Journée Nationale de l’Environnement .
Célébrée depuis 11 ans le 27 janvier, elle a cette année été
marquée par l’implication du Centre culturel Saqiet Al-Sawi.
Avec pour thème : « Les ONG abordent concrètement les
changements climatiques ».
L’union fait la force
Le
bureau arabe pour la Jeunesse et l’Environnement (BAJE), le
Conseil national de la femme, le Centre culturel Saqiet
Al-Sawi, le programme égyptien pour l’éducation
environnementale (E3OP), Coca-Cola et Tetra Pak ont décidé
de s’unir pour célébrer la Journée nationale de
l’environnement le 27 janvier. Cet événement est à l’origine
une initiative lancée par le Baje en 1997 afin de commémorer
la signature par le président Moubarak, le 27 janvier de la
même année, de la première loi sur l’environnement en Egypte
(loi 4 de l’année 1994).
Cela fait donc maintenant 11 ans que le Baje organise les
festivités avec chaque fois un colloque sur un thème précis,
auquel assistent le ministre de l’Environnement, les ONG,
les experts et les médias. Le thème de 2008 « Les ONG
abordent concrètement les changements climatiques » lie le
local au global puisque l’Egypte figure parmi les pays qui
souffriront le plus des changements climatiques, surtout
dans le Delta du Nil, en raison de l’élévation du niveau de
la mer.
Cette année, le Baje a formé un partenariat avec le
programme des microcrédits dépendant du Programme des
Nations-Unies pour le Développement (PNUD). Ce programme,
entamé en Egypte en 1992, a permis de financer de nombreux
projets liés aux changements climatiques, et appliqués par
plus de 100 ONG. « Pour la promotion des chauffe-eau
solaires, le Pnud a financé 28 projets pour un coût de 700
000 dollars. Dans la promotion de l’utilisation des vélos
comme moyen de transport, il a financé 12 projets d’un coût
de 265 000 dollars. 170 000 dollars ont aussi été consacrés
à des projets de conversion au gaz naturel des véhicules
dans 5 gouvernorats », explique le Dr Emadeddine Adli,
président du Baje.
Le Centre culturel Saqiet Al-Sawi, au Caire, s’inscrit
pareillement dans le programme des manifestations de la
Journée nationale de l’environnement. Le 27 janvier, il a
lancé la campagne « Notre environnement est notre vie » en
collaboration avec l’Agence américaine pour le développement
international (USAID), le ministère de l’Education et le
ministère de l’Environnement. L’idée de cette campagne, qui
doit durer un an, a vu le jour en septembre dernier au cours
d’un atelier de travail organisé par l’E3OP dans la station
balnéaire de Aïn Al-Sokhna sur la mer Rouge. « L’idée de
consacrer une campagne à l’éducation environnementale m’a
beaucoup plu. Nos jeunes ont besoin d’être sensibilisés et
c’est en fait un de nos rôles essentiels », indique Mohamad
Al-Sawi du centre Saqiet Al-Sawi. Pour injecter une dose
d’humour à cette campagne, le « To be or not to be » de
Shakespeare est devenu « To biä or not to biä » (biä voulant
dire environnement en arabe). « Notre projet ne dure que
deux ans et vise à trouver des moyens de garantir la
durabilité de nos initiatives. Je crois que notre
partenariat avec Saqiet Al-Sawi remplit à 100 % nos
ambitions », commente Cheryl Groff, directrice de l’E3OP.
Selon elle, le centre est réputé pour le sérieux de ses
initiatives et Mohamad Al-Sawi, une fois convaincu par une
idée, se montre très généreux non seulement sur les finances
mais aussi sur les idées et les efforts. La campagne
consiste à consacrer un jour par mois à l’environnement et
le lier autant que possible à une journée internationale. Le
thème du mois de mars sera celui de l’eau puisque le 22 du
même mois correspond à la Journée mondiale de l’eau. Le
thème du mois de mai sera celui des réserves naturelles et
de la diversité biologique, car le 22 est la Journée
mondiale de la biodiversité.
La préparation de la campagne est, quant à elle, le fruit du
travail collectif d’un comité formé par Saqiet Al-Sawi et
l’E3OP et qui a regroupé des représentants du secteur privé,
des ONG, des ministères de l’Education, de l’Environnement,
et des figures publiques. « Ce comité se réunit
régulièrement pour préparer les journées de l’environnement
prévues à Saqiet Al-Sawi, c’est donc un travail collectif
dans lequel chacun déploie beaucoup d’efforts pour le bien
de nos enfants, de nous-mêmes et des générations à venir »,
explique Héba Al-Melligui, chargée de la communication et de
la participation communautaires à l’E3OP.
Le secteur privé convaincu de ses responsabilités
Selon
Dr Hassan Abou-Bakr, directeur adjoint de l’E3OP au centre
Al-Sawi, la journée du 27 janvier cible les enfants qui ont
participé à des activités scientifiques, ludiques et
théâtrales. Les plus grands ont suivi un colloque sur les
législations environnementales avec des experts comme Dr
Moustapha Kamal Tolba, l’ex-procureur général, Abdel-Aziz
Al-Guindi et le président de l’Association des écrivains de
l’environnement et du développement, Fawzi Abdel-Halim.
A souligner de plus que le secteur privé semble désormais
convaincu de ses responsabilités environnementales. « Nous
sommes partenaires de l’E3OP depuis le début et avons
participé à l’atelier de Aïn Al-Sokhna où l’on a abordé le
sujet de la responsabilité sociale du secteur privé. C’est
pourquoi, je veux assurer que le secteur privé est prêt à
prendre ses responsabilités et financer des projets sérieux
de sensibilisation, de recyclage ou d’amélioration de
l’environnement en général », explique Sameh Samaane,
responsable de l’environnement à Tetra Pak, société
internationale d’emballage agro-alimentaire. Elle est passée
à l’action en annonçant le lancement des prix Médias Verts,
compétition en deux catégories : une pour les journalistes
et les photographes avec deux prix, 20 000 L.E. et 10 000
L.E. respectivement pour les deux meilleurs articles et les
deux meilleures photos journalistiques. La deuxième
catégorie est consacrée aux documentaires avec deux prix de
30 000 L.E. et 20 000 L.E. Parallèlement, l’E3OP propose un
prix spécial de 10 000 L.E. pour les articles sur
l’éducation environnementale.
Avec Tetra Pak, Coca-Cola déploie également des efforts
puisqu’il sponsorise par exemple la campagne de
sensibilisation sur la radio Nogoum FM, ainsi que plusieurs
autres initiatives. « Nous sommes en partenariat avec le
ministère de l’Environnement et maintenant avec Saqiet
Al-Sawi et l’E3OP. Nous sommes prêts à davantage de
partenariats, spécialement dans l’environnement pour le bien
de notre planète. Nous mettons actuellement les dernières
touches à un projet environnemental conjoint à plusieurs
sociétés », explique Ghada Abdel-Hamid Makadi, chargée de
communication chez Coca-Cola. Une prise de conscience toute
nouvelle en Egypte. Elle doit maintenant prouver sa
durabilité.
Dalia
Abdel-Salam