Hommage .
L’ancien premier ministre Aziz Sedqi est décédé cette
semaine à l’âge de 88 ans. Il était l’un des pionniers de
l’industrie égyptienne et un fervent opposant à la politique
de privatisation.
Une vie au service du citoyen
Le
père de l’industrie égyptienne. C’est ainsi qu’on avait
coutume de surnommer Aziz Sedqi tant cet homme dévoué a
contribué à jeter les bases de l’industrie égyptienne dans
les années 1960. Sedqi a rendu l’âme vendredi à Paris à
l’âge de 88 ans, alors qu’il était traité des complications
d’une diarrhée.
Né en 1920, Aziz Sedqi obtient une licence de la faculté
d’ingénierie en 1944 puis un doctorat en 1946 dans la
planification régionale et industrielle. Sedqi occupera
plusieurs postes au sein du gouvernement. En 1952, il est
nommé conseillé technique du président de la République. Et
en 1956, l’ancien président Gamal Abdel-Nasser le nomme au
poste de ministre de l’Industrie, alors qu’il n’avait même
pas 36 ans. Durant des années, Aziz Sedqi a travaillé
durement pour créer l’infrastructure de l’industrie
égyptienne créée à l’époque de Nasser. Sous sa supervision,
des complexes industriels pétrochimiques et sidérurgiques
ont été créés, de même que de nombreuses usines de filature.
En 1972, le président Sadate le nomme au poste de chef du
gouvernement durant l’une des périodes les plus délicates de
l’Egypte moderne ayant précédé la guerre du 6 Octobre 1973.
Sedqi parvient à gérer la crise économique qui prévalait à
cette époque. « Je suis parvenu à fournir une réserve
stratégique de 4 mois des produits de première nécessité et
ceci en diminuant les dépenses gouvernementales ». En 1983,
le président Moubarak lui décerne l’insigne de la
République.
Après tout ce travail, Sedqi s’éloigne de la vie politique
pendant plus de 30 ans. En 2004, il revient, mais en
opposant à la politique du régime actuel. Sa première
apparition sur la scène politique, il l’a réalisée au
Syndicat des ingénieurs, en 2004, lorsque son nom a été
proposé pour présider le syndicat. Mais la tutelle
judiciaire imposée à l’établissement le prive de ce poste.
Son but essentiel était de faire face à la corruption qui,
selon lui, s‘est propagée partout. « Le mutisme actuel du
pays est un crime. La plupart des catastrophes dont souffre
l’Egypte sont dues au mutisme des gens », affirmait Aziz
Sedqi dans un entretien accordé à la presse. En 2005, il
intègre Kéfaya, un mouvement d’opposition ralliant des
militants de plusieurs tendances allant de la gauche aux
islamistes. Il intègre de même le Front national pour la
démocratie, un autre mouvement d’opposition ralliant des
personnalités politiques, des intellectuels et des
journalistes. Aziz Sedqi a toujours défendu l’époque à
laquelle il appartenait. Celle des années 1960. Il s’est
élevé à plusieurs reprises contre le programme de
privatisation initié par le gouvernement et a défendu la
cause des plus démunis. Sedqi a toujours cherché à faire
entendre sa voix et ne laissait pas passer une occasion
d’exprimer son mécontentement face à la politique actuelle.
Des funérailles militaires ont été tenues dimanche en
hommage à Aziz Sedqi, en présence de délégués du président
Moubarak, des forces armées, des ministres ainsi que des
personnalités publiques .
Sabah
Sabet