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 Semaine du 26 Septembre au 2 octobre 2007, numéro 681

 

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Arts

Peintures. Hassan Al-Charq multiplie les sujets qui dépeignent, avec féerie, sa région natale de Minya. Schéhérazade et Shahriyar constituent ses principaux narrateurs.

Un maître du spontané

Un monde d’histoires, riche en symboles et en fantaisies. C’est celui de Hassan Al-Charq (littéralement Hassan de l’Orient). Une attribution adéquate, donnée par les Allemands, à un artiste autodidacte qui s’engage totalement et par excellence dans l’art naïf. Originaire de Minya (au sud de l’Egypte), et plus précisément de Zawiyet Sultan, à l’Est, cette ville a tant inspiré Hassan Al-Charq. Il est fier d’être issu d’un site ancestral, témoin de cinq époques historiques. « Zawiyet Sultan se situe à une distance de 18 kilomètres de la ville de Béni-Hassan Al-Chourouq, où se trouve l’un des plus grands cimetières pharaoniques d’Egypte. De la fenêtre de ma maison, je vois le cimetière de la ville avec ses tombes surmontées de dômes », précise l’artiste. Raison pour laquelle les coupoles, avec leurs formes caractéristiques, deviennent une partie inséparable de sa thématique. La rotondité devient l’une de ses obsessions avec une sorte « d’aller-retour entre la vie et la mort ». Cette rotondité, sous forme d’auréoles, garnit toutes les têtes de ses protagonistes, hommes et femmes, aux yeux larges, purement pharaoniques.

Cependant, c’est la femme qui se dote d’une place privilégiée au sein de son œuvre. Elle a toujours une tête inclinée, tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche. « Toutes les femmes, dans mes œuvres, se ressemblent de par leur posture et leur physionomie. A la tête arrondie, les femmes villageoises portent le hiram (sorte de voile). Cette voilure n’est pour moi qu’un triangle qui me rappelle la coiffe triangulaire de la déesse Isis. C’est la coiffe de la passion, de la maternité et de la pureté », ajoute l’artiste. Si les femmes sont identiques, elles aiguisent la curiosité et l’imagination du récepteur. « Dès mon très jeune âge, j’étais inspiré par le conte épique d’Abou-Zeid Al-Hilali (la geste hilalienne) et les proverbes arabes. J’entendais à la radio les plus beaux contes narrés par Zakariya Al-Higawi ainsi que des extraits des Mille et une nuits. J’étais habitué à laisser libre cours à mon imagination pour ressusciter les protagonistes », raconte Al-Charq dont les personnages exposés actuellement à la galerie Qortoba s’inspirent tous des Mille et une nuits. On retrouve Schéhérazade face à un Shahriyar tenant un rebab ou installé dans le harem. Schéhérazade et Shahriyar ne sont en effet que les porte-paroles de l’artiste. Ils représentent une Egypte orientale, authentique et populaire.

L’exposition abonde de scènes populaires : scène de zar (exorcisme), cercle de zikr, célébration du soboue (le 7e jour d’un nouveau-né), etc. Ces scènes, incarnées par Schéhérazade et Shahriyar et qui vont au gré de la fantaisie, sont imbibées d’autant de motifs en miniatures détaillés et répétitifs : pharaoniques, coptes, islamiques ... Avec ces multiples motifs, Al-Charq se plaît à remplir l’espace de son œuvre, sans irriter l’œil de son récepteur. Voici des poissons, des formes géométriques, des oiseaux, des paumes de main, des fers à cheval, des colombes, des palmiers, des écritures, et le Nil. Hassan Al-Charq ne s’explique pas de manière savante sur le choix de ses motifs. Ce qui s’est avéré, c’est qu’une seule œuvre peut lui prendre 40 heures de travail. Il est vrai ainsi qu’on peut parler d’innocence feinte. C’est le cas de tous les peintres naïfs dont Al-Charq fait partie. L’artiste même ne tarde pas à avouer avec spontanéité : « J’aime dessiner ce que je trouve dans mon entourage. Je peins la vie telle qu’elle se présente, avec ses multiples facettes ». Une spontanéité qui émane de nouveau du choix de ses couleurs vives, pigmentées et qui respirent la joie de vivre. Et comme l’art brut doit « naître du matériau, se nourrir des inscriptions et des tracés instinctifs », Al-Charq invente et crée ses propres couleurs, toutes des couleurs brutes, composées d’herbes naturelles. « La nature est mon unique ressource d’inspiration. C’est le génie du lieu où j’habite qui m’incite instinctivement à créer », déclare l’artiste.

Cependant, si Al-Charq recourt à l’encre de chine, c’est seulement pour délimiter les lignes de démarcation entre les couleurs qui forment le sujet de ses œuvres. Le tout est puisé de sa terre natale de Minya.

Névine Lameï

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Jusqu’à fin Ramadan, à la galerie Qortoba, de 10h à 14h30 et de 20h30 à 23h.

3A, rue Dégla, bifurcation de la rue Chéhab, Mohandessine.

Tél. : 012 110 46 99

 

 




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