Al-Ahram Hebdo, Egypte | Une vie au service du citoyen
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 Semaine du 30 janvier au 5 Février 2008, numéro 699

 

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Egypte

Hommage . L’ancien premier ministre Aziz Sedqi est décédé cette semaine à l’âge de 88 ans. Il était l’un des pionniers de l’industrie égyptienne et un fervent opposant à la politique de privatisation.

Une vie au service du citoyen

Le père de l’industrie égyptienne. C’est ainsi qu’on avait coutume de surnommer Aziz Sedqi tant cet homme dévoué a contribué à jeter les bases de l’industrie égyptienne dans les années 1960. Sedqi a rendu l’âme vendredi à Paris à l’âge de 88 ans, alors qu’il était traité des complications d’une diarrhée.

Né en 1920, Aziz Sedqi obtient une licence de la faculté d’ingénierie en 1944 puis un doctorat en 1946 dans la planification régionale et industrielle. Sedqi occupera plusieurs postes au sein du gouvernement. En 1952, il est nommé conseillé technique du président de la République. Et en 1956, l’ancien président Gamal Abdel-Nasser le nomme au poste de ministre de l’Industrie, alors qu’il n’avait même pas 36 ans. Durant des années, Aziz Sedqi a travaillé durement pour créer l’infrastructure de l’industrie égyptienne créée à l’époque de Nasser. Sous sa supervision, des complexes industriels pétrochimiques et sidérurgiques ont été créés, de même que de nombreuses usines de filature. En 1972, le président Sadate le nomme au poste de chef du gouvernement durant l’une des périodes les plus délicates de l’Egypte moderne ayant précédé la guerre du 6 Octobre 1973. Sedqi parvient à gérer la crise économique qui prévalait à cette époque. « Je suis parvenu à fournir une réserve stratégique de 4 mois des produits de première nécessité et ceci en diminuant les dépenses gouvernementales ». En 1983, le président Moubarak lui décerne l’insigne de la République.

Après tout ce travail, Sedqi s’éloigne de la vie politique pendant plus de 30 ans. En 2004, il revient, mais en opposant à la politique du régime actuel. Sa première apparition sur la scène politique, il l’a réalisée au Syndicat des ingénieurs, en 2004, lorsque son nom a été proposé pour présider le syndicat. Mais la tutelle judiciaire imposée à l’établissement le prive de ce poste. Son but essentiel était de faire face à la corruption qui, selon lui, s‘est propagée partout. « Le mutisme actuel du pays est un crime. La plupart des catastrophes dont souffre l’Egypte sont dues au mutisme des gens », affirmait Aziz Sedqi dans un entretien accordé à la presse. En 2005, il intègre Kéfaya, un mouvement d’opposition ralliant des militants de plusieurs tendances allant de la gauche aux islamistes. Il intègre de même le Front national pour la démocratie, un autre mouvement d’opposition ralliant des personnalités politiques, des intellectuels et des journalistes. Aziz Sedqi a toujours défendu l’époque à laquelle il appartenait. Celle des années 1960. Il s’est élevé à plusieurs reprises contre le programme de privatisation initié par le gouvernement et a défendu la cause des plus démunis. Sedqi a toujours cherché à faire entendre sa voix et ne laissait pas passer une occasion d’exprimer son mécontentement face à la politique actuelle.

Des funérailles militaires ont été tenues dimanche en hommage à Aziz Sedqi, en présence de délégués du président Moubarak, des forces armées, des ministres ainsi que des personnalités publiques .

Sabah Sabet

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