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  Semaine du 16 au 22 janvier 2008, numéro 697

 

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Arts

Exposition. Plusieurs peintres  présentent la cité plusieurs fois millénaire selon une vision propre aux habitants du pays.

Les palettes égyptiennes
et l'éternité de Louqsor

Louqsor, Thèbes l'antique, ce magnifique et légendaire lieu où s'est manifestée le plus la civilisation égyptienne. Vallées, collines, palmiers, l'éternel fleuve, une cité face à laquelle s'étend le désert, cette rive occidentale domaine de l'éternité. La ville même est un mélange d'hôtels cinq étoiles, de lieux pour touristes et aussi et surtout, toute une architecture et des schémas faits de différence, celle d'un quotidien qui allie différentes époques et divers modes d'existence. On le sait, c'est la ville qui a attiré les peintres de par le monde, ceux venus faire La Description de l'Egypte avec Bonaparte et par la suite ceux qu'on a qualifiés d'orientalistes. Et que dire des Egyptiens eux-mêmes ? Comment voient-ils les lieux indépendamment du fait qu'ils soient touristiques ? Des peintres égyptiens comme Mohamad Sabri s'en sont inspirés, mais il restait cette idée ou ce préjugé sur une ville que l'on voit souvent par l'intermédiaire d'une vision occidentale. Au-delà du débat sur cet état des lieux, il était clair qu'une nouvelle approche devait avoir lieu et ce fut cet atelier organisé à Louqsor et regroupant des peintres de différentes générations et tendances pour représenter Louqsor sous le titre significatif de « L'Egypte vue par des Egyptiens ». Une initiative de l'Organisme général des palais de la culture. Ces peintres sont tous allés à Louqsor pour une période relativement longue et sont venus exposer les résultats dans une exposition qui se tient à l'Atelier du Caire. Une manière de faire revivre l'expérience des années 1950 et 60 où les grands noms de la peinture avaient l'habitude de fréquenter l'atelier de Sayed Abdel-Rassoul à Gournah, à proximité de la ville de Louqsor. De quoi leur avoir inspiré des chefs-d'œuvre qui resteront longtemps gravés dans la mémoire.

Premières ébauches ou œuvres accomplies pour l'exposition actuelle ? On ne saurait trop le dire. L'inspiration d'un peintre peut ne pas se limiter à un temps ou à un lieu. Mais on a vu quand même de multiples facettes de Louqsor, de la vie quotidienne des habitants d'aujourd'hui comme ces collages de Mohamad Abdel-Moneim Ibrahim aux images féeriques de Assem Abdel-Fattah en passant par le tout feu tout flamme de Omar Al-Fayoumi.

Ce qui peut attirer l'attention au départ, c'est non seulement la diversité des angles et cette prééminence du désert et des collines, mais c'est aussi la rareté du pharaonique. Les peintres ont voulu éviter, sans doute de manière spontanée, de faire comme l'autre. Mais d'une manière plus substantielle ce pharaonique ou éternel égyptien, si l'on songe, est présent partout, enfoui, enveloppé de mystère. Tout respire un silence, une sorte de méditation dans des lieux qui semblent dépeuplés mais dont les occupants sont bien là même s'ils paraissent invisibles, juste un vieux passant s'appuyant sur sa canne à l'extrémité du tableau comme chez Hassan Abdel-Fattah ou ce village au bord du Nil avec ses palmiers, ses maisons en pisé, représenté comme sur un parchemin de Réda Abdel-Rahmane. Difficile de dénombrer tout ce qui est présenté, mais s'il y a pâleur donnant lieu au mystère d'une part, et des palettes très vives où l'éclat des couleurs vient se substituer à cette absence comme chez Abdel-Wahab Abdel-Mohsen d'autre part. Ibrahim Ghazalé, lui, dans une image que l'on aurait dit prise d'une bande dessinée, où des touristes circulent porteurs de l'autre regard. Les termes d'espace, de formes et de couleur viennent dans cette exposition nous rendre une ville dans sa spiritualité, son histoire et une vie inscrite dans le secret de l'éternité.

Ahmed Loutfi

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L' Atelier du Caire, rue Karim Al-Dawla, près de la place Talaat Harb, jusqu'au 18 janvier.

 

 




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