Al-Ahram Hebdo, Idées |Le mécène de la culture prend confiance
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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  Semaine du 16 au 22 janvier 2008, numéro 697

 

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Idées

Récompenses . En plus du roman et de la nouvelle, la Fondation Sawirès a élargi cette année ses prix au domaine du scénario, faisant la part belle, comme à son habitude, aux écritures jeunes et persévérantes.

Le mécène de la culture prend confiance

Octroyé pour la première fois, le premier prix pour le scénario, d’une valeur de 100 000 L.E., va à égalité au réalisateur Daoud Abdel-Sayed pour son scénario Rasaël fil bahr (lettres à la mer) et au scénariste Gamal Sedqi pour son scénario Al-Doniya helwa (la vie est belle). Les deux textes partagent une même vision critique de la réalité sociale égyptienne, tout en se centrant sur la quête obstinée du bonheur, malgré les conditions de violence extrêmes dans lesquelles vivent les femmes de La vie est belle. Dans la section jeunes, le prix va, à égalité également, à Ahmad Abdallah Al-Sayed, auteur du scénario de Fi chaqqat Misr Al-Gadida (Dans l’appartement d’Héliopolis), depuis porté à l’écran par Mohamad Khan, et Myriam Nabil Naoum pour Wahed-Sefr, un texte qui tisse le devenir de huit personnages autour du « Un-zéro » attendu lors d’un match de la Coupe d’Afrique. Ces nouveaux prix pour le scénario marquent une volonté d’élargissement qui s’est également traduite par le changement de lieu pour la cérémonie de remise des prix. Le public était plus nombreux que les années précédentes dans la petite salle de l’Opéra du Caire, l’un des fiefs du ministère de la Culture. La symbolique du lieu semblait marquer l’entrée définitive des prix octroyés par la Fondation Sawirès pour le développement social dans le paysage culturel, à égalité, si ce n’est avec une longueur d’avance, sur le prix pour le meilleur roman octroyé par le Conseil Suprême de la Culture (CSC).

Cette année, ce premier prix pour le roman, d’une valeur de 100 000 L.E., a été octroyé à Youssef Al-Qaïd pour son roman Qassamat al-ghourama (le serment des adversaires). Auteur prolifique, il a écrit plusieurs romans inspirés de sa participation aux guerres de 1967 et 1973. Son roman Al-Harb fi barr Misr (la guerre en terre d’Egypte), célébré par Hamdi Abou-Goulayl, écrivain de la génération des années 1990, comme « un texte marquant, dont on peut difficilement oublier les personnages et les événements », a été traduit en 1990 chez Lattès sous le titre Masri, l’homme du Delta. Si certains intellectuels, écrivains ou critiques exprimaient leur déception ou leur surprise, d’autres soulignaient leur satisfaction de voir Al-Qaïd enfin primé : « Al-Qaïd n’a jamais reçu aucun prix, ni des institutions d’Etat, ni du privé. Il était temps qu’il soit primé, et je suis heureux qu’il l’ait été », conclut Abou-Goulayl. Mais il semblerait que le jury ait fait, aussi, un choix politique, Qassamat al-ghourama étant un texte célébrant « l’union nationale » dans un contexte de tension confessionnelle. Membre du jury pour ce prix, Ahmad Otman, professeur de littérature grecque, soulignait qu’il s’agit d’un roman « contre le fanatisme, de quelque bord qu’il soit, qui fait le lien entre corruption et terrorisme ». Dans le domaine de la nouvelle, ce sont Mohamad Kamel Mohamad, « l’un des grands maîtres de cet art », d’après Otman, et Gamal Zaki Maqqar pour son recueil Sefr al-tofoula wa Nasri wal himar (histoires de l’enfance, Nasri et l’âne) qui exprime « une compassion humaine délicate avec l’univers rural égyptien » qui se sont partagés le premier prix (également d’une valeur de 100 000 L.E.).

Du côté jeunes, c’est Ahmad Abou-Khonaygar, écrivain d’Assouan, qui arrive en tête pour son roman Al-Amma okht al-rigal (la tante sœur des hommes), dont le jury soulignait « la capacité à surprendre », la « diversité au niveau du rythme de la narration », construite autour du personnage d’une vieille tante qui a vu défiler devant elle trois générations. Le second prix, d’une valeur de 20 000 L.E. allait cette année à un univers exclusivement cairote, dans lequel évoluent les « Amants impuissants » (Ochaq khaïboun) d’Ihab Abdel-Hamid. Pour la nouvelle, Mohamad Okacha a obtenu le premier prix pour son recueil Asdä bila aswat (échos sans voix), situé dans l’univers rural égyptien, secondé, à égalité par Imane Abdel-Hamid pour Mohawalat lil takhaffi (tentatives de se cacher), et Alaa Ahmad Abou-Zeid pour Al-Haffa (le précipice). Membre de ce jury, Soheir Fahmi expliquait qu’ils recommandaient au Conseil des sages de la fondation de lancer un prix poésie, et d’augmenter la valeur du premier prix jeunes de  30 000 à 50 000 L.E. (à égalité avec le prix scénario section première œuvre).

En attendant, cette année déjà, la valeur totale des prix distribués était de 450 000 L.E. Une somme qui marque l’installation à long terme du secteur privé, ou plus exactement du mécène de la culture, Sawirès, dans le paysage culturel égyptien.

Dina Heshmat

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La nouvelle
 à l’honneur
 

L’Union des écrivains a organisé samedi 12 janvier un colloque sur les « Nouveaux courants de la nouvelle ». C’est la deuxième conférence organisée par la section de la nouvelle et du roman présidée par Hala Fahmi, qui avait organisé en novembre 2007 déjà un colloque sur l’image de la femme intellectuelle dans le roman arabe contemporain.

La journée de débats du 12 janvier était organisée principalement autour de deux sessions animées par des critiques littéraires. Dans la première, présidée par Mahfouz Abdel-Rahmane, Saïd Al-Wariqi a fait une contribution sur « l’imbrication des arts dans la nouvelle », Chérif Al-Gayyar une contribution sur « la narration et la densification chez les jeunes ». La seconde, présidée par Abdel-Aal Al-Hamamsi, a été animée par Hassan Fath Al-Bab, avec une étude intitulée « La nouvelle-poème et le poème-nouvelle » ainsi que par Azza Heykal qui est intervenue sur « les éléments féminins du contexte ».

Une session de témoignages a été organisée dans l’après-midi, présidée par Sabri Qandil. Elle a été animée par les témoignages de Nabil Abdel-Hamid, Mohamad Qotb, Nadia Kilani et Arig Ibrahim.

Cette journée de colloque a également été l’occasion d’honorer plusieurs écrivains, romanciers ou nouvellistes. Gamal Al-Ghitani, Youssef-Al-Charouni, Amin Rayane et Hoda Gad ont ainsi reçu la médaille de l’Union des écrivains pour l’ensemble de leur œuvre. Chacun de ces écrivains a été présenté par l’un de ses pairs ou un critique littéraire. Ghitani par Youssef Al-Qaïd, qui vient d’obtenir le prix Sawirès, Al-Charouni par Ahmad Darwich, Rayane par Sayed Negm, et enfin Hoda Gad par Loussy Yaaqoub. Enfin, cette journée de colloque a honoré, à titre posthume, l’écrivain Saïd Bakr.

Une journée qui a permis aux membres de la section de la nouvelle et du roman de se retrouver, vu la participation importante d’écrivains, jeunes ou moins jeunes, de différentes provinces d’Egypte, d’Alexandrie à Assiout, en passant par Charqiya.

D. H.

 




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