3 questions à
Yéhia Abdel-Hadi, ex-président de Benzion
« La location des succursales est une bonne
solution »
Al-Ahram Hebdo : Après la vente de Omar Effendi, à laquelle
vous étiez opposé, le gouvernement envisage de vendre 4
autres chaînes de magasins, mais en louant les succursales à
l’acheteur. Qu’en dites-vous ?
Yéhia Abdel-Hadi :
J’estime que la méthode est bonne. J’ai appelé le
gouvernement à appliquer ce système au moment de la vente de
Omar Effendi. Car en louant les succursales, le gouvernement
sera en mesure de résoudre le problème des succursales
inadaptées sans pour autant perdre les actifs considérés
comme une richesse.
— Mais estimez-vous que le gouvernement a atteint ses
objectifs avec la vente de Omar Effendi ?
— La modernisation de Omar Effendi observée ces derniers
mois m’importe peu. Ce qui est vraiment important est le
différend déclenché il y a quelques mois entre la Holding de
commerce intérieur et l’investisseur saoudien Anwal à propos
de l’application des clauses du contrat susceptibles de
menacer la nature de l’activité commerciale de la chaîne.
Ces 8 derniers mois, sous la gestion d’Anwal, Omar Effendi a
en effet perdu 380 millions de L.E., et l’investisseur
saoudien peut avancer cette mauvaise performance pour se
débarrasser de certaines succursales.
— Quelles seraient les conséquences d’une telle décision ?
— Ces pertes pourraient être le prétexte à un plan visant à
réduire à 26, contre 69 aujourd’hui, le nombre de
succursales. Ce qui permettra la réalisation d’énormes
profits pour le propriétaire saoudien, lequel récupérera
presque la somme déboursée pour l’achat de Omar Effendi. Et
ce alors que des concurrents comme Carrefour n’ont que 3
branches. Une telle transaction est possible, car le contrat
de vente de Omar Effendi contient une clause donnant le
droit à l’acheteur de céder une succursale sans
l’approbation de la Holding de commerce intérieur. Or, la
holding possède 10 % de Omar Effendi et doit donc assumer 10
% des 380 millions de livres de pertes. Si elle ne peut pas
payer, elle sera obligée de vendre sa part à Anwal qui
deviendra l’unique propriétaire de Omar
Effendi .