Al-Ahram Hebdo, Voyages | Une ville d’histoire et de jardins
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 Semaine du 26 Septembre au 2 octobre 2007, numéro 681

 

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Antiquités islamiques. Mansoura, connue pour ses jardins fleuris et son histoire exceptionnelle, offre l’occasion d’une agréable détente sur les bords du Nil.

Une ville d’histoire et de jardins

Al-Mansoura (la victorieuse), cette ville du gouvernorat de Daqahliya, se situe à 130 kilomètres (soit moins de deux heures de trajet), au nord-est du Caire, tout près de la ville de Damiette. Elle a été fondée en 616 de l’hégire (soit 1219 de l’ère chrétienne) par le sultan ayyoubide Al-Malek Al-Kamel pour servir de camp fortifié contre les croisés qui venaient de prendre Damiette. Située à l’embranchement de deux bras du Nil, Mansoura dominait les deux cours d’eau les plus importants du Delta oriental et servait de poste avancé du Caire.

En juillet-août 1221, l’avance des croisés commandés par le roi Jean et le cardinal-légat Pelagius fut arrêtée devant Mansoura. Quand Al-Malek Al-Kamel donna l’ordre d’ouvrir les digues et d’inonder les terres, les croisés, qui avaient planté leur camp dans l’angle formé par les deux bras du Nil, furent forcés de capituler et d’acheter le droit de se retirer librement au prix de l’abandon de leurs conquêtes égyptiennes.

Sous le règne du dernier sultan ayyoubide Touranchah, la croisade de Louis IX de France prit fin devant Mansoura. En février 1250, ils entrèrent dans la ville, où ils furent repoussés après un dur combat de rues. Pendant la bataille qui suivit devant les portes de la ville, le roi français Louis IX et le reste de son armée furent faits prisonniers et après un mois, ils furent rachetés contre la remise de Damiette.

Sous le règne des sultans mamelouks, la ville dépendait de la province de Daqahliya. En 933 de l’hégire (soit 1527), le wali ottoman d’Egypte, Soliman pacha Al-Khadem, transféra le tribunal provincial, Diwan al-hokm, à Mansoura et fit de cette ville le chef-lieu de la province de Daqahliya. Elle l’est restée jusqu’à nos jours. En 1826, elle est devenue également le centre d’une subdivision appelée markaz, comprenant 60 villages.

Comme un entrepôt du coton était cultivé dans le Delta, Mansoura a connu une forte augmentation de la population depuis le XIXe siècle.

Cette grande ville de la Basse-Egypte est réputée pour son art de vivre, ses paysages et aussi pour la beauté de ses habitants qui sont très fiers d’avoir fait prisonnier Louis IX en 1250, mettant en échec la croisade.

Les amateurs d’archéologie seront un peu déçus. A Mansoura, il n’y a que Dar Ibn Loqmane, et les deux palais d’Al-Chennawi (classés monuments islamiques il y a quelques années), monuments qui méritent le détour. Le palais d’Al-Chennawi, situé au bord du Nil, est établi sur une surface d’un feddan. Il a été primé en 1930, la plus belle œuvre architecturale de style italien réalisée en dehors de l’Italie.

La ville de Mansoura est célèbre pour la beauté de sa nature et pour ses jardins fleuris. Mansoura s’enorgueillit également de posséder l’une des plus belles corniches du Nil. Depuis, les amateurs de calme et de nature ont un nouvel endroit pour se détendre, dans un cadre riant. Les partisans de la nature, eux, seront comblés. Il n’y a partout que verdure et ombre délicieuses. Des jardins et des parcs s’égrènent tout au long du parcours. L’un des plus beaux est celui qui porte le nom de Chagaret Al-Dorr, la sultane mamelouke qui a vécu quelque temps à Mansoura. Certes, Guéziret Al-Ward ou l’île des roses était le premier nom donné à Mansoura.

Avec en prime une très belle corniche bien réaménagée. Une promenade sur le Nil devient donc la randonnée la plus agréable. Cela offre deux options, soit prendre une felouque dans le Nil pour se rafraîchir. Les prix sont modestes, ce qui est plus agréable. Soit de se promener sur la corniche, longue de 10 kilomètres. La corniche offre, en fait, une belle perspective avec ses bans et ses ombrelles de style chinois qui apportent une note originale. Il y a plusieurs embarcadères sur la rive. La destination est presque toujours l’île de Néguila (le gazon). On peut aller plus loin vers l’autre rive pour gagner la ville voisine de Talkha qui se distingue par son bucolique avec ses pigeonniers, ses maisons de style campagnard et ses sakkiehs. Cette tournée peut prendre deux à trois heures.

Amira Samir

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Pour se rendre à Mansoura,située à moins de deux heures de la capitale, vous avez plusieurs options : le train, le bus ou le taxi.

 




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