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Récompenses .
En plus du roman et de la nouvelle, la Fondation Sawirès a
élargi cette année ses prix au domaine du scénario, faisant la
part belle, comme à son habitude, aux écritures jeunes et
persévérantes.
Le
mécène de la culture prend confiance
Octroyé pour la première fois, le premier prix pour le scénario,
d’une valeur de 100 000 L.E., va à égalité au réalisateur Daoud
Abdel-Sayed pour son scénario Rasaël fil bahr (lettres à la mer)
et au scénariste Gamal Sedqi pour son scénario Al-Doniya helwa
(la vie est belle). Les deux textes partagent une même vision
critique de la réalité sociale égyptienne, tout en se centrant
sur la quête obstinée du bonheur, malgré les conditions de
violence extrêmes dans lesquelles vivent les femmes de La vie
est belle. Dans la section jeunes, le prix va, à égalité
également, à Ahmad Abdallah Al-Sayed, auteur du scénario de Fi
chaqqat Misr Al-Gadida (Dans l’appartement d’Héliopolis), depuis
porté à l’écran par Mohamad Khan, et Myriam Nabil Naoum pour
Wahed-Sefr, un texte qui tisse le devenir de huit personnages
autour du « Un-zéro » attendu lors d’un match de la Coupe
d’Afrique. Ces nouveaux prix pour le scénario marquent une
volonté d’élargissement qui s’est également traduite par le
changement de lieu pour la cérémonie de remise des prix. Le
public était plus nombreux que les années précédentes dans la
petite salle de l’Opéra du Caire, l’un des fiefs du ministère de
la Culture. La symbolique du lieu semblait marquer l’entrée
définitive des prix octroyés par la Fondation Sawirès pour le
développement social dans le paysage culturel, à égalité, si ce
n’est avec une longueur d’avance, sur le prix pour le meilleur
roman octroyé par le Conseil Suprême de la Culture (CSC). |
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Cette année, ce premier prix pour le roman, d’une valeur de
100 000 L.E., a été octroyé à Youssef Al-Qaïd pour son roman
Qassamat al-ghourama (le serment des adversaires). Auteur
prolifique, il a écrit plusieurs romans inspirés de sa
participation aux guerres de 1967 et 1973. Son roman Al-Harb
fi barr Misr (la guerre en terre d’Egypte), célébré par
Hamdi Abou-Goulayl, écrivain de la génération des années
1990, comme « un texte marquant, dont on peut difficilement
oublier les personnages et les événements », a été traduit
en 1990 chez Lattès sous le titre Masri, l’homme du Delta.
Si certains intellectuels, écrivains ou critiques
exprimaient leur déception ou leur surprise, d’autres
soulignaient leur satisfaction de voir Al-Qaïd enfin primé :
« Al-Qaïd n’a jamais reçu aucun prix, ni des institutions d’Etat,
ni du privé. Il était temps qu’il soit primé, et je suis
heureux qu’il l’ait été », conclut Abou-Goulayl. Mais il
semblerait que le jury ait fait, aussi, un choix politique,
Qassamat al-ghourama étant un texte célébrant « l’union
nationale » dans un contexte de tension confessionnelle.
Membre du jury pour ce prix, Ahmad Otman, professeur de
littérature grecque, soulignait qu’il s’agit d’un roman «
contre le fanatisme, de quelque bord qu’il soit, qui fait le
lien entre corruption et terrorisme ». Dans le domaine de la
nouvelle, ce sont Mohamad Kamel Mohamad, « l’un des grands
maîtres de cet art », d’après Otman, et Gamal Zaki Maqqar
pour son recueil Sefr al-tofoula wa Nasri wal himar
(histoires de l’enfance, Nasri et l’âne) qui exprime « une
compassion humaine délicate avec l’univers rural égyptien »
qui se sont partagés le premier prix (également d’une valeur
de 100 000 L.E.).
