Al-Ahram Hebdo, Opinion |Salama A. Salama , Revirements français
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 Semaine du 26 Septembre au 2 octobre 2007, numéro 681

 

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Opinion

Revirements français

Salama A. Salama 

Le dialogue engagé entre l’Egypte et l’Iran pour la reprise des relations entre les deux pays ainsi que la déclaration du Caire de son refus de l’usage de la force contre l’Iran sont survenus en retard. Cependant, ils arrivent à un moment décisif alors que le Moyen-Orient peut connaître de nouvelles guerres qui coûteront cher aux peuples arabes.

L’action entreprise par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avec menace de déclencher une guerre contre l’Iran ressemble beaucoup au rôle joué auparavant par Blair. L’ex-premier ministre britannique a soutenu la politique américaine qui a conduit au déclenchement de la guerre contre l’Iraq, et a apporté une couverture aux mensonges américains concernant les ADM de Saddam Hussein. Ce mouvement français est certainement le début d’une escalade internationale contre l’Iran, qui fut d’une manière ou d’une autre coordonnée avec Washington.

La politique française depuis l’avènement de Sarkozy semble fort instable et irréfléchie. Elle cherche à remplir le vide produit par l’échec de la politique de Bush. Cependant, elle a adopté les mêmes procédés que ceux de l’Administration Bush. D’une part, elle propose des idées immatures pour l’instauration d’une union méditerranéenne. D’autre part, son ministre des Affaires étrangères passe de l’Iran au Liban et du Soudan à Israël et à la Palestine dans des rencontres consécutives qui n’aboutissent à aucun résultat positif dans la résolution de ces crises. De plus, ceci ne l’empêche pas de tomber dans des erreurs qui portent préjudice à la position de la France et à sa politique étrangère bien qu’il revienne souvent sur ses erreurs.

Kouchner, le socialiste qui avait accepté de rejoindre le gouvernement de droite de Sarkozy est le fondateur de l’association Médecins sans frontières qui a obtenu le prix Nobel.

Kouchner, qui agit comme un ministre des Affaires étrangères sans frontières, ne cache pas son approbation de la guerre contre l’Iraq malgré les innombrables catastrophes qui en ont découlé. Il fait ses premiers pas en tant que ministre des Affaires étrangères de la France par des mesures qui ne contribuent nullement à l’instauration de la paix au Moyen-Orient mais par des initiatives et des déclarations qui peuvent mener au déclenchement de la guerre contre l’Iran. Ce à quoi l’Egypte, la Russie, la Chine et l’Italie se sont vivement opposées.

La politique française exerce des activités excessives dans la mauvaise direction au moment où la région a besoin de politiques plus équilibrées et plus décisives. Ce, pour faire face à l’arrogance agressive d’Israël qui agit à son gré dans la région sans aucun répressif. En effet, Israël a lancé un raid aérien contre la Syrie dans des conditions obscures, avec une coordination évidente avec Washington, sous prétexte de l’existence d’une coopération nucléaire avec la Corée du Nord qui subit un embargo aérien et maritime ferme depuis des années. De plus, il a déclaré Gaza une entité antagoniste pour préparer sa réoccupation et menace d’entreprendre une attaque militaire unilatérale contre l’Iran.

Il existe certainement une division au sein de l’Administration américaine entre un clan qui approuve le recours à la force contre l’Iran et un autre qui demeure convaincu de la possibilité de coexister avec le programme nucléaire iranien. Cette division se reflète sur la majorité des pays européens qui subissent des pressions américaines qui s’intensifient avec l’augmentation de l’échec américain en Iraq. Le fait qui a suscité la réserve de Condoleezza Rice contre Al-Baradeï qui ne cesse de mettre en garde contre le recours à la force armée contre l’Iran, surtout après l’accord conclu par l’Agence internationale de l’énergie atomique pour obtenir toutes les informations nucléaires sur le programme iranien.

La fluctuation de la politique française soulève de nombreuses interrogations autour de la possibilité de compter sur l’indépendance de la politique étrangère française qui l’a toujours caractérisée. En effet, la politique française perd ainsi son rôle et son influence quand elle joue le rôle de la Grande-Bretagne de Blair .  

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