Can.
Le capitaine des Pharaons, Ahmad
Hassan, qui n’a pas joué le match d’ouverture face au
Cameroun pour cause de suspension, s’exprime sur les chances
de la sélection dans la compétition avant le match face au
Soudan.
« Il n’y a jamais eu un si grand nombre de concurrents en
grande forme »
Al-Ahram
Hebdo : A l’approche de la rencontre face au Soudan, samedi
prochain, ne craignez-vous pas les surprises du voisin du
sud ?
Ahmad Hassan :
En Coupe d’Afrique des nations, il faut se méfier de tous
les adversaires. Cela ne veut pas dire qu’on les craint,
mais plutôt qu’il faut les respecter. Ils ont pu battre la
Tunisie lors des éliminatoires et se sont qualifiés en
terminant à la tête de leur groupe. On se connaît très bien,
car les équipes de Merrikh et de Hilal, qui constituent la
totalité de la sélection du Soudan, ont joué à plusieurs
reprises contre Ahli, Zamalek et Ismaïli lors des deux
dernières années. On sait qu’ils sont forts, mais ce sera
plutôt à eux de nous craindre car ils jouent contre les
champions d’Afrique.
— Est-ce que ce titre de champion d’Afrique ne vous met
pas sous pression ?
— Personnellement, non car je suis déjà passé par cette
situation en 1998. Mais on doit être à la hauteur de la
tâche et présenter une performance digne d’un quintuple
champion d’Afrique. Mais ça posera des problèmes à quelques
joueurs et c’est à nous d’essayer de les contenir. L’unique
différence, c’est que l’adversaire s’acharne davantage
contre le tenant du titre, ce qui rendra nos rencontres plus
difficiles.
— Quel est le niveau du groupe en ce moment ?
— Nous n’avons pas encore atteint notre meilleur niveau
jusqu’à présent, mais je pense qu’avec la succession des
matchs on va progresser jusqu’à atteindre notre meilleur
niveau. Il y a des joueurs qui viennent à peine d’entrer en
jeu avec le groupe tels que Mohamad Abou-Treika, Ibrahim
Saïd et moi-même qui n’avons joué que très peu de rencontres
récemment. Il nous faut un ou deux matchs pour trouver notre
rythme.
— Quels sont les favoris du titre ?
— J’ai eu l’occasion de voir quelques matchs avant la CAN.
Il faut dire que cette année il y a beaucoup de candidats.
La Côte-d’Ivoire, le Cameroun, le Nigeria, la Tunisie, le
Maroc, le Sénégal et bien-sûr nous-mêmes. Il n’y avait
jamais eu un si grand nombre de concurrents en grande forme.
Ce sera sûrement une compétition très difficile, peut-être
même la plus difficile de toutes.
— En jouant face au Soudan, vous allez égaler le record
de l’Ivoirien Alain Gouaméné et de Hossam Hassan d’avoir
joué sept éditions de la CAN (1996–2008) ...
— Ça veut dire que j’ai beaucoup joué ! C’est bien-sûr un
grand honneur pour moi que mon nom s’inscrive dans le
registre des records de la CAN. Je pense que j’ai déployé un
énorme effort lors de ma carrière pour maintenir ma forme et
pouvoir me réserver une place permanente dans l’effectif des
Pharaons. Avec du recul, je m’aperçois que j’ai joué avec
beaucoup de générations et chacune avait des qualités
différentes, et elles ont toutes enrichi mon expérience.
— Pensez-vous que vous pourrez battre le record ?
— Je n’ai pas ça en tête, mais bien-sûr si cela arrivait, ce
serait génial. Je n’aime pas penser à la fin de ma carrière,
je préfère me concentrer sur le présent et intensifier mes
efforts pour garder ma forme le plus longtemps possible.
Maintenant, c’est la CAN et après on essayera de se
qualifier pour la Coupe du monde 2010.
Propos recueillis par Karim Farouk