Du côté jeunes, c’est Ahmad Abou-Khonaygar, écrivain
d’Assouan, qui arrive en tête pour son roman Al-Amma okht
al-rigal (la tante sœur des hommes), dont le jury soulignait
« la capacité à surprendre », la « diversité au niveau du
rythme de la narration », construite autour du personnage
d’une vieille tante qui a vu défiler devant elle trois
générations. Le second prix, d’une valeur de 20 000 L.E.
allait cette année à un univers exclusivement cairote, dans
lequel évoluent les « Amants impuissants » (Ochaq khaïboun)
d’Ihab Abdel-Hamid. Pour la nouvelle, Mohamad Okacha a
obtenu le premier prix pour son recueil Asdä bila aswat
(échos sans voix), situé dans l’univers rural égyptien,
secondé, à égalité par Imane Abdel-Hamid pour Mohawalat lil
takhaffi (tentatives de se cacher), et Alaa Ahmad Abou-Zeid
pour Al-Haffa (le précipice). Membre de ce jury, Soheir
Fahmi expliquait qu’ils recommandaient au Conseil des sages
de la fondation de lancer un prix poésie, et d’augmenter la
valeur du premier prix jeunes de 30 000 à 50 000 L.E.
(à égalité avec le prix scénario section première œuvre).
En attendant, cette année déjà, la valeur totale des prix
distribués était de 450 000 L.E. Une somme qui marque
l’installation à long terme du secteur privé, ou plus
exactement du mécène de la culture, Sawirès, dans le paysage
culturel égyptien.
Dina
Heshmat
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La
nouvelle
à l’honneur
L’Union des écrivains a organisé samedi 12 janvier un
colloque sur les « Nouveaux courants de la nouvelle ». C’est
la deuxième conférence organisée par la section de la
nouvelle et du roman présidée par Hala Fahmi, qui avait
organisé en novembre 2007 déjà un colloque sur l’image de la
femme intellectuelle dans le roman arabe contemporain.
La journée de débats du 12 janvier était organisée
principalement autour de deux sessions animées par des
critiques littéraires. Dans la première, présidée par
Mahfouz Abdel-Rahmane, Saïd Al-Wariqi a fait une
contribution sur « l’imbrication des arts dans la nouvelle
», Chérif Al-Gayyar une contribution sur « la narration et
la densification chez les jeunes ». La seconde, présidée par
Abdel-Aal Al-Hamamsi, a été animée par Hassan Fath Al-Bab,
avec une étude intitulée « La nouvelle-poème et le
poème-nouvelle » ainsi que par Azza Heykal qui est
intervenue sur « les éléments féminins du contexte ».
Une session de témoignages a été organisée dans
l’après-midi, présidée par Sabri Qandil. Elle a été animée
par les témoignages de Nabil Abdel-Hamid, Mohamad Qotb,
Nadia Kilani et Arig Ibrahim.
Cette journée de colloque a également été l’occasion
d’honorer plusieurs écrivains, romanciers ou nouvellistes.
Gamal Al-Ghitani, Youssef-Al-Charouni, Amin Rayane et Hoda
Gad ont ainsi reçu la médaille de l’Union des écrivains pour
l’ensemble de leur œuvre. Chacun de ces écrivains a été
présenté par l’un de ses pairs ou un critique littéraire.
Ghitani par Youssef Al-Qaïd, qui vient d’obtenir le prix
Sawirès, Al-Charouni par Ahmad Darwich, Rayane par Sayed
Negm, et enfin Hoda Gad par Loussy Yaaqoub. Enfin, cette
journée de colloque a honoré, à titre posthume, l’écrivain
Saïd Bakr.
Une journée qui a permis aux membres de la section de la
nouvelle et du roman de se retrouver, vu la participation
importante d’écrivains, jeunes ou moins jeunes, de
différentes provinces d’Egypte, d’Alexandrie à Assiout, en
passant par Charqiya.
D. H.
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