Al-Ahram Hebdo, Evénement | Un front tripartite de liberté
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 26 Septembre au 2 octobre 2007, numéro 681

 

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Evénement

Presse. Ecrivains, journalistes et avocats décident de s’unir pour prendre la défense de la libre expression.

Un front tripartite de liberté

Le bâtiment est facile à repérer. Dans un des quartiers les plus huppés du Caire, à Zamalek, et au-dessus de la grille de la porte s’élève la plaque de l’Union des écrivains. Il faudrait suivre la grille pour accéder à une entrée pourtant assez modeste. Un parfum du passé embaume la demeure, un haut plafond, une épaisse moquette et au fin fond du couloir, des portraits anciens. Portraits d’hommes de lettres, ceux qui se sont succédé à la tête de l’union. Un portrait assez récent y figure aussi, celui du président actuel, Mohamed Salmawy. De la pièce à côté, on reconnaît sa voix, le mot « dostour » revient plusieurs fois, ses interlocuteurs interviennent, Galal Aref, chef du Syndicat des journalistes, et son confrère Sameh Achour, bâtonnier de l’Ordre des avocats. Puis, les voix deviennent moins claires.

Il faudrait attendre un peu plus d’une heure pour connaître les détails de cette réunion qui rassemble pour la première fois les trois « syndicats d’opinion ». Au deuxième étage, dans l’amphithéâtre, les journalistes se font de plus en plus nombreux. Cette fois-ci, ils sont dans l’attente d’une affaire qui les concerne directement. Au moment où la liberté d’expression semble cruellement attaquée, avec la condamnation à un an de prison de quatre rédacteurs en chef, l’Union des écrivains lance une initiative : un « front » pour combattre « en faveur des libertés ». Même si l’idée est née bien avant ce 12 septembre, « la condamnation des journalistes a dépêché la rencontre », affirme Achour lors de la conférence de presse car, comme l’explique Salmawy, « il n’est pas possible que l’Union des écrivains ne joue pas de rôle alors qu’une affaire relative à la liberté d’expression est soulevée ».

L’idée est simple : des réunions tripartites régulières et des activités communes pour « échanger les vues et examiner le dossier des libertés » sur fond de lois controversées les ligotant. Des libertés indissociables. « C’est pourquoi nous avons besoin de nous allier et cette réunion démontre que l’affaire ne concerne pas uniquement les journalistes, mais l’ensemble des citoyens, la vie politique en Egypte. La lutte pour la liberté de la presse est celle de l’Egypte », prêche Aref. Discours d’un fervent Nassérien, qui semble trouver écho chez deux autres Nassériens à quelques nuances près. Mais loin des discours éloquents, le concret a marqué cette réunion inaugurale, le « Front des syndicats d’opinion » a délégué le bâtonnier de l’Ordre des avocats pour assurer la défense des quatre rédacteurs en chef pendant le processus d’appel.

Samar Al-Gamal

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