Du pouvoir de la femme
Salama A. Salama
Quand
Hillary Clinton a versé des larmes après avoir perdu les
élections préliminaires dans l’Iowa face à Barack Obama, les
Américains n’ont pas caché leur surprise. Ils se sont même
moqués d’elle en se demandant : Si le pays était en guerre
avec l’Iran ou la Corée du Nord, est-ce qu’elle aurait
affaire aux dirigeants de ces pays de cette façon ? Et une
journaliste anglaise d’écrire dans le Daily Telegraph : «
Hillary a déçu toutes les femmes du monde dans un combat où
les larmes sont inutiles », tandis qu’un journaliste
américain à écrit : « En général, les larmes de la femme
n’influencent pas les campagnes électorales ... mais elles
peuvent seulement influencer les relations d’amour ».
Depuis le début, l’entrée de Hillary Clinton dans la course
aux présidentielles n’était pas une chose habituelle dans
une société conservatrice. En effet, c’est la première fois
qu’une femme décide de s’engager dans un combat politique
qui nécessite tant de force, de résistance, de patience et
de férocité face à des situations où le dialogue peut
parfois baisser à des degrés très bas.
Or, les partisans de Hillary ont parié sur elle puisqu’elle
avait réussi à garder l’image de la femme de fer au
sang-froid quand son époux, l’ex-président américain vivait
le scandale de Monicagate. Pour eux, Hillary était capable
de s’engager dans cette expérience difficile et d’assumer la
charge de la perte ou du gain.
Il semble que le rêve de la femme de gouverner est très
ancien. Dans certaines communautés anciennes, la femme était
la mère et la dirigeante qui gérait toutes les affaires de
la tribu. Et là, l’homme était un simple travailleur dans sa
cour, il partait à la chasse et assurait la récolte pour en
fin de compte, tout mettre entre les mains de la femme.
Mais l’évolution des sociétés n’a pas permis à la femme de
bénéficier longtemps de cette situation, même si de temps en
temps elle a échangé les positions du pouvoir avec l’homme.
A travers les âges, l’Egypte a connu des reines, partant de
Hatchepsout à Néfertari, Cléopâtre et Chagaret Al-Dorr qui a
commandé les Mamelouks à l’époque islamique.
Et à l’époque moderne, les barrières avec l’homme ont
disparu et la femme a de nouveau eu envie d’accéder au
pouvoir. Dans de nombreux Etats européens, la femme a été
reine au pouvoir absolu, comme Victoria, ou au pouvoir
limité comme Elisabeth. Et dans un nombre d’Etats
scandinaves, la femme a occupé le poste de premier ministre.
En Grande-Bretagne, il y a eu Margaret Thatcher, la femme de
fer et aujourd’hui l’Allemagne est dirigée par la forte
Angela Merkel. Et en Argentine, le poste de président est
occupé par une femme.
Dans les Etats du tiers monde, abstraction faite de l’Inde,
du Bangladech et des Philippines, la femme n’a pas tenté
d’accéder au sommet du pouvoir, sauf au Pakistan. Benazir
Bhutto a été 2 fois premier ministre, et alors qu’elle
s’engageait dans la 3e tentative, elle a été assassinée par
les extrémistes islamiques.
Quant à l’Orient arabe, le rôle de la femme y reste limité
conformément à ce que l’homme veut ou ne veut pas. Dans le
meilleur des cas, la femme se faufile vers le pouvoir à
travers sa position auprès du président. Cette situation n’a
pas pour cause des raisons religieuses mais plutôt des
raisons d’arriération sociale et politique en plus de la
volonté de l’homme de s’accaparer du pouvoir. Chez nous,
l’engagement de la femme dans les législatives reste encore
une chose très difficile. Qu’en sera-t-il alors si elle
tente de déposer sa candidature aux présidentielles comme
Hillary ou si elle expose sa vie au danger comme Benazir ?