Al-Ahram Hebdo, Evénement | Le syndicat pour le dialogue
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 26 Septembre au 2 octobre 2007, numéro 681

 

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Presse. Non à l’affrontement. C’est ce que les journalistes, somme toute divisés, ont décidé. Une action plus énergique serait menée si le gouvernement maintient son attitude.

Le syndicat pour le dialogue

Il suffit de se diriger vers le Syndicat des journalistes pour voir cette foule qui y campe. Conférences, réunions, protestations ... L’effervescence domine le milieu des journalistes, surtout ce 19 septembre. C’est-à-dire une semaine après une décision de justice de condamner à un an de prison et à une amende de 20 000 L.E. 4 rédacteurs en chef de journaux indépendants. Ibrahim Issa, du Dostour, Waël Al-Ibrachi, de Sawt Al-Oumma, Abdel-Halim Qandil, d’Al-Karama (à l’époque), et Adel Hammouda, d’Al-Fagr, sont dans le collimateur de l’Etat. Au cours d’une première réunion juste après la condamnation, l’ex-président du syndicat et candidat pour le siège cette année, Makram Mohamad Ahmad, propose la création d’une commission « du dialogue ».

Dialogue avec le gouvernement pour tenter de parvenir à une solution à la crise des journalistes. Yéhia Qallach, le secrétaire général du syndicat, explique que « cette commission vise à entrer en dialogue avec le Conseil suprême de la presse et le chef de l’Etat lui-même pour relancer la promesse du président sur l’annulation des peines de prison dans les délits de presse ». Galal Aref, président du syndicat, se trouve à la tête de la commission, qui inclut également quelques membres du conseil du syndicat ainsi que de grands écrivains et rédacteurs en chef, dont Salaheddine Hafez, Ragaï Al-Merghani, Farida Al-Naqqach, Moustapha Bakri et Makram Mohamad Ahmad. Or, la rencontre ne manque pas de faire l’objet de querelles, reflétant plus que jamais la division qui marque le milieu de la presse depuis l’affaire de « la rumeur sur l’état de santé du président ». Le débat animé commence avec une dispute verbale entre Salah Abdel-Maqsoud et Ahmad Moussa, tous deux membres du conseil du syndicat. Moussa s’attaque au syndicat et l’accuse implicitement de politique de deux poids, deux mesures, car le syndicat n’a pas soutenu Mohamad Ali Ibrahim, rédacteur en chef d’Al-Gomhouriya. Ce dernier est en procès avec le Club des juges pour les avoir injuriés et accusés de former une organisation.

C’est là qu’intervient Abdel-Maqsoud, accusant Moussa lui-même d’être derrière l’emprisonnement de plusieurs journalistes, les dénonçant devant le Parquet. Les voix s’élèvent et perturbent la réunion, et d’autres interviennent essayant de calmer la tension. Une fois le calme revenu, une seconde querelle éclate entre Gamal Fahmi, également membre du conseil, et Makram Mohamad Ahmad. A chaque fois que Fahmi tente de prendre la parole et de prononcer le nom d’Ibrahim Issa, il est tout de suite interrompu par Makram. Du coup, Fahmi finit par quitter la réunion. « C’est parce que certains confrères essayent de perturber ce rassemblement et d’y imposer un agenda qui leur est défini par le gouvernement ».

L’idée, cependant, était de réduire la tension et d’éviter un bras de fer avec le gouvernement. Car « nous avons besoin d’ouvrir un dialogue avec le gouvernement et cette commission est le seul mécanisme pour le faire », affirme Moustapha Bakri, rédacteur en chef du journal Al-Osboue. L’idée est d’inciter le gouvernement à recourir, en cas d’abus, au Syndicat des journalistes plutôt qu’au Parquet et d’activer la loi sur la libre circulation de l’information et en échange, le syndicat réactivera la charte de la déontologie de la presse. Un délai de deux semaines a été accordé au gouvernement au terme duquel le syndicat pourrait procéder à des mesures plus importantes, comme une grève généralisée à la presse indépendante et celle d’opposition.

Galal Aref et Makram Mohamad Ahmad sont chargés d’entrer en contact avec les responsables de l’Etat. « Nous avons commencé par envoyer une lettre au président Moubarak demandant son intervention. Nous avons aussi contacté Safouat Al-Chérif pour réclamer une réunion d’urgence et il est prévu qu’on fasse de même avec le président du Conseil suprême de la magistrature », explique Aref. Jusqu’à ce jour, la commission n’a pas eu d’écho chez le gouvernement sur son initiative.

Chaïmaa Abdel-Hamid

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