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 Semaine du 26 Septembre au 2 octobre 2007, numéro 681

 

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Pakistan. La date du 6 octobre a été finalement fixée pour organiser les présidentielles. Un scrutin controversé auquel le président Pervez Musharraf devrait se présenter en uniforme de chef de l’armée malgré les objections de l’opposition. 

Elections à hauts risques 

Une déclaration a remué ciel et terre au Pakistan cette semaine. La commission électorale a annoncé la tenue de l’élection présidentielle le 6 octobre. A son tour, le président Pervez Musharraf a annoncé sa candidature à un nouveau mandat de cinq ans, en dépit de son impopularité croissante et des recours déposés par l’opposition et des avocats devant la Cour suprême pour contester la tenue du scrutin.

En première réaction à sa déclaration, un millier de manifestants, issus des différentes formations d’opposition pakistanaise, se sont regroupés plusieurs jours de suite cette semaine devant le siège de la Cour suprême, à Islamabad, pour dénoncer cette déclaration. Conséquence, une quinzaine de dirigeants de l’opposition ont été arrêtés pour prévenir de nouvelles manifestations contre la décision de Pervez. La plupart des personnes arrêtées appartiennent à la Ligue musulmane du Pakistan (PML), parti de l’ancien premier ministre Nawaz Sharif qui vit en exil et qui a été empêché ce mois-ci de revenir au pays. L’alliance conservatrice religieuse MMA a fait également l’objet d’arrestation. Explication des autorités : « Nous avons arrêté 14 personnes par mesure préventive. Elles avaient appelé à des manifestations et nous avons craint que cela n’entraîne des troubles à l’ordre public dans les prochains jours », a déclaré un responsable qui a précisé que d’autres arrestations devaient avoir lieu. Mais, le porte-parole de la PML dont le  président a été interpellé, Ehsan Iqbal, a dénoncé la déclaration des autorités et a affirmé que le gouvernement était pris de panique face aux menaces des élus de l’opposition. Cet avis est partagé par plusieurs partis de l’opposition qui ont accusé Musharraf de tenter « d’écraser toute opposition ».

Or, l’opposition, mais aussi une part importante de la société civile et de l’ordre judiciaire, revendiquent depuis longtemps plusieurs demandes. D’abord, ils exigent que Musharraf renonce à sa fonction de commandant en chef des forces armées et qu’il se présente à l’élection en tant que simple civil. Certains opposants refusent même qu’il puisse briguer un nouveau mandat, même s’il démissionne de ses fonctions militaires. « Musharraf en uniforme ou sans uniforme est inacceptable. C’est anticonstitutionnel. Nous allons faire échouer son élection », a déclaré Hafiz Hussain Ahmed, chef de file d’une coalition de partis islamistes. Musharraf, qui tire une grande partie de son pouvoir de sa fonction de commandant des armées, a annoncé qu’il démissionnerait de ses fonctions militaires s’il était élu mais la plupart de l’opposition doutent de cette annonce.

D’autre part, tous les partis d’opposition ont déclaré qu’ils boycotteraient l’élection de Musharraf qui se fait au suffrage indirect. Ils ont aussi l’intention de démissionner en bloc du Parlement national et des assemblées provinciales le jour où Musharraf doit officiellement présenter sa candidature le 29 septembre. Ce boycott n’empêchera pas la tenue du scrutin mais le privera de sa légitimité. Le scrutin se tiendra peu de temps avant la dissolution de ces assemblées en vue des élections législatives. Plusieurs leaders de l’opposition ont présenté des recours à la Cour suprême, où ils exigent que la plus haute juridiction du pays invalide la date fixée par la commission électorale, réclamant que le futur président soit élu par les nouvelles assemblées nationales et provinciales qui doivent être renouvelées lors d’élections au suffrage universel fin 2007 ou début 2008, et non par les sortantes.

Ainsi, la balle est-elle placée dans le camp de la Cour suprême. Cette dernière devrait rendre la semaine prochaine sa décision concernant les divers recours disposés contre la candidature de Musharraf et la tenue du scrutin la semaine prochaine. Un jugement qui interdirait à Musharraf de se présenter. Certains responsables ont laissé entendre que Musharraf pourrait déclarer l’état d’urgence si la justice l’empêchait de se présenter. D’autres évoquent une dissolution du Parlement et la convocation de nouvelles élections, même si dans ce cas, le président pakistanais ne serait pas assuré de retrouver une majorité. A cet égard et face à l’intention de l’opposition de boycotter le scrutin, les avocats pakistanais ont annoncé lundi dernier leur volonté de présenter l’un des leurs à la présidentielle, l’ancien juge de la Cour suprême Wajih-udin Ahmad.

Depuis six mois, la tension s’aggrave de plus en plus dans le pays. Et le pouvoir de Musharraf, issu d’un coup d’Etat en douceur en octobre 1999, vacille. Il est ainsi confronté à sa plus grave crise politique en huit ans de pouvoir. Il tente de conclure un accord de partage de pouvoir avec l’ancien premier ministre en exil Benazir Bhutto, qui exige, en échange du soutien de son puissant parti aux législatives prévues fin 2007 ou début 2008, le poste de premier ministre, l’abandon des procédures la visant pour corruption et l’abandon par Musharraf de sa casquette de chef des armées, entre autres. Même si les négociations entre le président Musharraf et Bhutto semblent piétiner, la première et seule femme à avoir jamais dirigé la République islamique du Pakistan avait annoncé son retour d’exil pour le 18 octobre. Date fixée avant l’annonce de la date des élections .

Maha Salem 

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