Antiquités islamiques.
Mansoura, connue pour ses jardins fleuris et son histoire
exceptionnelle, offre l’occasion d’une agréable détente sur
les bords du Nil.
Une ville d’histoire et de jardins
Al-Mansoura
(la victorieuse), cette ville du gouvernorat de Daqahliya,
se situe à 130 kilomètres (soit moins de deux heures de
trajet), au nord-est du Caire, tout près de la ville de
Damiette. Elle a été fondée en 616 de l’hégire (soit 1219 de
l’ère chrétienne) par le sultan ayyoubide Al-Malek Al-Kamel
pour servir de camp fortifié contre les croisés qui venaient
de prendre Damiette. Située à l’embranchement de deux bras
du Nil, Mansoura dominait les deux cours d’eau les plus
importants du Delta oriental et servait de poste avancé du
Caire.
En juillet-août 1221, l’avance des croisés commandés par le
roi Jean et le cardinal-légat Pelagius fut arrêtée devant
Mansoura. Quand Al-Malek Al-Kamel donna l’ordre d’ouvrir les
digues et d’inonder les terres, les croisés, qui avaient
planté leur camp dans l’angle formé par les deux bras du
Nil, furent forcés de capituler et d’acheter le droit de se
retirer librement au prix de l’abandon de leurs conquêtes
égyptiennes.
Sous le règne du dernier sultan ayyoubide Touranchah, la
croisade de Louis IX de France prit fin devant Mansoura. En
février 1250, ils entrèrent dans la ville, où ils furent
repoussés après un dur combat de rues. Pendant la bataille
qui suivit devant les portes de la ville, le roi français
Louis IX et le reste de son armée furent faits prisonniers
et après un mois, ils furent rachetés contre la remise de
Damiette.
Sous le règne des sultans mamelouks, la ville dépendait de
la province de Daqahliya. En 933 de l’hégire (soit 1527), le
wali ottoman d’Egypte, Soliman pacha Al-Khadem, transféra le
tribunal provincial, Diwan al-hokm, à Mansoura et fit de
cette ville le chef-lieu de la province de Daqahliya. Elle
l’est restée jusqu’à nos jours. En 1826, elle est devenue
également le centre d’une subdivision appelée markaz,
comprenant 60 villages.
Comme un entrepôt du coton était cultivé dans le Delta,
Mansoura a connu une forte augmentation de la population
depuis le XIXe siècle.
Cette grande ville de la Basse-Egypte est réputée pour son
art de vivre, ses paysages et aussi pour la beauté de ses
habitants qui sont très fiers d’avoir fait prisonnier Louis
IX en 1250, mettant en échec la croisade.
Les amateurs d’archéologie seront un peu déçus. A Mansoura,
il n’y a que Dar Ibn Loqmane, et les deux palais d’Al-Chennawi
(classés monuments islamiques il y a quelques années),
monuments qui méritent le détour. Le palais d’Al-Chennawi,
situé au bord du Nil, est établi sur une surface d’un feddan.
Il a été primé en 1930, la plus belle œuvre architecturale
de style italien réalisée en dehors de l’Italie.
La ville de Mansoura est célèbre pour la beauté de sa nature
et pour ses jardins fleuris. Mansoura s’enorgueillit
également de posséder l’une des plus belles corniches du
Nil. Depuis, les amateurs de calme et de nature ont un
nouvel endroit pour se détendre, dans un cadre riant. Les
partisans de la nature, eux, seront comblés. Il n’y a
partout que verdure et ombre délicieuses. Des jardins et des
parcs s’égrènent tout au long du parcours. L’un des plus
beaux est celui qui porte le nom de Chagaret Al-Dorr, la
sultane mamelouke qui a vécu quelque temps à Mansoura.
Certes, Guéziret Al-Ward ou l’île des roses était le premier
nom donné à Mansoura.
Avec en prime une très belle corniche bien réaménagée. Une
promenade sur le Nil devient donc la randonnée la plus
agréable. Cela offre deux options, soit prendre une felouque
dans le Nil pour se rafraîchir. Les prix sont modestes, ce
qui est plus agréable. Soit de se promener sur la corniche,
longue de 10 kilomètres. La corniche offre, en fait, une
belle perspective avec ses bans et ses ombrelles de style
chinois qui apportent une note originale. Il y a plusieurs
embarcadères sur la rive. La destination est presque
toujours l’île de Néguila (le gazon). On peut aller plus
loin vers l’autre rive pour gagner la ville voisine de
Talkha qui se distingue par son bucolique avec ses
pigeonniers, ses maisons de style campagnard et ses sakkiehs.
Cette
tournée
peut prendre
deux à
trois
heures.
Amira
Samir