Célébration .
Pour marquer ses 50 ans de relations diplomatiques avec l’Egypte,
le Mexique organise tout au long de l’année divers
événements, au Caire et à Alexandrie, pour mieux faire
connaître sa diversité culturelle.
Le Mexique fait son numéro
C’est
un pays où les gratte-ciel s’élèvent à côté des pyramides
millénaires. Un pays où le temps est circulaire, où la
télévision et les chanteurs populaires sont omniprésents, et
où l’on met sur les tombes des fleurs jaunes : le Mexique.
En fait, à travers les activités culturelles prévues tout au
long de l’an 2008 par son ambassade au Caire, afin de
célébrer 50 ans de relations diplomatiques entre l’Egypte et
le Mexique, l’on tente de dresser une image plus nuancée du
pays, mettant en exergue son aspect contemporain. Ainsi
présente-t-on un Mexique allant au-delà des pyramides, du
peuple Maya, des princes aztèques et des ponchos
multicolores. Toutefois, l’âme du révolutionnaire Zapata
marque toujours les esprits.
On apprend à mieux connaître de grandes villes tourmentées
par la passion et la violence, telle Mexico City, à travers
une exposition d’art vidéo qui se tient au palais des arts à
l’Opéra, du 6 au 20 avril. L’architecture de cette mégacity,
ses couleurs et sa gastronomie nous proviennent jusqu’au
Caire, cette autre capitale millénaire et paradoxale. Ici,
les gens aussi peuvent se reconnaître dans cet état
passionné, tendu et tendre à la fois. Dans ces mondes
plusieurs, formant une seule identité !
En septembre prochain, précisément du 10 au 24, une
exposition multimédia montrera des splendeurs de
l’architecture ayant marqué les temps modernes. Avant, l’on
nous emmène dans les rues de la ville pour apprécier ses
bas-fonds, grâce à une autre exposition prévue dans la
citadelle de Qaïtbay à Alexandrie (entre le 17 juillet et le
17 août). « Les graphiques des rues de Mexico ». Humour
visuel, jeu de mots, imaginaire regroupant l’aztèque et le
catholique font tout le charme des photos captées par 30
photographes, durant plus de quatre ans, pour relever les
signes de cet art populaire ayant changé la face de la
ville, ses boutiques, ses véhicules, ses posters et ses
fenêtres. De nouveau, l’on se rend compte que ce qui fait la
force du pays aujourd’hui, c’est la fusion qui s’est
accomplie entre la tradition préhispanique et la
civilisation importée d’Europe. C’est un peu la synthèse des
cultures méso-américaine, hispanique et moderne.
Couleurs vibrantes et indigènes
Des maîtres photographes exposent en novembre des portraits
de Frida Kahlo (1907-1954), cette figure de proue de la
peinture mexicaine réputée pour ses autoportraits exprimant
ses peines. Les couleurs vibrantes et indigènes de cette
militante communiste nous transposent dans un pays des sens
comme le fait à sa manière l’écrivain cosmopolite Alberto
Ruy Sanchez qui sera l’invité de l’Union des écrivains
égyptiens en avril. Celui-ci nous raconte intensément des
histoires depuis un territoire beaucoup plus ample qu’un
pays, celui du désir, du rêve et de l’ailleurs. C’est encore
un Mexique plus atypique que l’on reconnaît dans son monde
onirique où foi, animisme et sorcellerie s’entrelacent.
Plus tard, au mois de décembre (du 5 au 15, à la galerie de
l’Opéra), l’artiste peintre Eugenia Marcos nous introduit le
Mexique dans un panier, avec ses fruits et légumes,
personnages principaux et symboliques de ses contes
modernes. Le marché excite le plus son imagination,
engendrant un Mexique frais et épicé. C’est peut-être le
même que celui qu’anime le quatuor de percussion Tambuco,
qui se produira au Caire et à Alexandrie en juillet
prochain. Fondé en 1993, le répertoire du groupe marie
percussions structuralistes, drums ethniques et vocalise
d’avant-garde. La réputation du quatuor a de loin dépassé
les frontières mexicaines tout comme celle de la soprano
Olivia Gorra qui chantera sur les planches de l’Opéra du
Caire (en avril), fascinante avec une flexibilité bel canto
indéniable.
Par contre, c’est la danse qui donnera le coup d’envoi à
cette année culturelle avec la présentation d’un ballet
classique de Prokofiev, Roméo et Juliette, les 30 et 31
janvier, ensuite les 1er et 3 février, au grand théâtre de
l’Opéra du Caire. Il s’agit d’une collaboration réussie
entre la Compagnie nationale de danse de Mexico, fondée en
1963, et celle de l’Opéra du Caire, fondée en 1966. Durant
ce même mois de février, d’autres spectacles de danse sont
au rendez-vous, avec la compagnie de Tania Perez Salas (le
12 février au théâtre Sayed Darwich d’Alexandrie, et le 14
et 15, au théâtre Gomhouriya, au Caire). Cette metteuse en
scène et chorégraphe, dont le travail se range plutôt sous
l’étiquette de la danse contemporaine, présente trois
spectacles sur le rapport entre femmes, l’amour voluptueux
et l’énergie spirituelle de l’eau. Trois thèmes dressant à
leur tour un autre portrait du Mexique .
Dalia
Chams