Rencontre
avec le président suisse
Mohamed
Salmawy
Du
pouvoir de la femme
Salama
A. Salama
Bush dans la
région
Morsi
Attalla
Entre
perte de confiance et espoir d’une solution au Liban
Radwan Ziada
Edito
EDITO
Apaisement
Le
troisième anniversaire de la paix dans le Sud-Soudan intervient sur fond de
relations quelque peu apaisées entre les Nordistes et les ex-rebelles sudistes,
après une crise qui a fait resurgir le spectre de la guerre dans un pays déjà empêtré
dans le conflit du Darfour.
Contrairement
à 2007, aucune grande célébration n’a été organisée pour marquer la date du 9
janvier 2005, qui a vu le gouvernement de Khartoum et les rebelles sudistes
signer l’accord de paix globale (CPA). Cet accord a mis fin à une guerre civile
dans le Sud-Soudan qui a duré 21 ans, fait 1,5 million de morts au bas mot et
épuisé économiquement le Nord.
Cette paix reste fragile, ponctuée
d’attaques ponctuelles de tribus appuyées par Khartoum contre les ex-rebelles
sudistes du Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM). Voulu comme une
démonstration de solidité de cette paix, un grand meeting organisé l’an dernier
à Juba, capitale du Sud-Soudan, avait tourné à une empoignade publique entre le
président nordiste Omar Al-Béchir et le leader sudiste Salva Kiir. Ce dernier
avait accusé le Nord de ne pas appliquer le CPA. M. Béchir lui a retourné
l’accusation, reprochant aux Sudistes mauvaise gestion, corruption et
désorganisation. Depuis, les rapports n’ont cessé de se dégrader entre les deux
parties, culminant avec le retrait le 13 octobre des ministres sudistes du
gouvernement central pour protester contre le retard dans l’application du CPA.
La crise a duré plus de deux mois mais s’est achevée avec la réintégration des
Sudistes au gouvernement et un accord sur un calendrier d’application du CPA,
qui s’est concrétisé notamment par le retrait des forces nordistes le 1er
janvier de zones pétrolières dans le Sud.
Mais en dépit des proclamations de
foi, des questions épineuses restent à régler, comme le statut de la zone
d’Abiye, riche en pétrole et revendiquée par les deux parties, et le tracé des
frontières entre le Nord et le Sud. Les deux camps se sont employés ces
dernières semaines à apaiser la tension autour de la zone d’Abiye qui a connu
des affrontements meurtriers entre armée sudiste et tribus nordistes soutenues,
selon le SPLM, par des paramilitaires. Les relations futures dépendent du
règlement de cette question mais également de la manière dont sera traduite la
nouvelle entente, notamment dans le domaine de « la démocratisation » du
système politique, essentielle selon les Sudistes, pour rendre le choix de
l’unité attractif. Conformément au CPA, des élections générales doivent être
organisées en 2009 et un référendum deux ans plus tard doit permettre aux
Sudistes de décider de leur indépendance ou de rester dans un Soudan uni .