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questions à
Ibrahim
Kamel
Essawi, expert
pétrolier et ex-sous-secrétaire au ministère du Pétrole.
« La hausse des cours engendre
une inflation mondiale »
Al-Ahram
Hebdo : Certains estiment que les cours du brut atteindront
100 dollars. Qu’en pensez-vous ?
Ibrahim Kamel
Essawi : Il y a deux ans que je
dis que les cours atteindront 80 dollars. Et je crois qu’ils
atteindront les 100 dollars dans un an. En fait, la
consommation mondiale en énergie augmente alors que la
production ne connaîtra pas de hausse considérable. Et il
n’y aura plus de brut dans 50 ans. Nous sommes au pic de la
production qui bientôt va diminuer. C’est ce qui explique la
stratégie américaine dans la région. Elle essaye de se
procurer des ressources en énergie pour l’avenir.
— Plusieurs envient aux pays du Proche-Orient leurs
recettes pétrolières record provenant de la hausse des
cours. Le malheur des uns fait-il le bonheur des autres ?
— Pas tout à fait. La hausse des
cours du pétrole engendre une inflation mondiale :
augmentation des cours de tous les produits manufacturés
ainsi que celle des matières premières et des moyens de
transport, et par la suite, des denrées alimentaires. Après
le choc pétrolier de 1973, les prix du pétrole ont atteint
40 dollars avant de se replier à une vingtaine de dollars.
Cependant, les prix des autres produits se sont abstenus de
baisser. L’augmentation du prix du pétrole pourra engendrer
une inflation dans le monde entier.
— Quel sera l’effet de cette hausse sur l’Egypte, qui
importe une partie importante de son brut ?
— L’effet sur le budget pourrait être néfaste. Il faudrait
annuler graduellement les subventions sur l’énergie, car
elles ne pourront certainement pas continuer dans le sens
actuel. Mais cela doit être accompagné d’une hausse des
salaires. Des mesures doivent être prises pour régler le
marché, caractérisé par des monopoles de production ou de
vente dans plusieurs industries.
Propos recueillis par M. H.