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 Semaine du 26 Septembre au 2 octobre 2007, numéro 681

 

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Iran. Le bras de fer entre la République islamique et la communauté internationale sur la question nucléaire entre dans une phase décisive, les deux parties soufflant le chaud et le froid. 

Guerre psychologique 

La visite du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à New York pour participer à l’Assemblée générale de l’Onu, qui a entamé ses travaux ce mardi, intervient à un moment critique des relations entre la République islamique et la communauté internationale. Si les Etats-Unis ont été tenus d’octroyer un visa au président iranien, vu qu’ils sont tenus de le faire avec tous les représentants des pays membres de l’Onu participant à l’Assemblée générale, Ahmadinejad, l’une des personnalités internationales suscitant le plus d’hostilité aux Etats-Unis, n’est pas pour autant le bienvenu au pays de l’Oncle Sam. Le président iranien a cherché à déposer une gerbe sur le site du World Trade Center, détruit par les attentats du 11 septembre. Demande rejetée et considérée comme le comble de l’impudence par le président américain George W. Bush. Comme en 2006, M. Ahmadinejad a offert à M. Bush un débat public à l’Onu. La Maison Blanche a également exclu cette éventualité. C’est tout juste donc si le président de la République islamique peut s’exprimer à la tribune de l’Assemblée générale de l’Onu.

Nombreux sont les observateurs qui estiment que le président iranien ne fait que défier une fois de plus son adversaire américain. Or, M. Ahmadinejad, fidèle à la politique iranienne qui consiste toujours à souffler le chaud et le froid, s’est gardé de se montrer trop agressif, tout en faisant preuve de force et d’assurance. Alors que la visite du président iranien intervient avec en arrière-plan une escalade des tensions et fait craindre une nouvelle guerre, M. Ahmadinejad s’est voulu quelque peu rassurant. « Il est faux de penser que l’Iran et les Etats-Unis se dirigent vers la guerre. Pourquoi dire cela ? Pourquoi devrions-nous partir en guerre ? Il n’y a pas de guerre en vue », a dit M. Ahmadinejad dimanche sur la chaîne de télévision américaine CBS. « Dans les relations internationales aujourd’hui, la bombe atomique ne sert à rien. Si elle était utile, elle aurait évité la chute de l’Union soviétique, si elle avait une quelconque utilité, elle aurait réglé le problème qu’ont les Américains en Iraq. Le temps de la bombe est passé », a affirmé le leader iranien dans cet entretien. Et d’ajouter : « Vous devez comprendre que nous n’avons pas besoin d’une bombe atomique (…). Notre programme est très transparent. Nous sommes sous la supervision de l’Agence (internationale de l’énergie atomique, AIEA). Tout est sur la table. Nous n’avons rien à cacher : nos activités sont très pacifiques ».

Des déclarations qui ne risquent toutefois pas d’apaiser l’Occident. L’Iran est visé par deux résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu lui imposant des sanctions pour son refus de renoncer à ses activités nucléaires les plus sensibles et George Bush pousse à de nouvelles mesures punitives.

Cependant, si le président iranien a voulu écarter les ambitions nucléaires de son pays, il a tout de même été clair sur le fait que rien ne le ferait reculer. Ni la « guerre psychologique » ni les sanctions économiques n’arrêteraient « la marche de l’Iran vers le progrès », a-t-il prévenu avant son départ pour New York.

Dans le même temps, un autre dirigeant iranien, le général Yahya Rahim Safavi, conseiller spécial militaire auprès du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei et ancien chef des Gardiens de la révolution, une institution-clé de l’armée iranienne, a averti dimanche les Etats-Unis contre toute attaque de l’Iran, affirmant que les soldats américains dans la région étaient à portée des canons iraniens. L’ayatollah Khamenei a lui aussi lancé une mise en garde contre toute attaque militaire, après des avertissements similaires de chefs militaires iraniens.

 

Pour un renforcement des sanctions

Toute la question est de savoir si l’exaspération pourrait pousser M. Bush à en finir avant le terme de sa présidence, en janvier 2009. Car selon M. Bush, qui a fait de l’Iran l’un des Etats de « l’axe du mal », le régime islamique arme aussi les extrémistes chiites contre les soldats américains en Iraq, en Afghanistan, il aide les Talibans, il soutient le Hezbollah qui œuvre à la déstabilisation du gouvernement libanais, il appuie les groupes anti-israéliens considérés comme terroristes.

D’un autre côté, le vice-président américain Dick Cheney a envisagé de provoquer des frappes militaires entre l’Iran et Israël afin de donner un prétexte aux Etats-Unis pour attaquer l’Iran, rapporte l’édition de lundi dernier de l’hebdomadaire américain Newsweek. Selon Newsweek, ce sont les départs successifs de néo-conservateurs de l’Administration américaine au cours de ces deux dernières années qui ont permis d’éviter la guerre. La dernière allusion du côté américain à une intervention militaire remonte au 16 septembre quand le secrétaire à la Défense, Robert Gates, avait expliqué que « toutes les options » étaient « sur la table ». Mais il a aussi expliqué que Washington considérait que la diplomatie des sanctions constituait « de loin la meilleure approche pour continuer de gérer la menace iranienne ».

Il y a aussi la position de la France, qui a récemment connu un réel changement. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, vient ouvertement d’envisager l’éventualité de l’affrontement armé en cas d’échec de la diplomatie. Plus modéré, le président français Nicolas Sarkozy a écarté l’option d’un recours à la force, insistant sur un renforcement des sanctions. Dans une interview accordée au New York Times, le président français a ainsi déclaré : « Nous ne sommes pas condamnés aux deux extrêmes. Ce n’est pas vrai qu’il n’y a aucune solution entre la soumission et la guerre. Entre la soumission et la guerre, il y a une palette de situations, de solutions qui existe, comme le renforcement des sanctions qui finiront par produire leurs effets ».

Abir Taleb

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