Al-Ahram Hebdo, Arts | Energie en vrac
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 26 Septembre au 2 octobre 2007, numéro 681

 

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Arts

Photos. Amr Fekri mêle poèmes ésotériques et scènes de tous les jours, à travers des photographies très plastiques et visuellement poignantes.

Energie en vrac

Le tout gravite autour d’un centre. A la manière des derviches tourneurs, on tourne intensément pour regarder au-delà, plonger dans la suave inconscience d’une lumière spirituelle. Amr Fekri détecte cette lumière, en effet. Cette énergie interne que dégagent les êtres ou les lieux. D’ailleurs, les gens en interaction, la foule dans les lieux de culte, monastères, mausolées, … dégagent une force tranquille dont l’artiste soufi est épris. Ses personnages photographiés sur le vif sont présentés à travers une mise en scène kaléidoscopique et mouvementée, produisant une infinie combinaison d’images aux multiples couleurs. Des femmes en noir comme celles attendant un mari en prison, une cohorte de visages maussades, que l’on peut retrouver dans une manifestation, ne sont pas sans refléter l’esprit de l’Egypte. Un esprit qui est là, qui pèse imperceptiblement et qui embrasse les couleurs de l’arc-en-ciel ainsi qu’une technologie de pointe hautement maîtrisée par Fekri.

Ayant plongé depuis 1999 dans le monde du soufisme, le jeune artiste pluridisciplinaire, comédien et réalisateur de courts métrages, poursuit un travail de plasticien et de photographe. Cela fait deux ans qu’il sonde les profondeurs des citations et des pensées d’Al-Nefari, ce maître soufi d’origine iraqienne, lequel a vécu et est mort en Egypte il y a longtemps de cela. « Les paroles de ce dernier se conforment d’abord aux lois de la logique, ensuite rompent avec ce raisonnement cohérent pour épouser un esprit plus intuitif. J’agis de même au niveau de la composition. Il faut savoir briser les schémas habituels pour aller plus loin dans sa manière de voir », explique l’artiste.

Al-Nefari voyageait souvent à pied, faisant le tour des villages, à la recherche d’une vérité qui ne peut s’atteindre que par la compréhension des contraires. Le vide est tout-puissant parce qu’il peut tout contenir. Et la foule ? Elle a ses mécanismes qui font que l’homme n’est plus pareil, lorsqu’il est seul ou accompagné. Fekri voit la vie comme une unité, et son être en fait simplement partie, d’où cette tendance à présenter un univers en fragments, avec toujours un centre ou un noyau dur. Il marie l’image aux paroles, « c’est l’essence même de l’art chez les pharaons », dit-il réagissant visuellement au texte. Des motifs islamiques ou géométriques expriment parfois alors une citation d’Al-Hallaj : « Les papillons s’envolent autour de la lampe jusqu’au matin. Ils vont aux formes pour s’enquérir de leur état … ». Les formes, la lumière, les couleurs, le mouvement sont tous les moyens d’une méditation sur le divin.

Dalia Chams

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Les situations du Nefari, de Amr Fekri, jusqu’au 11 octobre à la galerie Machrabiya.

De 11h à 14h30 et de 19h à 10h30 (sauf le vendredi).

8, rue Champollion, centre-ville.

Tél. : 25 78 44 94.

 




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