Egypte-suisse.
La visite du président de la Confédération helvétique,
Pascal Couchepin, a été marquée par la signature d’une
déclaration d’intention entre les deux pays, pour lutter
contre le vol et le trafic illicite de biens culturels. Et
par une visite des chantiers de l’Institut suisse dont
l’activité est concentrée sur Assouan.
Les yeux braqués sur le Sud
A
l’opposé des autres instituts archéologiques, l’Institut
suisse des recherches architecturales et archéologiques au
Caire a décidé, depuis quelques années, de concentrer ses
activités uniquement sur deux régions : la ville d’Assouan
et l’Ile d’Eléphantine. « Notre institut n’est pas aussi
grand que les autres pour élargir nos travaux sur plusieurs
emplacements historiques. Et bien que l’institut traite
uniquement de deux régions, nos travaux sont immenses »,
commente Cornelius Von Pilgrim, directeur de l’institut.
Les égyptologues suisses ont établi un nouveau projet
archéologique à long terme, en coopération avec le Conseil
Suprême des Antiquités (CSA), couvrant en fait toute la
ville d’Assouan. Ceci tout en continuant leurs travaux de
fouilles, de restauration et de reconstitution à l’Ile d’Eléphantine
qui avaient déjà commencé en 1969. Selon le directeur, les
travaux de l’institut demeurent tout au long de l’année,
sans la moindre interruption pendant la saison chaude. Une
telle continuité leur donne la chance de recueillir
d’importantes informations non seulement sur le plan
archéologique mais encore sur le plan historique et
démographique, sans oublier l’évolution urbaine et
topographique au fil des années.
Selon Von Pilgrim, le projet de recherche archéologique dans
la ville d’Assouan serait le premier en son genre dans toute
l’Egypte. Il s’agit de la reconstitution des vestiges
archéologiques qui composent Syene, l’ancienne ville
d’Assouan, d’après la carte établie par les savants de
l’Expédition française.
Autre importance, c’est la découverte des anciennes
carrières de granit utilisées dans la construction des
obélisques, temples, stèles, et colonnes pharaoniques. « A
travers tous ces renseignements, nous avons inscrit
plusieurs détails de l’ancienne carte de la ville d’Assouan
ainsi que sa topographie et l’écoulement du fleuve. Mais il
en reste beaucoup à ajouter », assure Von Pilgrim.
Quant à l’île d’Eléphantine, les activités de l’institut
suisse varient entre relevés, fouilles, restauration,
reconstitution et conservation.
Les
premiers pas de l’institut ont eu lieu en 1969 sous
forme d’une collaboration entre celui-ci et l’Institut
allemand d’archéologie. A cette époque, tous les deux ont
mis au jour une ville du Nouvel Empire ainsi qu’un temple
dédié à la divinité Khnoum, annexé de quelques petits
temples gréco-romains. Mais vers les débuts des années 1980,
l’institut a installé une mission archéologique autonome qui
a révélé 250 blocs d’un temple osirien. Ces blocs étaient
exploités durant l’Epoque copte comme « fondations d’une
église qui s’est écroulée au fil du temps et dont nous
n’avons trouvé que le sol », explique Von Pilgrim. Les
membres de la mission n’avaient qu’à enlever cette fine
couche pour découvrir les blocs en question. Selon lui,
ceux-ci sont en bon état et conservent encore de claires
scènes gravées accompagnées d’inscriptions. Ainsi, la
reconstitution du temple d’Osiris sera la première
préoccupation de la mission pendant les prochaines années.
Les deux projets qui intéressent l’institut sont tellement
majeurs que le directeur ne pense pas commencer du travail
sur de nouveaux sites, surtout que ces projets enrichissent
au fur et à mesure l’histoire voire la connaissance de la
civilisation égyptienne.
Doaa
Elhami