Al-Ahram Hebdo, Economie | Une hausse qui va durer
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 Semaine du 26 Septembre au 2 octobre 2007, numéro 681

 

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Economie

Pétrole. En dépit d’un léger repli, les cours de l’or noir restent au-dessus des 80 dollars depuis quelques jours. L’Opep est soupçonné de ne pas pouvoir contrôler la hausse. Explications.

Une hausse qui va durer

Quatrième record du prix du pétrole en deux semaines : jeudi 20 septembre, le pétrole new-yorkais a percé pour la première fois de son histoire le plafond de 84 dollars. Egalement, le baril de brent de la mer du Nord, qui était resté plus discret cet été que le pétrole new-yorkais, est revenu sous les projecteurs. Il a aligné les records vendredi 21 septembre, grimpant jusqu’à 79,94 dollars. En tout, sur la semaine, le pétrole a pris 5 dollars à New York et près de 4 dollars à Londres, avant de se replier légèrement le lundi 24.

Depuis la mi-août, les cours de la principale matière première mondiale n’ont pratiquement pas cessé d’augmenter enregistrant une hausse de plus de 15 %. A cela s’ajoute, la situation extraordinairement tendue de l’offre mondiale de brut. Les investisseurs craignent des pénuries de brut au quatrième trimestre. Et ils s’alarment en particulier de l’état, jugé critique, des stocks de brut aux Etats-Unis. En effet, l’Agence américaine de l’énergie a annoncé que les stocks hebdomadaires d’essence avaient reculé de 3,8 millions de barils, une chute très supérieure aux attentes des analystes. De plus, la décision mardi 18 septembre de la Banque Centrale américaine (FED) de baisser d’un demi-point ses taux avait donné une sérieuse impulsion au prix du pétrole qui a franchi au même jour pour la première fois le seuil de 82 dollars. Explications : Philippe Martin, professeur à l’Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, a déclaré au quotidien français Libération : « En tentant de conjurer la récession américaine et de limiter la casse de la croissance à l’échelle mondiale, la Fed a rendu euphoriques les marchés, qui pensent que la demande de pétrole va être toujours haute ».

Vague de prospections

Mais les cours de l’or noir ont-ils augmenté pour se maintenir à ces niveaux ? En fait, cette hausse a engendré une vague de prospections sur le futur des cours. Au moment où certains experts s’attendent à un repli relatif des prix, d’autres sont allés jusqu’à prévoir un baril à 100 $. Khaled Abou-Bakr, directeur général du groupe Taqa, avait prévu deux semaines avant la montée des prix un baril entre 80 et 100 dollars d’ici juin 2008.

Les analystes de la banque Goldman Sachs ont, quant à eux, relevé la semaine dernière leur prévision du prix du baril pour fin 2007 à 85 dollars, contre 72 dollars auparavant, « avec des risques importants de pics au-dessus de 90 dollars le baril ». Ils ont également émis une prévision à 95 dollars le baril pour 2008. Par contre, ABN Amro estime que le prix du pétrole retombera sous la barre de 70 dollars dans le courant des prochains mois, car, les réserves se situent toujours dans le haut de la moyenne enregistrée les cinq dernières années.

Les mécanismes habituellement utilisés pour baisser les cours ne semblent pas avoir d’effet cette fois-ci. On parle là d’une intervention de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP). En fait, la décision de l’organisation le 11 septembre d’augmenter sa production journalière de 500 000 barils depuis le premier novembre n’a pas calmé le marché. Pour Khaled Abou-Bakr ainsi que pour bien d’autres experts, l’OPEP n’y peut rien. « L’organisation ne contrôle plus le marché. Une importante partie de la production est dans la mer du Nord et la mer Caspienne ainsi qu’en Afrique. La production de la majorité des pays de l’Opep est au maximum », explique-t-il.

Par ailleurs, l’agence Reuters a appris d’une source de l’Opep que les membres discuteraient probablement de la possibilité d’un nouveau relèvement de son plafond de production si les cours du pétrole restaient supérieurs à 80 dollars américains le baril pendant plus de 15 à 20 jours. Une idée qui ne fait d’ailleurs pas l’unanimité au sein de l’organisation. L’Iran, par exemple estime que « la discussion selon laquelle l’Opep est un fournisseur et un régulateur de prix et qu’elle peut donc faire l’objet de pressions n’est pas acceptable », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Gholam Hossein Elham, d’autant plus que seulement « 30 % du pétrole mondial provient de l’OPEP ».

Marwa Hussein (avec agences)

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