine Hubouba. Ce dernier a aussi tenu à
rassurer que les manœuvres de trucage de match en Afrique ne
sont pas fréquentes. Et il dit
vrai. C’est la première fois que de telles offres sont en
effet révélées sur le continent. Contrairement à l’Asie, où
de grosses sociétés de paris font tourner des millions,
voire des milliards de dollars. Mais aussi l’Europe et
l’Amérique. L’Afrique avait jusqu’à présent été
épargnée.
La progression du football africain attire de plus en plus
de spectateurs et par conséquent d’investissements et
d’agents, d’autant plus que le continent comprend maintenant
des vedettes de gros calibres telles que Didier Drogba
(Côte-d’Ivoire), Michael Essien (Ghana) et Samuel Eto’o
(Cameroun). « Je pense que les agents pensent que les
joueurs africains sont vulnérables à ce genre d’offres, car
ils n’ont pas d’argent. C’est pour cette raison que les
petites nations telles que le Bénin sont des cibles idéales.
Ce sont des manipulations très graves et il faut que les
dirigeants restent en alerte pour éradiquer ces manœuvres »,
ajoute Fabisch. Les responsables de la CAF devront agir vite
avant que ces trucages ne trouvent une terre fertile sur le
continent, dont plusieurs nations manquent encore
cruellement de ressources .
Karim
Farouk