Al-Ahram Hebdo, Egypte | Les grands dossiers du Caire
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 26 Septembre au 2 octobre 2007, numéro 681

 

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Egypte

Diplomatie. L’établissement d’une zone dénucléarisée au Moyen-Orient, la relance du processus de paix au Proche-Orient et la crise au Darfour. Tels sont les trois grands dossiers soulevés par l’Egypte dans le cadre de la 62e session de l’Assemblée générale de l’Onu.

Les grands dossiers du Caire

Le chef de la diplomatie, Ahmad Aboul-Gheit, arrivé jeudi 20 septembre aux Etats-Unis pour prendre part à cet événement, s’est entretenu tour à tour avec plusieurs personnalités, dont le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon.

Le dossier nucléaire était le premier évoqué lors de ces entretiens. Le Caire a réitéré son appel à faire de la région du Moyen-Orient une zone libre d’armes de destruction massive. « Nous avons mis en garde à plusieurs reprises contre une éventuelle course aux armes nucléaires au Proche-Orient. Cela va perturber et déséquilibrer la région », affirme une source diplomatique qui a requis l’anonymat. L’Egypte, qui a signé le Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP), a toujours insisté sur cette question. Si aujourd’hui les Etats-Unis mènent une campagne contre le programme nucléaire iranien, Israël ne doit pas en être exclu. « L’Egypte refuse qu’un ou deux pays dans la région possèdent l’arme nucléaire. Nous nous sentons menacés. Nous sommes résolus à poursuivre nos efforts jusqu’à la réalisation de notre but, à savoir établir une zone dénucléarisée au Proche-Orient », explique la source anonyme.

La relance par l’Egypte de la question nucléaire intervient au moment où les Etats-Unis tentent de créer une mobilisation générale contre le programme nucléaire iranien au cours de cette 62e session de l’Assemblée générale de l’Onu. Or, l’Egypte y a trouvé une opportunité pour relancer sa proposition de faire du Proche-Orient une zone exempte d’armes nucléaires et dénoncer Israël. « Les Américains veulent intensifier les pressions sur Téhéran. Ils vont demander à tous les pays d’approuver de nouvelles sanctions contre le régime islamiste pour l’obliger à cesser l’enrichissement d’uranium. Pour Le Caire, c’est une excellente opportunité de soulever la question au niveau de toute la région en y incluant Israël », souligne une source diplomatique anonyme. D’autant plus que Le Caire été conforté par la décision de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) d’adopter une résolution non-contraignante appelant à l’établissement d’une zone dénucléarisée au Moyen-Orient (proposée par l’Egypte) et contre laquelle Israël et les Etats-Unis ont voté, alors que l’Union Européenne (UE) s’est abstenue. Cinquante-trois pays ont voté pour la résolution, 47 se sont abstenus et 2 pays (Israël et les Etats-Unis) ont voté contre la résolution. Cette dernière appelle tous les pays de la région à établir une zone où des armes nucléaires ne sont ni développées, ni fabriquées, ni essayées, ni même acquises. Elle demande aussi que le stationnement des bombes atomiques sur les territoires des pays de la zone ou sur les territoires sous leur contrôle soit interdit. Israël, qui a adopté une politique d’ambiguïté nucléaire, ne confirme ni ne dément le fait d’avoir l’arme atomique. « Tant Israël que l’Iran sont des sources d’inquiétude », a déclaré Ahmad Aboul-Gheit. Et d’ajouter : « Il est effrayant qu’un, deux ou trois pays seulement possèdent des armes nucléaires dans la région ». Le Caire s’oppose cependant à toute solution militaire du problème nucléaire iranien. « Nous appelons à régler le dossier nucléaire iranien par la voie des négociations et garantir à l’Iran son droit d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques », a déclaré Aboul-Gheit.

La paix et le Darfour

Outre le nucléaire, l’autre grand dossier qui intéresse l’Egypte est celui de la paix au Proche-Orient. Le Caire souhaite que les Américains « fassent bouger les choses ». « L’Egypte constate qu’aucun effort majeur n’a été fait par la diplomatie américaine à l’approche de cette conférence proposée par le président George Bush », déclare la source diplomatique. « Nous voulons que Washington fixe un ordre du jour et œuvre au rapprochement des positions entre Israéliens et Palestiniens, car un échec de la conférence serait un revers pour toute la région. Les Etats-Unis n’ont toujours pas indiqué comment ils envisageaient la réunion entre Palestiniens et Israéliens », déclare la source anonyme. Souhaitant contenter les pays arabes de la région qu’il aspirait à rallier à sa politique iraqienne, le président Bush avait proposé la tenue de cette conférence sur la paix. Or, Washington n’y accorde aucun intérêt véritable, ce qui a exaspéré ces pays, dont l’Egypte. Pour eux, la proposition américaine de tenir cette conférence s’est avérée être une boutade. Les Etats-Unis sont soupçonnés de vouloir par cette conférence donner une fausse impression d’élan vers la paix au Proche-Orient sans s’attaquer sérieusement au règlement du conflit israélo-palestinien. Le Caire veut que les Etats-Unis proposent quelques idées et une série de consultations programmées en marge de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Il souhaite aussi que la période d’aujourd’hui à novembre soit mise à profit pour éclaircir les positions.

Le troisième grand dossier qui intéresse l’Egypte est celui du Darfour. L’Egypte a décidé d’envoyer 2 100 soldats au Darfour dans le cadre des forces de maintien de la paix afin d’aider à régler cette crise. Sous commandement conjoint de l’Onu et de l’Union africaine, les 26 000 hommes de cette force de maintien de la paix seront chargés de ramener le calme dans la province de l’ouest du Soudan. Le ministre des Affaires étrangères a affirmé, dans un premier temps, le plein soutien de l’Egypte à l’accord de paix global au Soudan et sa confiance en la capacité des partenaires de paix à poursuivre la mise en œuvre des articles de l’accord et à relever les défis qui entravent la mise en vigueur de l’accord d’un moment à l’autre. Le Caire craint que des troubles au Soudan ne viennent affecter ses intérêts. Il souhaite préserver la stabilité au Soudan. L’Egypte veut mettre en valeur la responsabilité des donateurs internationaux pour honorer leur engagement à reconstruire le Sud-Soudan. Rappelant que l’Egypte met en œuvre un programme complet pour aider à reconstruire et à développer le Sud-Soudan, qui forme un des points principaux de l’accord de paix global, dont des projets dans les secteurs de l’électricité, de l’enseignement et de la santé.

Chérif Ahmed

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