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 Semaine du 26 Septembre au 2 octobre 2007, numéro 681

 

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Darfour. L’Onu et l’Union africaine multiplient leurs efforts et accentuent leurs pressions pour garantir le succès des prochaines négociations de paix qui doivent débuter le 27 octobre.

Pari risqué

Dans une nouvelle tentative de faire avancer la paix au Darfour, les Nations-Unies et l’Union africaine se sont réunies à New York pour une réunion de haut niveau dans l’espoir d’accélérer le processus du déploiement d’une force de paix et d’élargir l’aide humanitaire. Une réunion qui sert de base aux négociations de paix qui doivent débuter le 27 octobre en Libye. A ce sujet, les participants ont affirmé que les parties devaient saisir cette occasion unique pour résoudre le conflit. Une sorte de mise en garde pour éviter que n’échouent les prochaines négociations.

D’autant plus que certaines parties avaient déclaré qu’elles boycotteraient le prochain round de négociations. Plusieurs délégués ont indiqué que ceux qui boycotteraient les pourparlers seraient passibles de sanctions. « Si un important groupe rebelle décide de ne pas y aller, de ne pas envoyer de représentant (à Tripoli), cela ne devra pas être un choix gratuit », a déclaré le secrétaire d’Etat adjoint américain, John Negroponte. « Nous sommes prêts à imposer des sanctions », a-t-il précisé. Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Lam Akol, est allé dans le même sens, estimant que les délégués ont souligné que tout groupe qui ne participerait pas aux pourparlers ou qui tenterait d’y faire obstacle serait confronté à des mesures punitives fermes et efficaces.

Mais il semble que ces menaces sont vaines. L’influent chef rebelle du Darfour, Abdulwahid Nour, l’un des principaux chefs rebelles du SLM (Mouvement de libération du Soudan) et qui vit en exil à Paris, a affirmé qu’il bouderait les pourparlers. Or sans sa présence, il est difficile que toute négociation aboutisse à quoi que ce soit. Il pose comme préalable à sa participation, pourtant jugée cruciale au succès de tout accord au Darfour, l’envoi sur le terrain d’une force internationale garantissant la sécurité. Condition difficile.

De son côté, Ahmed Abdel-Chafi, autre chef important du SLM, a demandé de repousser la date des négociations, jusqu’à l’instauration d’une trêve réelle sur le terrain. Le SLM de Abdel-Chafi exige, en premier lieu, l’arrêt total des opérations militaires au Darfour et « la fin des crimes commis, avec le soutien du gouvernement soudanais, sur une base quotidienne contre notre peuple ». Il estime que les parties en conflit ont besoin de « quelques mois pour prouver qu’elles respectent un nouveau cessez-le-feu, pour créer un climat de confiance de nature à favoriser des négociations de paix viables ». Le groupe a participé début août à une réunion en Tanzanie, avec sept autres factions rebelles qui s’étaient alors entendues sur une « plate-forme » commune de revendications en vue de pourparlers de paix. Cet avis est partagé par un autre chef des rebelles. Le dirigeant du Mouvement justice et égalité (JEM) a annoncé qu’il ne pourrait se rendre à la table de négociations car les violences continuent au Darfour et l’empêchent de quitter ses hommes.

En revanche, un représentant du groupe dit de 19 commandants, Abdel Karim Jar Al-Nabi, a déclaré : « Nous avons une vision différente de celle de M. Nour sur la stratégie d’une sortie du conflit, selon laquelle les problèmes ne peuvent être résolus que par la négociation ». En effet, cinq groupes rebelles ont assisté à une réunion de coordination avant la réunion conjointe  de l’Onu et l’UA qui s’est achevée vendredi à N’Djamena sans résultat et sur une vague annonce d’une autre rencontre dont ni la date ni le lieu n’ont été fixés.

Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, estime essentiel d’avancer sur le volet politique du problème en même temps que dans le domaine du maintien de la paix. M. Ban a obtenu d’une part l’accord formel du gouvernement soudanais à l’envoi d’une force hybride et la promesse du président Omar Al-Béchir de coopérer à son déploiement.

A cet égard, l’Onu et l’UA ont également appelé à soutenir leurs efforts pour « assurer le déploiement (au Darfour) d’une force capable de remplir efficacement son mandat, tout en réitérant leur promesse que cette force doit avoir un caractère majoritairement africain ». Le Conseil de sécurité a décidé fin juillet le déploiement au Darfour d’une force « hybride » Onu-UA de 26 000 hommes, pour protéger les populations. Le gouvernement soudanais, avec qui il a fallu négocier de longs mois pour qu’il accepte un tel déploiement, ne l’a fait qu’à condition que la force soit majoritairement africaine. Or les experts du maintien de la paix de l’Onu ont reçu suffisamment d’offres de troupes de la part des pays africains. Mais ils ont encore besoin d’un minimum d’apports des pays développés, seuls capables de fournir certains savoir-faire et équipements spécialisés (transports, logistique, génie) .

Maha Salem

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