Médecins.
Le cadre salarial qui leur avait été promis a été troqué
contre un projet ministériel d’amélioration des salaires,
très en deçà de leurs attentes.
Après l’espoir la déception
Le mécontentement est général chez les médecins suite à
l’annonce d’un nouveau projet pour l’amélioration des
salaires qui omet les récentes promesses du ministère de la
Santé.
« Le ministère de la Santé nous a promis une augmentation
des salaires de l’ensemble des médecins travaillant pour le
secteur public. Or, ce projet est loin de réaliser
l’amélioration des conditions de vie et de travail des
médecins », dénonce Hamdi Al-Sayed, président du Syndicat
des médecins. Sa réaction était d’appeler à la tenue d’une
assemblée générale début février au siège du syndicat pour
mettre au point une liste de revendications à soumettre au
ministre de la Santé, Hatem Al-Gabali. « Les augmentations
salariales prévues conformément au dit plan obéissent à un
arrêté ministériel et non à une loi adoptée par le
Parlement. Ce qui veut dire qu’elles pourraient être
facilement annulées au prochain remaniement ministériel. Il
n’a pas de garantie », note encore Al-Sayed.
La décision de prévoir une augmentation salariale pour
l’ensemble des médecins a été envisagée par le ministère de
la Santé, suite à une grogne générale qui a gagné le corps
médical et qui s’est soldée par une série de manifestations
en l’été 2006. Les médecins réclamaient un cadre salarial
spécial au-dessus de la moyenne des fonctionnaires à
l’instar de celui accordé récemment aux enseignants. Les
doléances des médecins ont été exprimées dans des lettres
ouvertes adressées au président de la République et au
premier ministre.
Le cadre salarial promis prévoyait une augmentation de 600 à
1 000 % des salaires des médecins qui travaillent dans les
hôpitaux publics des zones lointaines, ainsi que le
développement des résidences des médecins à la campagne et
dans les provinces qui se trouvent actuellement dans un état
lamentable. En outre, des primes représentant 100 % du
salaire de base étaient promises à tout médecin qui ne
possède pas de cabinet privé. Des promesses auxquelles ne
fait aucune allusion le nouveau projet présenté par le
ministère.
Le Syndicat des médecins compte 175 000 membres, dont 75 %
ont moins de 10 ans d’exercice. Le salaire de base mensuel
d’un médecin débutant est autour de 200 L.E., le syndicat
réclame au moins 500 L.E. « Ce projet ne prévoit aucune
augmentation des salaires de base pour les médecins
débutants lesquels, normalement, en ont plus besoin que
leurs vieux confrères. Seuls les médecins qui ont un
magistère ou un doctorat bénéficieraient d’une augmentation
de 10 %. Personne ne réalise que pour poursuivre des études
supérieures, on a besoin d’investir des sommes importantes
», critique Ossama Raslane, secrétaire général du Syndicat
des médecins.
Du côté du ministère, on refuse de parler de promesses non
tenues. « Pour répondre favorablement aux revendications
salariales des médecins, le budget annuel alloué au secteur
de la santé devra passer de 4,8 à 5,8 milliards de L.E. Ce
milliard de livres sera épargné grâce à la nouvelle
politique visant à la rationalisation des subventions. Cette
politique sera mise en place en moins d’un an. Les médecins
n’ont qu’à patienter », explique Ahmad Adel, responsable au
ministère de la Santé.
Les médecins, eux, pensent que leur statut financier aura un
impact négatif sur l’avenir de la profession en Egypte. « Si
le gouvernement persiste dans cette voie dangereuse, nous ne
nous laisserons pas faire. Nous sommes prêts à reprendre de
plus belle les grèves et les sit-in », menace Hamdi Al-Sayed.
Des scénarios à répétitions qui gagnent pas mal de secteurs
de la fonction publique, forçant parfois l’Etat à promettre
ce qu’il ne pourra pas offrir.
Marianne Youssef