Taekwondo.
La sélection nationale disputera du 28 au 30 septembre à
Manchester (Grande-Bretagne) les éliminatoires mondiales
qualificatives pour les JO de Pékin.
Ahmad Al-Fouli,
président de la Fédération égyptienne, évoque les
chances des Pharaons.
« Nous visons en premier lieu à acquérir de l’expérience »
Al-Ahram
Hebdo : Quelles sont vos ambitions lors de ces éliminatoires
mondiales qualificatives pour les Jeux Olympiques (JO) 2008
?
Ahmad Al-Fouli :
Les éliminatoires mondiales représentent pour tous les pays
une première opportunité de qualification pour les JO de
Pékin. Mais, vu que seuls les 2 premiers de chaque catégorie
se qualifieront pour les JO, les pays essayent de bénéficier
autrement de cette compétition. Cette dernière représente
une bonne chance pour mesurer le niveau international et
pour que chaque athlète observe de près ses adversaires dans
la même catégorie. Donc, nous visons en premier lieu à
acquérir de l’expérience.
— Cela veut-il dire que l’Egypte ne cherche pas à
décrocher un ticket pour Pékin à travers le tournoi de
Manchester ?
— Non. Bien sûr, nous disputerons la compétition avec
l’intention de nous qualifier pour les JO de Pékin 2008.
Mais si la chance et le tirage au sort ne sont pas de notre
côté, ça ne sera pas la fin du monde. En fait, le système de
qualification comporte 2 étapes. La première, à travers les
éliminatoires mondiales de Manchester. La deuxième par le
biais des Championnats continentaux. Pour nous, il y aura
les Championnats d’Afrique qui auront lieu du 1er au 3
novembre à Tripoli (Libye), où les champions olympiques de
chaque catégorie iront à Pékin. Mais il ne faut pas oublier
que selon le système de qualification de la Fédération
internationale, le maximum des taekwondoïstes africains
qualifiés pour Pékin est 2 hommes et 2 dames.
— Qui sont les taekwondoïstes égyptiens qui ont une
chance de qualification ?
— La chance égyptienne la plus forte est bien sûr le
médaillé de bronze olympique et mondial, Tamer Salah (58
kg). Mais la sélection nationale comporte d’autres
taekwondoïstes d’un bon niveau. Le jeune athlète
Abdel-Rahmane Ossama (-80 kg) a fait preuve d’un excellent
talent après avoir remporté la médaille d’or aux Jeux
africains d’Alger. Chez les dames, l’équipe comporte 2
filles d’un bon niveau, Esraa Abou-Halawa (-49 kg) et Siham
Al-Sawalhi (-77 kg).
— Comment l’équipe a-t-elle préparé ces éliminatoires ?
— La sélection nationale est en préparation continue. Dès
l’arrivée du nouveau directeur technique de l’équipe, le
Coréen Kim, il a défini un programme de préparation à long
terme avec des stages de préparation et des compétitions
internationales, dans les compétitions et dans
l’amélioration du niveau des athlètes. Récemment, l’équipe
vient de rentrer d’un stage de préparation en Corée du Sud,
qui n’est pas le premier cette saison. Le rapport que j’ai
eu après ce stage indique que le niveau des athlètes était
parfait durant ce stage et qu’ils ont réalisé des matchs
d’un très haut niveau devant de grands adversaires de la
sélection coréenne, une des grandes nations de la
discipline.
— Pensez-vous que le nouveau directeur technique a
amélioré le niveau des taekwondoïstes égyptiens ?
— Sans aucun doute. Les résultats sont notre critère. Avant
son arrivée, le taekwondo égyptien a vécu une période noire.
En 2005-2006, l’Egypte n’a remporté aucune médaille
internationale et a raté plusieurs compétitions. Puis vient
Kim, fin 2006, pour remporter les Championnats d’Afrique et
depuis, il ne cesse de décrocher des médailles dans toutes
les compétitions. Enfin, il y a eu la médaille de bronze
obtenue par Tamer Salah aux Championnats du monde 2007.
Donc, avec lui, le niveau des Egyptiens a nettement
progressé.
— Qu’est-ce qui distingue cet entraîneur ?
— C’est un entraîneur international expérimenté. En tant
qu’athlète, il était un taekwondoïste d’un très haut niveau
et a remporté 3 titres aux Championnats du monde. Dès son
arrivée en Egypte, il a changé le système et la stratégie de
jeu. Il suit la progression mondiale et applique des
méthodes toutes nouvelles en Egypte. Par exemple, les
Egyptiens étaient habitués depuis longtemps à jouer les
matchs en utilisant la contre-attaque. Dès son arrivée, il a
formé les athlètes à utiliser l’attaque, un système qui
demande un niveau très élevé qui les aide à remporter les
matchs et non pas à être défenseurs.
— Que peut-on attendre de Tamer Salah ?
— Dieu merci, le niveau de Tamer ne cesse de s’améliorer. Le
nouvel entraîneur a vraiment mis ses empreintes sur le style
de Tamer, qui figure désormais parmi les meilleurs
taekwondoïstes dans le monde dans la catégorie 58 kg.
L’année dernière, Tamer a acquis plus d’expérience et a
travaillé sur ses points faibles en attaque. Il est à noter
que Tamer est le seul Egyptien parmi les médaillés
olympiques à remporter une médaille aux Championnats du
monde. Ce qui prouve l’amélioration de son niveau. J’attends
encore plus de la part de Tamer Salah.
Propos recueillis par Doaa Badr